Americana

Scénario : Luke Healy
Dessin : Luke Healy
Éditeur : Casterman
336 pages
Date de sortie : 19 août 2020
Genre : Carnets de voyages

Ce gars a vu des paysages de ouf et tout ce qu’il nous donne graphiquement ce sont des planche en trichromie où l’on a du mal à voir quoi est quoi ou qui est qui…

Présentation de l’éditeur

Un périple initiatique pour questionner le rêve américain.

Un Irlandais bercé pendant toute sa jeunesse du rêve américain, se voit pour la énième fois expulsé des USA pour non renouvellement de sa carte de séjour. Il va s’imposer, en guise d’exorcisme, le Pacific Crest Trail, un trail de 4 240 km qui court de la frontière mexicaine à la frontière canadienne, du désert à la glace en traversant 25 parcs nationaux. La manière la plus radicale de se confronter à soi et à l’Amérique loin de tous les fantasmes et les rêves d’enfance.

Une sorte d’Into the Wild « secure », mais qui n’en égratigne pas moins tous les paradoxes et les zones d’ombre de la société américaine contemporaine avant l’élection de Trump.

Mon avis

Bon, d’abord, je voudrais rebondir sur cette dernière phrase de présentation de l’éditeur que je trouve pour le moins fallacieuse. Au cours de ces très loooooongues 336 pages (j’y reviendrai…) le nom de Trump n’est mentionné que DEUX fois. La première pour dire qu’on est avant l’élection et qu’on espère qu’il ne sera pas élu et, la deuxième, pour nous dire, tout à la fin que, finalement, il a gagné l’élection. Pour le reste, RIEN. Mais vraiment, RIEN. L’essentiel de cette BD nous relate une marche de plusieurs milliers de kilomètres à travers la nature sauvage de l’Ouest américain bien loin des préoccupations politiques du reste de la société. Pour le coup, on n’est pas loin de la publicité mensongère… Je le dis avec d’autant plus d’étonnement que Casterman fait clairement partie de mon Top 3 des maisons d’édition en ce qui concerne la bande dessinée. Bref, oubliez Trump, le problème est ailleurs…

Car oui, comme je vous le laissais entendre par la multiplication des « o », cette BD m’a paru bien longue… D’ailleurs, si Luke a pris des raccourcis (autostop, bus, etc.), moi je suis allé au bout de son pavé sans sauter de pages, et je crois que c’est un exploit de la même trempe que le sien…

Il faut dire que, à la base, je ne suis pas hyper client des récits de voyages… Entre le fait que les auteurs présentent souvent leur trip comme une sorte d’exploit incroyable, enrobée d’une bonne dose de fausse modestie (ce n’est pas le cas ici, hein…) et la jalousie que j’éprouve de ne pas être à leur place (même si j’ai eu la joie d’être à la mienne en d’autres temps…), j’ai toujours du mal à lire ce type d’ouvrage. Je n’étais donc peut-être pas la cible idéale pour la BD de Luke Healy. J’ai pourtant demandé à la chroniquer car j’ai eu moi-même la joie de parcourir quelques milliers de kilomètres à travers les Etats-Unis, à vélo, pas à pieds, et j’espérais y retrouver un peu de l’émerveillement que j’y avais connu.

D’émerveillement, il ne fut point. D’abord parce que le dessin n’est, à mon sens, vraiment, mais alors vraiment pas adapté au sujet. Ce gars a vu des paysages de ouf et tout ce qu’il nous donne graphiquement ce sont des planche en trichromie où l’on a du mal à voir quoi est quoi ou qui est qui… J’ai pris ça comme un immense gâchis.

Ensuite parce que son récit est finalement très autocentré. Je ne sais pas s’il peut en être autrement dans ce genre d’exercice mais, clairement, le côté introspectif qui fait déborder la BD sur le style roman autobiographique ne m’a pas touché non plus.

Ceci dit, rendons à César ce qui est à Luke (non, pas son sabre laser…), un peu comme pour la PCT (Pacific Crest Trail), une fois qu’on a très difficilement passé la moitié, ça va mieux et la fin se parcourt avec plus de facilité… On s’est attaché au personnage et on a quand même envie de savoir comment il termine son aventure.

Après, je vous dis tout ça, mais je remarque tout de même au vu des petites étoiles sur les sites spécialisés que cette BD est apparemment bien accueillie par les lecteurs. Ceci confirme qu’il y a clairement un public pour les récits de voyages et c’est tant mieux. Si vous en faites partie, il est très probable que vous trouverez votre compte avec Americana, sinon, franchement, ce n’est pas vraiment la peine…

Odradek

4 commentaires sur “Americana

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  1. Contrairement à toi, qui es un vrai baroudeur, je n’ai pas beaucoup voyagé et devrais donc être intéressé par ce type de reportage.
    Malheureusement, comme tu le déplores, je trouve (encore) les dessins « moches » qui ne donnent pas envie de le lire. Je comprends donc ta frustration, toi qui as pu les admirer en live.
    Comme ta note scénaristique n’est pas non plus à la hauteur, je me garderai bien de le lire et te félicite pour le courage de l’avoir lu jusqu’au bout… c’est beau la conscience professionnelle d’un chroniqueur !😅

    Aimé par 1 personne

  2. Je reconnais que le dessin est très monotone et peu attirant.
    J’ai quand même été au bout et ai trouvé cette expérience amusante à suivre.
    Ceci étant, dans le genre carnets de voyage on peut trouver mieux

    Aimé par 1 personne

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