L’attentat

Scénario : Milan Hulsing
d’après le roman de Harry Mulish
Dessin : Milan Hulsing
Éditeur : La Boite à Bulles
176 pages
Date de sortie : août 2020
Genre : adaptation ; guerre


« un homme a été abattu devant chez nous, mais on n’a rien à voir avec ça. »

 

Présentation de l’éditeur

Un soir de janvier 1945 à Haarlem, alors que les Pays-Bas sont encore occupés, Anton Steenwijk, douze ans, voit sa vie s’effondrer. Fake Ploeg, un collaborateur nazi tristement célèbre pour sa cruauté est abattu dans la rue par des résistants hollandais. Le corps est retrouvé devant la porte de la maison familiale des Steenwijk. En représailles les Allemands brûlent la maison et assassinent les parents et le frère aîné. Des années plus tard, Anton devenu médecin offre l’image d’une tranquille réussite. Et pourtant, dans l’apparente quiétude de sa vie, des rencontres fortuites, des moments de crise font revivre le drame… jusqu’à ce qu’Anton apprenne finalement ce qui s’est réellement passé cette nuit-là, en 1945 – et pourquoi.

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Mon avis

Harry Mulish, dans son roman, raconte une histoire de guerre comme il y en a sûrement eu des centaines durant la seconde guerre mondiale. Il raconte comment un fait de guerre, ou un fait divers de guerre, peut changer à jamais la destinée d’un individu quelconque même s’il n’a rien a voir avec ce fait divers. C’est la vie d’Anton qui est mise en scène et que nous suivons, depuis cette nuit de janvier 45 jusque dans les années 80. Quatre décennies d’enquête et de retour sur un passé douloureux pour mener une réflexion sur le hasard, le pouvoir, la lâcheté, la faiblesse, la culpabilité, l’innocence et la mémoire. Les années s’égrennent en quelques chapitres qui chacun apportent leur petite pièce du puzzle que tente de reconstituer Anton pour savoir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. A chaque nouvelle pièce, la vérité se révèle et les blessures se ravivent.

Inspiré de faits réel, cette adaptation est d’abord déroutante par ce graphisme ultra simple au trait style fil de fer recouvert de couleurs vives qui posent les ambiances. Et puis on se plonge finalement assez vite dans ce récit au faux rythme où l’on est balloté entre les bribes de souvenirs d’Anton et ses rencontres fortuites qui lui font mener presque malgré lui son enquête. Un sentiment étrange s’installe alors et l’on prend la mesure de la lenteur de la cicatrisation des blessures morales. Inévitablement, on se projette dans cette histoire. On s’interroge, on prend le rôle de chaque protagoniste et l’on se demande ce que nous aurions fait.

Un récit de guerre atypique, qui nous plonge dans un voyage mémoriel sombre et qui nous prend littéralement aux tripes.

Loubrun

 

 

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