L’homme qui tua Chris Kyle

Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditeur : Dargaud
164 pages
Date de sortie :  mai 2020
Genre : documentaire


« Si vous étiez un jour pris sous le feu ennemi, au beau milieu d’une zone de combats, sans soutien aérien … Qui auriez-vous envie d’avoir à vos côtés, votre meilleur ami ou Chris Kyle ? »

 

Présentation de l’éditeur

Chris Kyle est un héros. Ancien sniper chez les Navy Seals durant la deuxième guerre d’Irak, il a tué plus de 160 «cibles». Au faîte de sa gloire (Clint Eastwood a même acheté les droits de son autobiographie, bestseller aux États-Unis, pour en faire un film – ce sera « American Sniper »), Chris Kyle dédie sa vie à aider ses anciens camarades de combats marqués aussi bien physiquement que mentalement par la guerre. Eddie Ray Routh est l’un d’entre eux.

Le 2 février 2013, l’inconnu EDDIE RAY ROUTH abat la Légende Chris Kyle. Ce livre raconte le crime – et ses conséquences.

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Mon avis

Depuis le succès des excellents Tyler Cross et Atar Gull, l’association de Fabien Nury et Brüno en tête d’affiche suscite toujours une attention particulière. Revoilà donc ce talentueux duo pour une nouvelle aventure, mais cette fois-ci avec des personnages réels.

Fabien Nury s’empare de ce personnage qui détient le curieux « record » du nombre de personnes tuées au fusil à lunette. Devenu un héros national aux États-Unis à son retour de la deuxième guerre d’Irak grâce à ses exploits, il écrit un livre et se consacre à aider les vétérans atteints de Syndrome de Stress Post Traumatique en leur faisant manipuler des flingues sur un stand de tir. Curieuse approche États-unienne du culte des armes difficile à comprendre pour nous autres Européens ! Au dessus de héros national, ce qui est déjà pas mal, il y a mythe et légende. C’est le niveau qu’a atteint Chris Kyle après son assassinat par un vétéran qu’il s’apprêtait à aider.

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C’est ce personnage, Eddie Ray Routh, qui est au centre de l’histoire. Eddie, c’est l’opposé de Chris. Il a aussi fait partie de l’armée mais sans vraiment combattre et n’a tué personne. Pourtant il sortira de l’armée psychologiquement ravagé et ne s’en remettra jamais. Les deux sont tellement à l’opposé qu’on se dit que leur rencontre ne pouvait que mal se passer.

Mais Fabien Nury ne porte aucun jugement sur quiconque. Il raconte les faits, les déroule méthodiquement en passant en revue tous les protagonistes, Chris Kyle interviewé, sa femme, son meilleur ami, Eddie, en évitant l’écueil du manichéisme simpliste. Au lecteur de se forger sa propre opinion sur ces personnages étonnants et de tenter de comprendre les motivations qui les animent. Ainsi, les américains m’étonneront toujours de cette capacité qu’ils ont à faire du business en toutes circonstances. C’est à croire qu’aux États-Unis, au dessus du mythe et de la légende, il y a la Marque™.

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Le dessin de Brüno est toujours aussi étonnant d’expressivité pour ce style si sobre et épuré. Les planches sont d’une grande efficacité narrative grâce dans un premier temps à un très bon découpage du scénario mais aussi à un séquençage très cinématographique. Le tout offre un rendu très fluide et agréable à lire pour un documentaire exclusivement factuel.

Un complément intéressant au film American Sniper de Clint Eastwood, qui aborde cette histoire incroyable sous un angle différent et nous montre une Amérique de plus en plus difficile à comprendre.

Loubrun

 

 

4 commentaires sur “L’homme qui tua Chris Kyle

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  1. Pas trop accroché à ce titre, trop de froideur et peu d’empathie pour les personnages. Et effectivement les usa sont un bien étrange pays !!

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  2. Oui c’est très froid, mais c’est le sujet qui veut ça. Et comme c’est un reportage qui ne parle que des faits, c’est plutôt logique.
    Mais je préfère voir ces deux auteurs sur des fictions, et j’aimerais bien voir un nouveau Tyler Cross !

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  3. J’ai eu la même impression que vous quand j’ai parcouru les pages. Dommage car j’aime aussi ce duo, mais moins les reportages auxquels je préfère les fictions romancées.

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  4. Je viens de lire, et …. Je ne sais pas quoi penser de cette bd. Mis à part le fait, que cette lecture me conforte dans mon opinion personnel que les américains sont tous tarés. Mais je crains que cela ne soit un peu restrictif d’autant plus que j’ai horreur des amalgames faciles, ce que je suis en train de faire. Bref, je suis mal à l’aise.
    En tout cas, ce ne sera pas mon coup de cœur de l’année. Dommage pour ce duo d’auteurs que j’apprécie beaucoup.

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