Monsieur Jules

Scénario : Aurélien Ducoudray
Dessin : Arno Monin
Éditeur : Grand Angle | Bamboo
Sortie : 25 septembre 2019
88 pages
Genre : société, tranche de vie, prostitution

« Elle est toujours comme ça ta femme ?
– C’est pas ma femme. C’est la femme de tout le monde.
Alors c’est l’autre ta femme ?
– Non plus. C’est aussi la femme des autres.
Donc t’as pas de femme ?
– Dis donc, ça suffit ouais ? J’ te demande moi, de qui t’es la femme ?
Moi ??? J’ suis la femme de personne !!!
– C’est sûr que les marques sur tes bras ça ressemble pas à un contrat de mariage… »

Présentation de l’éditeur :

Le métier de ce vieux monsieur ? Rentier pour dames.

Dans le quartier, tout le monde connaît le maussade Monsieur Jules. Pourtant beaucoup ignorent qu’il continue d’exercer son métier, apparu avec le plus vieux métier du monde… Au moment où tous les jours éclosent de nouvelles fleurs de pavés venues d’Afrique ou de l’Est, lui partage sa vie avec Solange et Brigitte, deux vieilles tapineuses. Une nuit, Monsieur Jules découvre le corps inanimé de Tina. Mais en l’aidant, Monsieur Jules attire l’attention des réseaux de prostitution qui ont une tout autre conception du métier de proxo que lui.

Sans titre 2

Mon avis :

Une trombine façon Victor Hugo, l’air bourru, dans une ville en plein changement. C’est relativement la première impression qui vient quand on découvre la vie de Monsieur Jules. Cet homme, régulièrement plongé dans ses souvenirs où il peut retrouver sa bien-aimée, est le souteneur de deux prostituées sur le déclin. Âgées, mais pourtant encore bien actives sur ce marché de l’emploi.

Quand on voit ce trio, mis en scène par Aurélien Ducoudray, leur façon de faire, de parler… le dessin également : tout laisse croire à une époque révolue, les années folles à Paris ou autres période rétro. Pourtant, rien n’est laissé au hasard. Quelques éléments du décor laissent entrevoir que l’histoire ne se passe pas il y a si longtemps que ça. Non. À l’instar de ce que fit Benoît Mariage dans le film « Les convoyeurs attendent », plusieurs détails s’affrontent : les uns pour nous plonger dans le passé, les autres qui nous ramènent à une époque bien contemporaine à la nôtre, à quelques décennies près.

Au-dessus du lit, l’affiche d’un film des années 55 « Kiss Me Deadly », mais à l’écran du vieux téléviseur, la guerre en ex Yougoslavie. La ville où Monsieur Jules déambule, notamment pour aller chez le pharmacien, est elle-même tiraillée entre les anciens bâtiments et les constructions modernes qui naissent à chaque coin de rues. De son aveu, le dessinateur Arno Monin n’a rien laissé au hasard afin que le graphisme raconte lui aussi une histoire.

Sans titre 3

Celle d’un rentier pour dames qui doit affronter un nouveau genre de prostitution. La traite des femmes, ces africaines décrites dans « Monsieur Jules », à qui on promet de quoi faire vivre leurs familles restées au pays avec un boulot honnête et qui finissent sans passeport à faire le tapin. Tel le perpétuel duel entre le petit commerçant et les grandes infrastructures ; l’indépendant et les multinationales.

Un récit accrocheur nous permettant d’avoir un regard critique sur la société actuelle, mais aussi et surtout : sur l’expansion de la prostitution et ses dérives. Entre la prostituée de quartier, sourire aux lèvres et conviviale et l’esclave du sexe, terrifiée et désorientée, sur un fond de nostalgie sous les traits de feu la tendre Marie, compagne de Jules.

ShayHlyn.

6 commentaires sur “Monsieur Jules

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  1. Comme quoi. Mais c’est sûr que ce n’est pas un ouvrage « tout public » et que la nostalgie est omniprésente. Donc ça peut paraître lent… mais j’ai trouvé ça « mignon » et triste.

    Aimé par 1 personne

  2. C’est aussi fonction de mon état d’esprit ,parfois je cherche aussi l’évasion et le divertissement…..d’une manière générale, il y a trop de titres « sérieux » en BD actuellement , un peu de folie que diable.

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  3. Très bonne critique ou tu as su retranscrire l’album. Perso si j’ai bien aimé (même si cela ne fait pas partie de mon style de bd) j’ai du mal à en parler…😊

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    1. J’ai dû attendre que la nuit me porte conseil pour le chroniquer. Je me suis également surprise à aimer et m’émouvoir à la fin

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