Picasso s’en va-t-en guerre

Scénario : Daniel Torres
Dessin : Daniel Torres
Éditeur : Delcourt
142 pages
Date de sortie :  2 mai 2019
Genre : Biographie imaginaire


« L’Europe est une bombe dont on a allumé la mèche en Espagne »

Présentation de l’éditeur

Picasso s’en va-t-en guerre est un magnifique hommage en forme de canular d’un artiste au plus grand peintre du XXe siècle… et aussi une déclaration d’amour au 9e art.
En 1953, Picasso, le peintre génial de Guernica, est hanté par le fait de n’avoir pas tiré un coup de feu contre Franco. Alors, il imagine un pied de nez artistique en passant commande à Torres, un jeune dessinateur qui va réaliser une BD : comment Picasso se serait battu, à coups de dessin, sur le front de l’Ebre. Quand le génie appelle à l’aide la fiction…

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Mon avis

La guerre civile espagnole, prélude à la seconde guerre mondiale, fut un conflit fratricide et sanglant qui blesse encore le cœur de nombreux espagnols. Daniel Torres, artiste et auteur renommé, qui fit ses armes dans la revue El Víbora (célèbre mensuel de bande dessinée underground espagnole) et participa au renouveau de la BD ibérique appelé « boom du comic adulte en Espagne », a imaginé cette histoire où Picasso, qui fut aussi bouleversé par cette guerre et regretta d’être trop vieux pour y avoir combattu, commande à un jeune artiste de BD, un album de fiction où le maître aurait participé à la guerre.

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L’album ainsi créé aurait certainement plu à Picasso : la guerre y est bien expliquée, la lâcheté des gouvernements français et anglais restés neutres alors que l’Allemagne et l’Italie ont largement aidé Franco, la puissance de la propagande (par l’affiche et les tracs dessinés) pour le moral des troupes, le manque d’armement des républicains et le jeune Pablo adulé pas ses frères d’armes pour ses dessins incisifs montrent une grande partie de ce que fut ce conflit. Par ailleurs, les rapports entre le jeune artiste et le maître sont savoureux; le premier est intimidé et tente de faire un travail qui plaise au maître sans perdre sa propre identité, le second, Picasso, est dépeint comme l’artiste qu’il fut, avec ses contrariétés, ses colères légendaires et ses angoisses.

Torres sépare son œuvre en deux parties, une première en noir et blanc et vert contant les rapports entre le dessinateur et le peintre et une deuxième aux pages jaunes qui représente la bande dessinée produite; l’idée géniale étant de changer sa façon de dessiner d’une partie à l’autre. L’album finalement réalisé par l’auteur est agréable à lire et l’on se sent pris par l’histoire ainsi inventée.

JR

 

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