Sergio Leone

Scénariste : Noël Simsolo
Dessinateur : Philan
Editeur : Glénat
Genre : Biographie
184 pages
Sortie : le 24 avril 2019

Autant vous le dire, ce recueil de presque 200 pages continue année après année, rodée par une discipline de fer par les auteurs, pour vous permettre de savourer et de découvrir chaque parcelle de la vie de combattant d’un des réalisateurs les plus aboutis.

Avis de l’éditeur :

Espagne, 1965. Sur le plateau de Et pour quelques dollars de plus, Sergio Leone, qui signe désormais ses films de son vrai nom, s’entretient avec un journaliste pour évoquer son parcours… Fils de l’un des pionniers du cinéma italien, Sergio grandit dans l’Italie fasciste de Mussolini. C’est dans ce contexte trouble qu’il se passionne pour la littérature et le cinéma américains.

Mon avis :

C’est à Rome, le 3 janvier 1929 que Sergio Leone voit le jour. Une naissance romanesque car son père, qui pour des raisons familiales, utilise le nom de Roberto Roberti (de son vrai nom Vincenzo Leone) honore la venue de son fils de son véritable nom.

815jKZap5jL

Aux commandes scénaristiques de cette biographie, Noël Simsolo retrace la genèse de Sergio Leone depuis l’enfance jusqu’à ses derniers instants. L’auteur énumère le passé du père de Sergio, proche de la politique en 1925, de par sa notoriété et ses films avec la Diva Francesca Bertini.

Convoqué par Mussolini en personne, il conserve quoi qu’il advienne ses idées, et ne se soumet pas aux caprices de celui-ci, refusant catégoriquement de filmer son roman.

Déjà tout gamin, Sergio s’intéresse de près à la carrière de son père, car il ne démord pas à ses valeurs. Le père Leone fréquente les communistes, mal vu par le fascisme prédominant.

En 1939, il réalise « l’associé invisible » avant d’enchaîner en 1941 à Naples avec « Bocca Sulla Strada », tandis qu’entre temps, Sergio collectionne les Fumetti.

Durant l’après guerre, la famille beaucoup plus libre vit malheureusement dans la précarité. C’est le début de carrière pour Sergio, qui démarre avec de la figuration pour « Vittorio de Sica ».

Son père le pousse vers des études de droit, Sergio, n’en a que faire, puisqu’il voue un culte pour le cinéma. En 1950, il se retrouve engagé comme assistant sur la production du célèbre péplum « Quo Vadis », en dépit du fait qu’il ne parle pas anglais.

91x+gsq2RKL

Sergio multiplie les conquêtes tout en fréquentant de nombreuses figurantes du cinéma. Il continue son bonhomme de chemin comme assistant de production pour Orson Welles. Il côtoie le must parmi les artistes et réalisateurs dont le poète et réalisateur Paolo Pasolini (L’Evangile selon Saint Matthieu, Médée, Salo…).

Sergio se crée non seulement un nom mais vient en aide aux démunis en les approvisionnant de médicaments lorsqu’ils jouent aux figurants au Congo.

Plus un film est onéreux, comme c’était le cas pour « Ben Hur », plus il permet de nourrir les personnes défavorisées.

En 1961, la grande aventure démarre avec « le Colosse de Rhodes », où Sergio Leone agit en tant que réalisateur. Il se considère tel un petit Néron jouant au pyromane. Son film connaît un franc succès, mais le désir de Sergio est de réaliser un film néoréaliste.

Le scénariste Noël Simsolo joue sur les moindres détails de la vie de l’artiste, en appuyant sur une touche humoristique. Sergio n’aime pas les chevaux, alors qu’il en utilise de nombreux dans ses films. Et il a une phobie des avions. Il crée une véritable angoisse à ses voisins lors d’un vol, les rendant totalement paniqués.

Tous les producteurs souhaitent qu’il réalise un Maciste, très à la mode, mais impossible pour lui de s’aventurer dans de telles directions.

Sa patience lui permettra de rentrer dans l’histoire grâce à sa rencontre avec Clint Eastwood, qui à cette époque, n’est connu que pour ses apparitions en série tv.

91sYrqn+wsL

Il signe son premier western et chef-d’œuvre sous le pseudo Bob Roberston en hommage à son père. En 1964, « Pour une poignée de dollars » sort dans une salle discrète de Florence, et sans réellement y croire, fait salle comble.

Au lieu de filmer les chevaux de profil, il cadre les fesses de ceux-ci. Filmer les décors et les paysages, pas pour lui, il préfère zoomer sur les gueules patibulaires de ses héros.

Le western italien prend sa place. Sa rencontre avec Ennio Morricone est tout bonnement mémorable. Sergio, de nature franche lui dit : « je n’aime pas ta musique, je n’ai pas aimé ta musique pour « Duel au Texas ». Va falloir que tu me trouves autre chose ! »

Ensuite, tout s’enchaîne avec une suite mémorable « Et pour quelques dollars de plus ». Sa rencontre avec Lee Van Cleef (Sabata), déjà immortalisé par une tronche d’alcoolique, offre l’un des meilleurs acteurs de tous les temps.

Autant vous le dire, ce recueil de presque 200 pages continue année après année, rodée par une discipline de fer par les auteurs, pour vous permettre de savourer et de découvrir chaque parcelle de la vie de combattant d’un des réalisateurs les plus aboutis.

Un hommage, véritable fresque narrative accentuée par un trait lisse signé Philan. Un album non colorisé mais qui tient toutes ses promesses.

Coq de Combat

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :