Interview de Gaëtan Petit pour RIP 1er partie.

Pour mieux connaitre le grand gagnant du sambor couverture 2019, je vous propose en deux temps ,l’interview des auteurs de RIP :Gaetan Petit et Julien Monier.

 

Allez, c’est parti pour son scénariste, Gaëtan Petit..

Comment t’es venu l’idée de faire une BD sur ce milieu des nettoyeurs de la mort ?
G : L’univers urbex et l’ambiance austère me fascinent tout autant que la solitude et la mort m’effrayent.
C’est une forme d’exutoire.
L’idée m’est venue, il y a une dizaine d’année, alors que je faisais les vendanges dans le Beaujolais et que j’ai rencontré un gars qui avait travaillé dans une entreprise légèrement similaire. Ses détails glauques, ses anecdotes sordides, ses histoires malsaines… ont fait fuir la plupart des vendangeurs du déjeuner. Moi ça m’a plu et je me suis aussitôt imaginé écrire une histoire dans cet univers inconnu et qu’on ne fréquente pas tous les jours… ou plutôt jamais.
Combien de personnes meurent dans l’indifférence générale ? Qui les trouve ? Qui vide les maisons ? Qui récupère les objets de valeurs ?
Un an après ça je me suis rendu en Belgique afin de revoir ce drôle de personnage et rencontrer les personnes avec lesquelles il travaillait jadis.
Le temps est passé, l’idée ne m’est jamais sortie de la tête et il y a cinq ans j’ai décidé de la coucher sur papier. J’avais l’ambiance, l’atmosphère, les personnages… j’ai trouvé l’intrigue du tome 1, mais en l’écrivant tant d’idées me venaient qu’il a fallut construire tout ça pour en faire un copieux one-shot qui finalement sera découpé en 6 tomes…
Puis RIP est né…

 

Avais-tu des craintes avec ce sujet, c’est un pari assez osé au départ et ambitieux ? 
G : La crainte, c’est que personne ne soit aussi tordu pour m’accompagner dans ce projet. Plusieurs dessinateurs ont aimé l’idée puis ne se sont pas senti les épaules pour dessiner cet univers pendant plusieurs années. Ensuite les éditeurs sont assez frileux sur ce genre de sujet, surtout provenant d’un auteur quasi inconnu. Il ne fallait pas avoir froid aux yeux. Le pari est donc partagé avec l’éditeur.
Je craignais moins l’accueil des lecteurs. Aujourd’hui lorsqu’on voit certaines séries, certains films ou romans qui marchent… c’est parfois bien plus trash que RIP. Je pense être plus stressé pour le tome 2. Il n’y aura plus le coté surprise, nouveauté et c’est là qu’il va falloir ruser… Je ne veux décevoir personne

 

Comment s’est faite la rencontre avec Julien Monier ?

G : Julien a travaillé sur des albums et collectifs aux éditions Petit à Petit et son style dans le Guide de Paris en BD m’a plu. L’éditeur nous a mis en relation par email puis nous nous sommes appelés. L’échange a été long, intéressant et rempli de partages de goûts que ce soit cinématographiques, littéraires voire même musicaux.
Je lui ai envoyé le scénario du tome 1 et il m’a aussitôt fait un retour… positif !
Ce n’est que quelques mois après avoir déjà bien entamé les dessins de RIP que nous nous sommes rencontrés pour la première fois à Paris autour de quelques bières.

Peut-on connaître vos goûts en matière de BD (qui peut s’entendre bien entendu au cinéma) ?
G : En terme de BD, je suis assez ouvert à tout. J’ai été bercé avec Soda, Alef Thau, Jeremiah, Canardo, Bernard Prince, Nabuchodinosaure…
J’adore Torpedo, Magasin General, Blacksad…
CVT_La-mort-selon-Turner_1477Je lis beaucoup de roman : récemment j’ai découvert l’auteur Tim Willocks avec « La mort selon Turner » et « La religion ». Mais Barjavel , Romain Gary, Bernard Weber sont tout autant d’auteurs appréciés.
Cinéma : peu amateur de SF, j’aime le cinéma français de Raimu à Gabin, de Depardieu à Dupontel… après je suis un grand amateur de Tarantino, des frères Coen, d’Inarritu ou Alex de La Iglesia…
Je dévore beaucoup de séries TV : OZ, Misfits, Peaky Blinders, Happy…

Comment travailles-tu avec Julien Monier?

G : Par téléphone souvent. Il m’envoie des crayonnés et encrages puis je l’appelle. Cela pourrait être un gain de temps mais il s’avère que pas du tout. Il nous arrive souvent de déraper sur tant de sujets qu’une heure après nous n’avons pas encore parlé des planches… mais ce n’est pas une perte de temps non plus car on avance, on échange sur la suite du scénario, sur les lieux et les idées… C’est vraiment une série que nous réalisons ensemble !
Le point fort c’est que Julien est très vite entré dans l’univers et l’idée que j’avais de RIP.

Comment qualifierais-tu le dessin de Julien ?
G : Efficace, chouette, à la fois dérangeant sans trop l’être… Je suis vraiment ravi de travailler avec lui.

Quelle serait la bande son idéale ?
G : Pour RIP, un mélange de musique de film d’horreur avec les tambours du Bronx par dessus

Ça pourrait faire une excellente série TV non ?
G : Ça pourrait… cela me plairait beaucoup !

Un petit mot sur les éditions Petit à Petit ?
G : Une petite maison d’édition grandissante qui a su tirer des leçons de sa première vie pour évoluer positivement dans la seconde et qui petit à petit à su faire sa place au milieu des grandes maisons d’éditions sans marcher sur leurs plates-bandes. Elle a une chouette ligne éditoriale et une belle aura.

….

La suite avec le questionnaire du mouton, cet après midi.

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