Prendre refuge

Scénario : Mathias Enard et Zeina Abirached
dessin : Zeina Abirached
Editeur : Casterman
344 pages – broché
Parution : 5 septembre 2018
Poème graphique

Entre Bamyan et Berlin, hier et aujourd’hui, l’amour comme la plus belle des aventures.

1939, Afghanistan. Autours d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate.
2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences.
A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d’aimer aujourd’hui comme hier.

Deux auteurs composent deux histoires d’amours aux entrelacs vertigineux.
Attention, les émotions ne vous laisseront pas indemne.

2

Il est parfois des moments précieux dans la petite vie de chroniqueur de BD. Vous y rencontrez un auteur dont le travail résonne en vous et agite de précieux moments de lecture que vous assimilez à une certaine forme de bonheur. Entre admiration et connivence, vous dressez ensemble la carte de votre territoire intellectuel partagé. Une forme de magie semble opérer et mettre en place les conditions idéales qui permettent de comprendre et d’appréhender une œuvre. Entre connaissance et reconnaissance, vous vibrez alors au rythme d’une compréhension mutuelle. Plus souvent, vous vous retrouvez à discuter de détails prosaïques d’intendance et de fabrication, de marketing éditorial et de parts de marché. En interviewant Zeina Abirached et Mathias Enard samedi dernier pendant la Fête de la BD, entre deux dédicaces, en quelques minutes, j’ai pu sentir et ressentir l’inanité des interrogations convenues et leur redondance exaspérante. Parce que sur une BD comme Prendre refuge, il n’y a rien à poser comme questions, il y a juste l’évidence inévidente d’un poème tracé par l’écriture et le dessin qu’il faut prendre le temps de découvrir et essayer de décoder, tout en sachant que son inépuisable richesse, il vous sera impossible d’en venir à bout. Et c’est à cela qu’on peut reconnaître un livre qui va vous suivre et vous hanter pour longtemps. Ce livre est de ceux-là!

1

Skippy

DSC07658

Rencontre avec les auteurs au festival BD de Bruxelles.

 

3 commentaires sur “Prendre refuge

Ajouter un commentaire

  1. Très belle chronique !… peut-être un peu trop châtiée pour moi ! (« ressentir l’inanité des interrogations convenues et leur redondance exaspérante. ») 🙄
    … malheureusement je crains que mon peu de goût pour la poésie et mon inculture m’empêchent de profiter pleinement de cette richesse ! 😳😉

    J'aime

  2. Dgege. Il s’agit de poésie au sens large, sans hermétisme, sans prétention culturelle, qui relève plus de l’expression du ressenti. Et, il y a un récit, deux même, ce qui rend l’ouvrage accessible. Le travail du lecteur est plus conséquent, mais i me semble que c’est ce qui fait tout le charme de la BD à vocation littéraire.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :