Phoolan Devi

Scénario et dessin : Claire Fauvel
Editeur : Casterman
224 pages – cartonné
Parution : 22 août 2018
Biographie

Le destin hors du commun de la « Robin des bois » indienne !
Tout prédestinait Phoolan Devi à la trajectoire flamboyante qu’elle s’est choisie.
Née en 1963 au Nord de l’Inde et issue d’une très basse caste, elle est dès l’enfance confrontée à la pauvreté, à la violence et à l’injustice. Mariée de force à 11 ans, violée et séquestrée pendant des mois avant que ses parents ne la récupèrent, elle devient la paria de son village et doit son salut à un gang de bandits. À partir de ce moment, elle n’aura de cesse de lutter contre l’injustice et protéger les plus faibles.

Voici une BD qui relate la vie d’une femme hors du commun.

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Nous sommes bien loin de l’image fantasmée de l’Inde pour nous Occidentaux. Je suis indienne, abandonnée dans la rue, peut être juste parce que je suis née fille. Cette histoire me touche particulièrement car elle est ancrée dans mes propres racines. Mais ce n’est pas cela qui me motive pour rédiger cette chronique. Non, je veux rester objective. L’histoire de Phoolan est une réalité : celle vécue par des milliers de femmes indiennes, victimes des castes, de la violence et du non-respect des hommes, de la peur des familles, de la répudiation, de la pauvreté.

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Cet album se lit comme un roman, il est particulièrement long. Mais dès les premières pages, j’ai été plongée dans un tel réalisme que j’ai éprouvé le besoin de continuer la lecture de ce récit construit comme une autobiographie. Rien n’est épargné au lecteur : scènes de violence, viol, soumission, rébellion, actes de vengeance. Mais au-delà de cet aspect extrêmement dur de ce qui se passe toujours en Inde, j’ai été touchée par la détermination et la force de cette femme, Phoolan Devi, qui, jamais, n’a renoncé à ses valeurs, ses revendications, sa soif de justice et de liberté en devenant chef des bandits, sorte de Robin des bois féminin.

Qui pouvait imaginer ce destin pour une femme en Inde ?

5
Au niveau graphique, tout est centré sur les personnages : sur leur physique, leurs émotions, leurs actions violentes et vengeresses. Ceci est très important car l’album n’est en aucun cas le reflet de la « beauté » de l’Inde. Il se veut réaliste. Le texte contenu dans chaque phylactère n’est pas très long, le dessin complète parfaitement ce qu’éprouvent, ce que pensent les différents acteurs de ce récit.

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Cet album n’est pas pour moi une ode au féminisme, mais un témoignage nécessaire sur ce qu’il se passe encore actuellement dans ce pays-continent. Oui, les droits les plus fondamentaux des femmes n’y sont pas respectés mais c’est aussi un déséquilibre total de la société dont les citoyens les plus pauvres subissent chaque jour les effets.
L’auteur n’a pas « romancé » la vie de Phoolan, c’est pour cela qu’il ne sera peut-être pas accessible à tous. Mais il est bon parfois d’être confronté à la vraie vie…

Irbis

Un commentaire sur “Phoolan Devi

Ajouter un commentaire

  1. Belle chronique…
    Bien que je sois un ardent défenseur de la cause animale, je trouve que c’est un drôle de pays où les vaches semblent plus sacrées que la condition féminine ! 🙄
    Tu aurais pu féminiser l’auteur(e) 😉

    J'aime

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