Scénario : Jack Manini
Dessin : Olivier Mangin
Éditeur : Bamboo
56 pages
Date de sortie : juin 2017
Genre : aventure, road trip psychédélique

Présentation de l’éditeur
Californie 1966. Il est apparu tel un fantôme dans la communauté des « Merry Pranksters ». Comme il était sale et maigre, ils l’ont surnommé Jésus Gris. Il va les entrainer sur la route au volant d’un bus psychédélique.
Jayne Mansfield, actrice et grande prêtresse de l’église de Satan, charge le détective Jack Cool de retrouver sa fille. L’enquête le mène jusqu’au fameux bus …
« On va s’injecter une bonne dose de présent… tous synchros avec la grande harmonique de l’univers… »
Mon avis
Grisaille, neige, bureau austère dans l’usine Cadillac à Detroit … les premières pages sont à l’opposé de la couverture chatoyante aux effluves psychédéliques. On voit un homme seul, l’air triste et perdu, au téléphone avec sa femme Lucille. Cet homme qui vient de mentir à sa femme fait annuler tous ses rendez-vous et quitte son bureau pour ne plus jamais y revenir. Entre alors en scène le détective Jack Cool qui est chargé par Lucille de retrouver son mari. Il retrouvera vite la trace du disparu, affublé du nom de Jésus-Gris, au sein d’un mouvement hippie, les Merry Pranksters. L’enquête de Jack Cool le mènera également dans les milieux satanistes et sur les pas de Jayne Mansfield dont la fille a disparue.
Jack Manini nous propose avec ce polar à double enquête une immersion totale dans les milieux hippies des années 60 sous forme de road-trip sur-alimenté au LSD. En ce milieu des sixties cette substance chimique n’est pas encore illégale et est largement consommée par les adeptes de la liberté totale, du rejet de toute forme d’autorité et surtout de la société de surconsommation. Flirtant entre thriller et chronique sociale, Jack Manini mélange subtilement le vrai et le faux et nous fait découvrir l’univers très coloré de la beat generation, notamment les Merry Pranksters de Ken Kesey qui ont vraiment existé et traversé les Etats-Unis à bord d’un bus aux couleurs psychédéliques, tout en vantant les bienfaits du LSD.
Le rythme n’est pas des plus endiablé mais l’intrigue naissante dans ce premier volume reste intrigante. On ne sait que peu de choses de Jésus-Gris si ce n’est qu’il a traversé la guerre du Vietnam et en est revenu avec un traumatisme qu’on espère connaitre dans le second tome. Idem concernant l’enquête dans les milieux satanistes, des jalons sont posés et l’on peut supposer que la suite sera beaucoup moins colorée.
Empreint d’une sobriété de bon aloi, le dessin d’Olivier Mangin est parfait dans toutes les situations et toutes les ambiances. Il ne cède pas à la facilité du décorum psychédélique trop bariolé et se permet juste quelques ondulations de cases lorsque les personnages sont sous l’emprise des acides. C’est clair, crédible et agréable à l’œil.
On est habitué dans la collection Grand Angle aux petits suppléments en fin de volume. Aussi avons-nous droit ici à quelques compléments d’information sur les Merry Pranksters et l’histoire du LSD. Instructif. Il manque juste quelques buvards de démo 🙂
Suite et fin de cet étonnant voyage dans le tome 2.
Loubrun
![]() |
![]() |
![]() |
||
Un peu de musique pour accompagner cette belle lecture







Laisser un commentaire