Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

 

Présentation de l’éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l’optique d’une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

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Odradek

Quand le cirque est venu

quandLeCirqueEstVenu.jpgquandLeCirqueEstVenu-1.jpgScénario : Wilfried Lupano
Dessin : Stéphane Fert
Éditeur : Delcourt
24 pages
Date de sortie : 17 mai 2017
Genre : Conte

 

 

 

Présentation de l’éditeur

quandLeCirqueEstVenu-3.jpgLe général George Poutche, ce qu’il aime, c’est L’ORDRE ! L’ordre ET les médailles !!! Alors quand, un beau jour, un cirque débarque en ville, avec ses saltimbanques, ses zozos de chapiteau, tous différents, tous bizarres, ça ne lui plaît pas du tout ! Le général est bien décidé à les avoir à l’oeil ! Et bientôt, c’est le défilé des arrestations. Le spectacle tourne vinaigre… Jusqu’à l’arrivée d’un clown muni d’une tarte à la crème…

 

Mon avis

Prenez le général Pinochet, Mussolini, Staline, Hitler, Kim Jong Un, les généraux tapioca et Alcazar, le grand Plekszy-Gladz, Kodo le Tyran, Basam Damdu et tant d’autres néfastes personnages à l’égo aussi démesuré que leur manque d’empathie pour leurs semblables, mettez-les dans des pots de peintures, mélangez très fort… très très fort, et vous obtiendrez, sous les pinceaux de Stéphane Fert et le scénario de Wilfried Lupano une caricature… un modèle de dictateur dont le nom rappel un autre sinistre individu qui, s’il ne fut pas techniquement un dictateur, avait tout de même très probablement piétiné le vote des électeurs, et donc la démocratie, pour accéder au pouvoir, j’ai nommé : Georges Poutche (Jr… ?). Tout y est, le complexe d’infériorité (il est tout petit) qui a dû déraper quelque part au cours de sa vie, une obsession maladive pour l’ordre et, of course (que seraient les tyrans sans elle ?), une sacrée hypertrophie de la paranoïa.

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Que ce soit au travers d’un dessin volontairement caricatural et coloré (très belle utilisation des couleurs froides et chaudes selon les personnages), ou d’un scénario aussi simple que délirant, mais tellement efficace, les auteurs s’en donnent à cœur joie pour tourner en ridicule l’absurdité des régimes politiques basés sur les volontés d’un seul homme (en général) ou d’une seule femme (en Dame de Fer, à la limite…). Le tout est très rafraîchissant et, s’il s’agit bien d’un conte destiné à un jeune public, les adultes y trouveront également du plaisir grâce, notamment, à quelques bonnes bouffées de rire.

N’hésitez pas une seconde, c’est vraiment très drôle et intelligent. Merci les auteurs.

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