Scénario : Fabian Ptoma
Dessins : Nicolas Duchêne
Sortie : juin 2015
Editions : Sandawe
160 pages – cartonné
Policier – polar
Résumé-présentation (de l’éditeur ) :
Fiction librement inspirée de la vie de Richard Kuklinski, tueur en série ayant travaillé pour la Maffia. Ce dernier a profité de l’âge d’or du crime new-yorkais, lié à l’explosion de la consommation de cocaïne, pour affiner son art du crime et assouvir ses pulsions meurtrières.
Un polar Noir, «Hard Boiled», dans la lignée de James Ellroy.
De son enfance torturée jusqu’à son adolescence où il prend conscience qu’être violent, insensible et introverti est synonyme de puissance sur autrui, nous suivrons les déclencheurs qui le mèneront jusqu’à l’atroce condition d’un homme dépourvu d’empathie pour autrui.
Mon avis :
Situé dans le New York de la fin des années 70, la saga signée Fabian Ptoma et Nicolas Duchêne frappe fort. Nous avons en mains un superbe album de 160 pages formé de trois chapitres de 44 planches et, pour cette édition, d’un dossier de 16 pages. Les deux premiers chapitres avaient été publiés précédemment chez Casterman et Sandawe les reprend ici en y ajoutant la troisième et dernière partie. Cette magnifique intégrale permet donc au lecteur d’apprécier enfin l’histoire complète.
Et quelle histoire!
Big k, alias Frank Kielowski, le tueur à gages et serial killer sorti de l’imagination de Ptoma et Duchêne, a été inspiré par la vie du célèbre exécuteur de la mafia Richard « Ice Man » Kuklinski. Pendant près de 30 ans ce psychopathe sanguinaire a mené la double vie d’un bon père de famille apprécié de ses voisins.
Le dessin réaliste et glacial de Nicolas Duchêne rend parfaitement l’ambiance glauque et sordide développée par le scénario grâce à un crayonné noirci agrémenté de teintes verdâtres ou grisâtres à l’aspect velouté. Son graphisme lui permet de planter un décor seventies typiquement américain, de brosser le portrait d’un personnage particulièrement sombre et distiller abominations et horreurs au fil des pages. La violence du graphisme est encore rehaussée par l’association de traits qui se frottent et s’entrecroisent. Le lecteur a parfois l’impression d’être confronté au « story-board » d’un film qu’il serait, peut-être, ravi de visionner.
Le scénario construit par Ptoma reste un modèle de classicisme, de méthode et d’application. Son système narratif avec une voix en je, celle de Big K, donne une réelle profondeur psychologique à son personnage. Des flash-back bien amenés, bourrés de sensibilité, font office d’hommages appuyés au film Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. L’évocation du milieu social et criminel des années 70 et la nostalgie qui s’en dégage attire irrésistiblement le lecteur dans l’univers du roman noir. Le making of en fin d’album permet, entre autres, de visualiser de manière saisissante le découpage référentiel d’une planche basé sur l’utilisation de photogrammes tirés du film Scarface. Mais, au final, c’est surtout l’ombre du grand romancier James Ellroy qui plane sur l’ensemble.
Fidèle à sa politique éditoriale de crowdfunding, Sandawe a associé des édinautes à la recherche documentaire des auteurs, notamment sur le dessin des vêtements d’époque. Un livre bonus de 172 pages qui reprend le scénario, les crayonnés et les montages de photogrammes est téléchargeable. Avec cet imposant volume, le lecteur a l’occasion d’apprécier tout le travail qui a été nécessaire à la création. Encore mieux, ceux qui se laisseront entraîner par ce récit, pourront se laisser dériver vers l’aspect cinématographique de l’œuvre en visionnant les références classique des auteurs ou encore le film The Iceman(2013).
Vous l’aurez sans doute compris, les amateurs de polars très sombres trouveront ici l’occasion de découvrir une œuvre majeure qui dépasse même le cadre de la bande-dessinée et que j’estime être particulièrement digne d’intérêt.
Dessin

Scénario
Moyenne
Le site internet des Editions Sandawe : ICI
SKIPPY













Dessin
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