Editions Dargaud
Sortie : 29/06/2012
56 pages
Prix conseillé : 13,99 €
ISBN : 9782505013778
Courses automobile, Histoire, Nazisme
Résumé (de l’éditeur) : On tremble en lisant ce dernier épisode de Grand Prix, car chacun sait que, au-delà de la hantise de l’accident fatal, c’est un autre drame qui se joue. Mondial, celui-là. Chacun sait que derrière le vrombissement des moteurs résonne le claquement des bottes, que derrière les cris des directeurs de course, les vociférations d’un « conducteur » à la tribune déchirent le silence… C’étaient des sportifs, et ils voulaient être les meilleurs ; le gouvernement de Hitler leur donnait la possibilité de gagner. Devaient-ils refuser ?
Mon avis : Troisième et dernier tome d’une série de grande qualité scénarisée et dessinée par Marvano. L’auteur nous explique par le détail les prémices de la seconde guerre mondiale via le prisme de la course automobile. Les constructeurs allemands sont instrumentalisés par le régime nazi pour faire de la propagande. Et cela devient de plus en plus difficile pour ces pilotes, qui sont de réels dieux vivants, de ne pas remarquer la dérive vers laquelle ils sont poussés inexorablement. Dans ce tome, Marvano nous décrit le déclin annoncé de la suprématie allemande sur les « Grands Prix ». La guerre va tout balayer y compris les amitiés entre pilotes au delà des nationalités. Les ordres idiots et ineptes des Nazis ne sont pas en reste. Certains pilotes meurent en course ou lors de tentative de records de vitesse, d’autres pensent à fuir l’Allemagne. Parallèlement à une succession de faits tragiques et programmés par les nazis, Marvano nous décrit le parcourt du pilote britannique Leslie Toliver, pilote officiel Mercedes, qui s’accroche lui à son volant alors qu’il voit sa situation se détériorer en Allemagne. Fiancé à une juive, il va se battre, parfois au péril de sa vie, pour sauver des juifs de la barbarie et les sortir d’Allemagne. Le régime nazi finira par le considérer comme un espion.
Par le biais d’un sujet léger et futile pour certains, la course automobile, Marvano nous raconte une page de l’Histoire très peu connue par nos contemporains avec en arrière plan la persécution et l’élimination systématique des juifs mais aussi des handicapés ,faibles d’esprit, malades mentaux et invalides. Un album bouleversant où la course automobile devient secondaire et où émerge un cri de désespoir devant les horreurs du régime nazi.
Le dessin de Marvano est dans la droite ligne des deux premiers tomes. Le scénario se fait sur deux plans. La partie « Toliver » est bien rendue, très sensible. La trajectoire de vie du pilote britannique est très particulière. Le lecteur va le découvrir au fil de l’album. Le second plan est la succession des évènements qui amène la seconde guerre mondiale. Certains faits sont très connus et déterminants (la visite de Chamberlain à Berlin), d’autres sont moins connus, mais parfois avec une incidence tragique comme le fichage des juifs, leur spoliation tant au niveau des biens que des droits civiques. Cette énumération peut passer pour le lecteur comme plus indigeste mais elle a un rôle bien précis, celui de planter le décor et quel affreux décor…
Je terminerai cette chronique par la citation de Franz Kafka (1883-1924) qui est inscrite sur la page de garde de l’album. Elle cadre bien l’état d’esprit de ce troisième et ultime album : « On voit le soleil se coucher lentement, et pourtant on s’étonne qu’il fasse soudain noir. »
Extraordinaire série ! Merci Monsieur Marvano !
Graphisme : 8,0/10
Scénario : 9,0/10
Moyenne : 8,5/10
Capitol.








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