
Il y a eu la chronique de William et maintenant vous avez une petite interview de A.Dan par Samba pour un peu de bonheur … en plus.
Allez, on commence.
1 –Au départ, en apprenant le sujet des gueules cassées, t’es-tu demandé comment aborder ce thème ?
D’un point de vue graphique oui, un peu : faire un personnage dont on ne voit qu’une surface réduite de visage pour exprimer des sentiments, ce n’est pas si facile. Mais maintenant que l' »exercice » est terminé cela me semble naturel. Sinon au départ, une référence s’est imposée à moi, en terme d’images et de ressenti : le film « La chambre des Officiers ». Ca m’a aidé.
2- Les « silences » sont impressionnants dans ce 1er tome, peux-tu nous dire leur secret de fabrication ?
Oui, les gens nous le disent souvent. Je dois souligner que le scénario, tout comme cette « ambiance » de silence, c’est Laurent Galandon qui en a la paternité. Ceci dit j’ai eu plaisir à organiser ces silences, appuyés ou soulignés par des plans plus rapprochés, exercice que j’aime assez. Tout passe aussi par la mise en scène, croiser les regards avec des champs/contre-champs, le zoom d’une caméra … cela participe à plonger le lecteur au plus près donc à le gêner un peu puisqu’il rentre frontalement dans l’intimité des personnages.
3- Situer l’histoire dans tes Pyrénées, un cadeau de Laurent Galandon ?
Tout à fait. Laurent n’avait aucune exigence si ce n’est qu’il fallait un lieu de type « garrigue » où le sniper/tueur de bêtes puisse vite se cacher. Les paysages de montagne, vallonnés, peuvent y contribuer. Je connais bien l’Ariège, les Pyrénées, l’occasion était belle.
4 Que retiens-tu après tes recherches sur ces gueules cassées ?
Les rencontres avec les gens comme ceux du Val de Grâce, où le Capitaine Tabbagh me montra une documentation des plus fournies et des plus « crues », loin du dossier « épuré » édité dans la 1ère édition de ce 1er livre. Très enrichissant. Et le fait de balader ma fille dans des endroits qu’elle ne connaissait pas : à savoir le retour au pays de mon enfance estivale pas loin de Foix dans l’Ariège.
5-Le must pour Daniel Alexandre, ce serait de pouvoir dessiner quelle sorte d’histoire ?
J’attache énormément d’importance je crois aux rencontres et au feeling que je peux avoir avec mes partenaires de travail. Moi qui ne jurais un temps que par le fantastique et l’HF, je m’aperçois que la « sagesse de l’âge » m’oriente plus vers des choix où j’aurai de l’empathie pour l’histoire et le scénariste (si c’est du Médiéval avec une pointe de fantastique je signe tout de suite hein 😉 …). L’essentiel c’est que les personnages aient de l’épaisseur, que l’histoire ait un minimum de sens et que je puisse y prendre du plaisir à la lire. Sans ça, je crois que je ne rendrais que de mauvaises copies … ceci dit je suis très critique sur mon propre travail …

6-Es tu un lecteur de BD et si oui pour quelle(s) BD as-tu eu un coup de cœur ?
Moins lecteur depuis que j’en fais, mais ma bibliothèque prend de la
place … Ces derniers temps, j’ai tendance à dire qu’il existe assez peu d’histoires avec des scénarii qui m’ont emballé. Je crois que j’ai retrouvé Schuiten et « la Douze » avec bonheur mais cela tient plus de la nostalgie que du cri au génie, par contre j’ai bien aimé « Un week-end à Rome » par ex. de Jim.
7- Et enfin la question classique, pour quand le tome 2 ?
Au printemps 2013, mars-avril au plus tard je pense. Je compte rendre ma copie pour Noël 2012.

Un grand merci à Dan A pour avoir répondu si rapidement à mes questions. J’espère que ce questionnaire vous aura donné l’idée de jeter un œil dans ce très bon album.



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