Le Petit Prince : Hommages – Collectif – Glénat.

le petit prince.jpgpetit prince 1.jpgAuteur : Collectif.
Éditeur : Glénat.
56 pages.
Sortie : 25 mai 2016.
Genre : Aventure.

Résumé :

Le Petit Prince est l’une des figures les plus marquantes de la littérature moderne. Son univers a inspiré des artistes du monde entier. Cet ouvrage vous propose de retrouver une compilation des plus beaux hommages d’auteurs de BD dont les planches incarnent les valeurs universelles de ce personnage éternel et soulignent, une fois de plus, le génie de son créateur.

Mon avis :

L’indémodable est de retour en bande dessinée sous forme d’hommages exprimés en treize histoires de quatre pages chacune. De Mæbius (Blueberry, L’Incal, Arzach) à Didier Convard (Les Héritiers du soleil, Souvenirs de Toussaint, Finkel) en passant par Olivier Supiot (Erzurum, Le Narval, Tatoo), tous ont mis la main à pâte. Certains nous offrant un dessin de haut niveau, d’autres pas mais se rattrapant grâce à un sens de l’imagination scénaristique car, et c’est un fait, il y en a pour tous les styles! Ça aura donc été la première fois pour moi de chroniquer et d’évaluer un album aussi spécial.

On pourrait se demander ce qu’en aurait pensé Antoine de Saint-Exupéry. Il aurait forcément été touché par ces patentes mais sans toutes les admirer davantage. Heureusement, à l’encontre de toutes déceptions de ce regroupement, il existe toujours le roman qui laissera libre cours à la songerie indéfiniment. Une chose qui est frappante : septante ans après l’œuvre originale et au-delà de ses plus de 155 millions d’exemplaires vendus à travers le monde sans compter le nombre de langues dans lesquelles elle a été traduite, ce bijoux de la littérature, quel que soit son format, nous émerveille encore de sa sagesse, sa poésie, sa philosophie, sa pureté… Mais surtout de son dépouillement et sa profondeur qui sont les qualités par excellence de ce conte.

J’aimerais boucler mon jugement en me référant à une chanteuse, même si je ne l’aime pas. Il s’agit de Mylène Farmer qui, inspirée par le best-seller, a fredonné « dessine-moi un mouton, mon ciel est vide sans imagination ; […] redevenir l’enfant que nous étions ; […] le monde est triste sans imagination ».

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Mister Med.

À Cheval! T.2 : Qui s’y frotte, s’hippique!

a cheval.jpga cheval t1.jpgScénario : Laurent Dufreney.
Dessin : Miss Prickly.
Couleur : Magali Paillat.
Éditeur : Delcourt.
41 pages.
Sortie : 11 mai 2016.
Genre : Humour, jeunesse.

Résumé :

Bijou, Gossbo, Flash et les autres apprennent à connaître Bella, la nouvelle jument très maladroite avec qui l’expression « tomber amoureux » prend tout son sens! Sur ce joyeux bazar, Balou, l’imposant cheval de trait débarque avec ses gros sabots! Pas sûr que ce renfort réjouisse tout le monde.

Mon avis :

Après le tome 1 qui avait pour but de présenter la bande éruptive d’équidés, qui en auront fait baver aux écuyers dès la rentrée au centre équestre, voici que l’histoire et les relations entre les personnages prennent de l’ampleur dans ce tome 2. Pour cause : deux nouvelles recrues. Une qui a tout pour plaire (Bella) excepté qu’elle porte la poisse et l’autre (Balou), un gentil animal mais sans discrétion ni délicatesse. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de personnages aussi branquignols, dans cette histoire (rire). Effectivement, on a le paniqué à outrance Xanax, le dégueulasse Kamboui, l’hyperactif Flash, l’aboulique Smoussi, le goulafre Cookie et j’en passe! Mine de rien, c’est le seul reproche que je puisse faire à cette série : la réplétion de personnalités. Ça mis de côté, le dessin est très beau, mettant bien en évidence, en relief les expressions des personnages. Sans parler des gags qui sont plutôt marrants et qui, sans qu’on ne l’observe directement, permettent une certaine succession entre eux. Paraît-il qu’un troisième volet est en cours alors qu’on est même pas aux 2/3 de l’année! Je vous laisse imaginer dans dix ans! À cette allure-là, ceux et celles qui auront concouru à cette album feront mieux (en nombre de parutions, en tout cas. Le nombre d’exemplaires reste à voir mais vu le carton croissant, il y a de quoi être optimiste vis-à-vis de cet opus prometteur) que les géniteurs des « Vélomaniacs ». Il est irrécusable qu’avec un scénariste comme Laurent Dufreney (cliquez ici, et ), qui a collaboré avec de grands réalisateurs en faveur du cinéma comme Luc Besson sur « Arthur et les Minimoys » ou Oliver Stone sur « Alexandre » et une dessinatrice émérite comme Isabelle Mandrou alias Miss Prickly (cliquez donc), à qui on doit le dessin de la faramineuse série jeunesse « Mortelle Adelle » aux Éditions Tourbillon, excusez-moi du peu, on ne doit pas être surpris du décollage imminent de ce début de saga chevaleresque. Chers lecteurs, lectrices, expressément les plus jeunes, rendez-vous chez votre libraire. N’y aller ni au pas ni au trot, ni au galop mais au triple galop!

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Mister Med.

 

24 Heures du Mans – T.2 : 1968-1969 : Rien ne sert de courir…

24h du mans.jpg24 ha du mans d.jpgScénario : Youssef Daoudi.
Dessin : Christian Papazoglakis et Robert Paquet.
Couleur : Tanja Cinna.
Éditeur : Glénat.
48 pages.
Sortie : 8 juin 2016.
Genre : Historique, automobile.

Résumé :

En 1968, les événements de mai ont également des répercutions sur les compétitions sportives, le rendez-vous sarthois est ainsi repoussé au mois de septembre. Cette même année avec un règlement qui lui est plus favorable, Porsche est en tête du championnat du monde des constructeurs à la veille de la course, mais Ford, qui reste sur deux victoires au Mans sait que tout est encore possible! L’année 1969 voit encore Ford aligner ses vénérables GT40. Mais le géant américain se positionne clairement comme un outsider face à l’armada Porsche, sans compter que Jacky Ickx, son meilleur pilote, part bon dernier pour protester contre une procédure de départ qu’il estime trop dangereuse. Mais les 24 Heures du Mans nous offrent toujours leur lot de surprises et cette année-là en sera particulièrement riches!

Mon avis :

Attiré par le dessin depuis sa plus tendre enfance, Youssef Daoudi fait cependant d’abord carrière dans la publicité avant de décider de tenter de devenir auteur de bandes dessinées professionnel à l’âge de 34 ans. Comme quoi, il n’était pas trop tard. Une rencontre avec le scénariste Philippe Bonifay lui permet de réaliser son objectif : ils créent ensemble chez Casterman la « Trilogie noire », adaptation du cycle de romans du même nom de Léo Malet. Il signe ensuite « Mayday », un thriller sur une enquête sur les accidents aériens. Passionné d’automobile, il participe en 2012 à la collection « Plein gaz » de Glénat consacrée à ce thème avec l’album « Ring » et « Sebring 70 ». En 2014, avec Tripoli, il s’intéresse à l’épisode historique méconnu de la Guerre de Tripoli qui opposa les jeunes États-Unis aux États du Maghreb, au début du XIXe siècle. Ses compagnons Christian Papazoglakis et Robert Paquet, eux, se rencontrent au studio Graton où ils contribuent aux aventures de « Michel Vaillant », ils se sont affirmés en quelques albums comme des spécialistes du dessin automobile. Ce sont des habitués, eux aussi, de la collection « Plein Gaz » pour laquelle ils ont collaboré sur « Chapman », « Alpine », « Ayrton Senna » et, dernièrement, « Les 24 Heures du Mans ».

Cette BD nous replonge à l’époque où, en 1968, le départ des voitures dans le style « Le Mans », bien que le plus spectaculaire puisque les pilotes se précipitaient en courant vers leurs voitures placées en épi sur le côté opposé, a été remis en cause à la suite de l’accident de Willy Mairesse, dû probablement à une portière mal fermée de sa Ford GT40. En effet, pour gagner du temps, les pilotes s’élançaient et rognaient sur les règles de sécurité, ce qui faisait que le premier pilote du relais n’attachait pas toujours son harnais. L’année suivante, pour marquer son opposition à ce type de départ, Jacky Ickx avait traversé la piste en marchant et s’était élancé en dernier. Ce récit nous raconte aussi quelles ont été les conséquences, lors de l’une des trois courses les plus prestigieuses au monde et qui avait battu son record de téléspectateur (400 000), de la tactique hors du commun mise en place par cet intrigant pilote Belge ayant eu des répercussions très positives mais à la fois tristement légitimes. Les personnages sont assez sérieux avec deux Jacky (le nom de famille de l’autre est Oliver, le fieffé pilote Britannique) que tout oppose sauf le sport automobile, platement. Les dialogues ne sont pas du tonnerre et le dessin est à la hauteur de l’événement. C’est juste que les personnages sont un petit peu trop inertes. Néanmoins, les voitures de cette période sont singulièrement bien reproduites, dignes d’électrisés de bolides. En s’intéressant à cet événement, prenons note que ce coup de crayon ne se frotte pas à la pole position.

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Mister Med.

Pyraths

pyraths.jpgpyraths t1.jpgScénario : Katia Even.
Dessin : Licinia Tozzi.
Couleurs : Francesca Pesci.
Couleurs de la couverture : Christophe Lacroix.
Editeur : Sandawe.com.
48 pages.
Sortie : 4 mai 2016.
Genre : Humour, aventure.

Résumé :

Une carte aux trésors ne mène pas toujours à la fortune. En compagnie de ces marins totalement déjantés que sont les Pyraths, elle peut vous entraîner dans un voyage pour le moins hilarant où flibusterie rime avec conner… Euh, drôlerie.

Mon avis :

Les Pyraths vivaient dans la prospérité grâce à leur figure de proue qui constituait, pour eux, un générateur de richesse indispensable jusqu’à ce qu’elle arrive à usure. Depuis, au menu, c’est poulpe matin, midi et soir (bonjour l’indigestion). De plus, comme si ça ne suffisait pas, le temps d’une escale permettant de vendre tout l’or qu’il leur restait, voilà que la fameuse figure de proue est dérobée! Heureusement (ou pas), ils ont pu se procurer une carte aux trésors. Ce qui va les pousser à parer à l’abordage alors qu’ils n’en ont plus du tout l’habitude, alors qu’ils ont oublié le goût du courage et de la bravoure. C’est telle une bande d’incompétents qu’ils vont partir à l’aventure. Fatalement, ce sera tout sauf une partie de plaisir lorsqu’ils verront ce qui les attend mais ils tiendront bon, peut-être jusqu’au bout. Quand j’ai vu la couverture de cette album, je l’ai beaucoup sous-estimé. Mais, après l’avoir parcouru, j’ai été frappé par la galéjade, l’intensité, l’effervescence et la vigueur du dessin qui est presque bluffant avec des personnages assez loufoques et barjots! Seule une demoiselle sort un peu du lot. J’ai bien aimé, en outre, les clins d’œil un peu brodequins à des œuvres classiques comme « Pirate des Caraïbes » ou encore « la Petite sirène ». Par contre, les points négatifs sont l’aspect classique de l’histoire, la lésinerie des lettres, dans les bulles, mêmes si l’écriture est en majuscule, caractères imprimés, et le « trop plein » de calembours et de jeux de mots, déjà qu’au détriment de l’histoire, l’humour « part en live ». Ce one-shot m’a fait penser à « de Caps et de crocs » mais, bien sûr, avec moins de poésie et d’éloquence étant donné qu’ici, le langage est plus contemporain (donc, moins théâtral) et qu’on n’échappe pas non plus à quelques anachronismes. On se plaignait de l’inexistence de récompense féminine, à Angoulême. Néanmoins, ce concentré de planches en aurait bien mérité une, si le contexte l’avait permis. Car, effectivement, 90 % de cet opus a été réalisé par trois femmes. Une BD sympathoche, recommandable. Surtout pour les plus jeunes. Un bon travail accompli par un quatuor qui pourrait vous donner envie de virer à bâbord ou à tribord. Enfin, de mettre toutes voiles dehors.

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Mister Med.

Maudit Manoir T. 3 : Cocktail de saveurs

maudit manoir t5.jpgmaudit manoir t6.jpgScénario : Manu Boisteau.
Dessin : Paul Martin.
Éditeur : Casterman.
32 pages.
Sortie : 1er juin 2016.
Genre : Humour, jeunesse.

Résumé :

Dracunaze, Bernard le loup-garou et le professeur Von Skalpel sont des colocataires peu ordinaires. Avec eux, la proprio du Manoir n’arrive pas souvent à se faire payer le loyer. Quant à savoir qui va remplir le frigo, et surtout avec quoi, mieux vaut ne pas y penser!

Mon avis :

Après avoir été tourmentés par un ouvre-boîte dans le premier tome et après avoir essayé de gagner le cœur de leur propriétaire dans le deuxième, voilà que ces personnages inspirés des monstres les plus célèbres du cinéma (Dracula, Frankenstein, etc.) n’arrivent pas à joindre les deux bouts au point même de ne pas pouvoir manger à satiété. Sans doute la BD la plus courte que j’aurai eu à chroniquer mais loin d’être la meilleure! Le dessin me fait bizarrement penser au « Mariage pour les nuls », de Mademoiselle Caroline. Tout comme l’humour, il est en deçà d’être séduisant. Manu Boisteau (également graphiste et illustrateur depuis le début des années 1990, après avoir fait ses études à l’école Estienne) avait déjà créé avec Paul Martin « James Bonk », aux éditions Cornélius, et les aventures de « Thierry le ver de terre », aux éditions Bayard (pour info, Paul Martin, lui, ne conçoit pas non plus que des bandes dessinées mais aussi des jeux, même des livres-jeux, des histoires et des romans. Parallèlement, il apporte son écot à Astrapi, J’aime Lire et à des nombreux autres magazines). Concernant la série « Maudit Manoir », on sent que le duo d’auteurs ne fonctionne pas malgré leur expérience respective. Je n’irai pas jusqu’à penser que c’est un « maudit album » et que je me suis farci un « cocktail d’erreurs » mais sans du tout vouloir être méchant, il y a un manque de talent perceptible. Bienvenue chez les monstres mais, pour certains, vraiment pas sacrés ; car une remise en question doit impérieusement s’imposer!

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Mister Med.

Velo Maniacs T12

velo maniacs t12.jpgvelomaniacs t12.jpgScénario : Jean-Luc Garréra.
Dessin : Alain Julié.
Éditeur : Bamboo.
56 pages.
Sortie : 1 juin 2016.
Genre : Humour.

Résumé :

Il est vrai que le cyclisme est un sport exigeant mais le maire fait office de juge de paix avec une exemplaire impartialité. Du moins, il essaie, car il est aussi mordu de cyclisme que tous les habitants de ce petit village si particulier qu’est Pignon-sur-Rut, où la petite reine passe avant tout!

Mon avis :

Ça y est, cette success story a 10 ans. Entre le premier et le douzième volet se sont écoulés 150 000 exemplaires! Pas mal, non? Tout commence avec la rencontre à l’école primaire entre deux grands passionnés de BD : Julié et Garréra. Quelques années plus tard, ils projettent de donner corps à cette série publiée aux éditions Bamboo. Le douzième épisode nous offre un flashback centré sur l’enfance des héros, lorsqu’ils ont connu leurs premiers désagréments à biclou. Le noble désir de la part des deux auteurs de donner du cyclisme une image opposée à celle que donnent les médias, je pense forcément au dopage, transparaît et est tout à fait admirable. Même si cette triche malsaine est un énorme problème dans le monde du sport, la bicyclette n’en est pas réduite à ça. Il est aussi question, dans cette discipline, de hardiesse et de résignation. Alain et Jean-luc ont toujours veillé à faire partager aux lecteurs la joie des clubs de villages ou le plaisir d’aller faire du VTT dans les Pyrénées.

À propos de la ribambelle de gags (tantôt marrants, tantôt moins) qui attife les pages des « Vélomaniacs », le scénariste a certifié que les étapes du Tour de France étaient sa principale source d’inspiration, si on ne tient pas compte des anecdotes personnelles qu’on lui raconte, et qu’il n’en ratait pas une. De son côté, le dessinateur a affirmé que, contrairement à certains sports où l’on peut vite tourner en rond, le thème du vélo permettait d’alléguer de l’oxygène au propos et au dessin « gros nez », rond et clair (style presque classique, pour ce genre d’album). Il poursuit en expliquant qu’il est, de toute évidence, dans la caricature puisqu’un vélo, tel qu’il le couche sur papier, n’avancera pas. En somme, des planches qui méritent quand même qu’on s’y attarde. De quoi se remémorer le temps des BMX avec la selle pas toujours très fixe.

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Mister Med.

 

Les Foot Maniacs – Tome 14

footmaniacs t14.jpgfootmaniacs.jpgScénario : Jenfèvre, Sulpice et Cazenove.
Dessin : Saive.
Éditeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 18 mai 2016.
Genre : Humour, football

Résumé :

Le FC Palajoy voit se rapprocher une ancienne gloire du football devenue responsable d’une haute instance footballistique : Michel Flatini ! En s’intéressant à un petit club, Flatini espère redorer son image ternie par les affaires. Mais, ce qu’il ignore, c’est qu’il est l’idole absolue de Marcel Dubut, le plus insupportable des supporters du FC Palajoy. Le tout sur fond de championnat d’Europe des nations… Bref, encore un album de haute volée pour les champions des crampons !

Mon avis :

Cette quatorzième aventure qui se veut parodique, drolatique mais surtout, footballistique pourrait accessoirement (ou pas) remonter le moral aux mordus de foot en cas de défaite de leur équipe favorite au cours de l’Euro, immanquable événement bi-annuel. Tout particulièrement s’il s’agit du pays organisateur : la France (pour l’instant, on n’a pas vraiment de souci à se faire, elle a bien commencé).

Néanmoins, peut-on parler de puissance humoristique ? En réalité, on est entraîné dans une dérision aussi bien usuelle qu’alcaline. Étonnant de la part d’un scénariste de la trempe de Cazenove, surtout qu’ils s’y sont mis à trois pour combler les bulles de cette façon ! Lui qui avait fait un très bon taf avec Hervé Richez en apportant sa contribution pour « les fondus du Beaujolais nouveau », il me semble évident que sa collaboration avec Henri Jenfèvre et Olivier Sulpice ne soit pas si fructueuse. Hormis eux, il y a le dessinateur Olivier Saive qui donne libre cours à la touche « gros nez » (pas surprenant, vu ce genre de BD), l’accompagnant d’un ton malgracieux mais très sémillant.

Il ne faut pas non plus oublier de souligner, malgré tout, les clins d’oeil en concordance avec ce sport ainsi que la dégaine satirique de cette série. C’est-à-dire qu’il y a, par exemple, des allusions à l’immense joueur – dans tous les sens du terme – Zlatan Ibrahimovic qui là, se fait appeler « Zvatan » et Michel Platini qui a troqué son nom contre le pseudonyme Michel « Flatini », tous deux inspirés des auteurs de cette saga. Il y est fait mention d’une sorte de « what if » en rapport avec l’actualité de l’ancien footballeur international et coorganisateur de la Coupe du monde 1998 qui, pour rehausser sa réputation, doit impérativement s’intéresser aux « gens d’en-bas ». Dans ce cas, il se penche vers un club inondé de défaites : le F.C. Palajoy. En guise de rappel, il faut savoir que, en octobre 2015, Michel PLATINI a été démis temporairement de ses fonctions de président de l’U.E.F.A. Même si cet opus français rend hommage à des icônes, ce quatorzième volet frôle le carton jaune.

 

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Mister Med.

Napoléon – Tome 1: De mal empire

napoleon.jpgnapoleon t1.jpgScénario : Lapuss’.
Dessin : Stédo.
Éditeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 30 mars 2016.
Genre : Humour.

Résumé :

Début du XIXe siècle. Un petit homme s’apprête à changer le destin de la France et de l’Europe : Napoléon Bonaparte. Génie militaire au génie incompris, on le dit colérique, nerveux et sanguin, alors qu’il était en fait sanguin, nerveux et colérique. Des campagnes d’Égypte et de Russie à l’origine de sa fameuse main glissée dans sa veste, découvrez, comme vous ne l’avez jamais vu, Napoléon et son Empire… en pire. Le tout sur fond d’anecdotes plus ou moins véridiques.

Mon avis :

Incontestablement, celui qui fut le premier empereur des Français restera, pour des temps indéfinis, un des personnages les plus emblématiques de l’Histoire de France et du monde, en général. Enfin, même si cette BD ne dépeint pas un portrait prestigieux de cet ancien chef d’État, en dévoilant sa personnalité impulsive, ses phobies, les surnoms liés à son physique, etc. Toutefois, ce n’était pas chose aisée de traiter les péripéties de ce célèbre conquérant avec humour et pourtant, Lapuss’ s’est assez bien débrouillé ! Stédo, quant à lui, n’a pas hésité à forcer le trait en persiflant Napoléon. A noter aussi que chaque gag est auguré par un titre 100% jeux de mots que je trouve, personnellement, pas terribles. Mais il fallait aussi expliquer les anecdotes, les faits historiques, burlesques (pas tous véridiques, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire) que recouvrent les plus de quarante planches, évidemment. C’est pourquoi, s’accompagne à cela un dossier de 6 pages qui plaira aux férus d’histoire. Pour en revenir au scénariste, on peut constater qu’avec cette série, il aurait bien l’intention d’élargir sa cible de lecteurs vu qu’il n’a pas coutume d’employer ce type d’humour. En effet, le plus souvent, son style est plus discordant. Cédera-t-il lorsqu’il co-entamera les autres tomes? J’espère que non et j’espère également que le deuxième volet nous présentera une série de récits plus honnêtes, cohérents et réalistes les uns que les autres. Sinon, un album marrant mais très ordinaire centré sur celui qui aurait déclaré « l’avenir d’un enfant est l’œuvre de sa mère ».

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Mister Med.

Les damnés de la route 10. Sortie de route pour la deuche!

les damnés de la route t10.jpgles damnés de la route.jpgScénario : Achdé.
Dessin : Rudy.
Editeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 2 mars 2016.
Genre : Humour.

Résumé :

Philémon Lerbag se fait retirer son permis et doit repasser les épreuves de code et de conduite. Heureusement, il peut compter sur le soutien de sa femme Mercedes et du copain de sa fille, Enzo.

Mon avis :

Si Hervé Richez et James Morice avaient Collaborer à la création d’une BD, elle aurait beaucoup ressemblé à celle-ci. Pour le coup, ce sont Achdé et Rudy qui s’y collent et le résultat est de qualité! En effet, l’ennui n’existe pas dans ce dixième volume bordé d’une panoplie de gags assez drôle où l’on observe, une fois de plus, que le personnage principal continue constamment à ouvrir tout grand la porte à la malchance jusqu’à devoir repasser le code. Heureusement pour lui, il y a toujours une ou quelques issues qui amènent aux retrouvailles de sa fille et son « beau-fils ». Ce qui est intéressant et original, à propos de cette album, c’est que Mercedes, l’épouse de Philémon, fait mine de ne pas aimer la carcasse de son mari mais on se demande si, en fin de compte, épouse et époux ne sont pas plus amoureux de cet engin que d’eux-même. Pas mal, Monsieur le Scénariste. Même la fin (que je ne spoilerai pas, bien sûr) est inattendue! Petite standing ovation méritée, donc, pour cette oeuvre « gros pifs ». Petit conseil, quand même : faites quelques révisions avant de démarrer car, pour votre information, ça va décoiffer!

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Mister Med.

La craie des étoiles Tome 1

la craie des étoiles t01.jpgla craie des étoiles.jpgAuteur : Raphaël Drommelschlager.
Editeur : Bamboo.
56 pages.
Sortie : 9 mars 2016.
Genre : Aventure, jeunesse.

 

Résumé :

Max a une dizaine d’années, l’insouciance des jeux d’enfants et l’aventure dans les yeux. Encore plus quand il a le bonheur de passer les vacances d’été chez son grand-père. Le soleil est radieux, la nature invite au voyage, mais c’est dans la bibliothèque puis le grenier de son aïeul que Max va faire la découverte qui va changer sa vie.

Mon avis :
Et si vous aviez en votre possession une craie mais pas n’importe laquelle : une craie particulière, une craie magique? Elle vous permettrait d’explorer des contrées lointaines que vous n’avez jamais eu l’occasion de visiter jusqu’à présent ou de revisiter ou encore, que vous ne pourrez jamais (plus) visiter à moins d’être muni de cet objet n’atteignant même pas, en général, la hauteur de cinq centimètres. Où iriez-vous? Le personnage central, lui, n’a pas eu le choix mais, au final, il n’aura pas à se plaindre d’un tel périple.

C’est à travers un trait fin et des cases plutôt bien colorées que l’auteur nous fait voyager aux quatre coins du globe, à destination de pays étant, sans doute, les objets des plus grandes curiosités touristiques au monde. Une BD qui peut plaire aux acteurs du mouvement écologique comme, par exemple, Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand parce qu’elle se veut pédagogique à ce sujet et elle le confirme avec un cahier documentaire en complément. Ce qui constitue, pour moi, le point fort de cette album. Par contre, même si la jeunesse est principalement le public visé, on est quand même un petit peu trop dans le surréalisme. J’ajouterais aussi qu’on est un peu trop vite embarqué dans les péripéties du garçonnet. Excepté ça, c’est fou ce qu’on apprend au bout de quelques pages, notamment sur la faune.

Ce qui est sûr, c’est que ce récit, par le moyen de l’évasion et, en partie, grâce au petit Max et à ses rencontres notables, nous vend du rêve et nous fait réfléchir sur notre place dans cette planète bleue, surtout en ces temps critiques. Un coup de crayon délicatement bien manié pour une leçon d’humanité.

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Mister med.

 

12 rue Royale ou les Sept Défis gourmands

12 rue royale.jpg12-rue-royale-.jpgScénario : Hervé Richez.
Dessin : Efix.
Editeur : Grand Angle.
78 pages.
Sortie : 4 novembre 2015.
Genre : Humour.

Résumé :

Mathieu Viannay, chef et propriétaire du deux étoiles Michelin La Mère Brazier à Lyon, veut agrandir son établissement, mais il se heurte au refus de son voisin de lui vendre l’immeuble attenant. Pourtant, le voisin lui lance un défi : « Accomplissez mes sept travaux du goût et je vous céderai le bâtiment ». Armé de la seule puissance de son art, Mathieu Viannay accepte de relever le défi. Un hymne aux sens et aux plaisirs de la table, servi par une galerie de personnages aussi savoureux que la cuisine de la mère Brazier !

Mon avis :
J’avais à peine achevé ma chronique sur les Fondus du Beaujolais Nouveau qu’Hervé Richez a frappé encore plus fort avec cette BD qui confère une toute belle tribune à la gastronomie française. En effet, l’auteur se veut toujours bien inspiré et, dans ce contexte-ci, tout tourne autour d’un restaurant et de son chef.

Nous pouvons examiner deux raisons pour lesquelles ce récit est notable : la première est que Mathieu Viannay et la Mère Brazier auront réellement existé et la deuxième est que cet album n’est logique que s’il s’appuie sur la phrase « 90% du goût est dans la tête ». Là est toute la finesse de cette histoire : réveiller les papilles gustatives des commensaux moyennant des situations dissonantes. Je suis d’accord pour dire que la narration n’est pas originale. Mine de rien, la façon dont les recettes sont élaborées ont de quoi nous ouvrir l’appétit. A travers cette oeuvre, l’auteur est arrivé à faire vivre les cuisines. On est plus dans un esprit « fun » qu’ « old school ».

Le dessinateur, lui, peut se féliciter d’un travail graphique remarquable même si le multicolore n’est attribué qu’aux aliments et le tricolore, à tout le reste. Y compris aux personnages forts expressifs, semi-réalistes et ronds.

Vous noterez qu’à la fin du récit, on a droit à la véritable histoire du restaurant ainsi que celles de Mathieu Viannay et la Mère Brazier elle-même suivie de quelques recettes. Malgré un côté caricatural, inutile d’être un expert pour savourer cet humour non pas futile mais « culinaire ».

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Mister Med.

Les fondus du Beaujolais nouveau

fondus du vin.jpgfondus du vin beaujolais.jpgScénaristes :
Christophe Cazenove et Hervé Richez.

Dessinateur : Grégoire Berquin.
Editeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 4 novembre 2015.
Genre : Humour.

 

Résumé :

Pour beaucoup, le beaujolais ne se déguste que nouveau et le troisième jeudi de novembre. Pour beaucoup, c’est le vin aux arômes de banane qu’on boit avec un saucisson posé sur un coin de table. Mais pour nos fondus, le beaujolais, c’est bien plus que ça ! Ce sont des crus d’exception qu’on découvre en remontant le cours de la Saône : Brouilly, Morgon, Saint-Amour… C’est un voyage. Un voyage autour d’un monde de saveurs qui fera tourner de son nom tous les moulins à vent de votre cœur.

Mon avis :

Les amateurs de vin n’auront pas de quoi bouder leur plaisir comme, d’ailleurs, je n’aurai pas eu de quoi bouder le mien avec la réédition du troisième volet de cette saga qui diffère de l’édition précédente en ce sens qu’un cahier spécial d’une dizaine de pages « Découverte du vignoble » et une entrée au « Hameau Du Bœuf » sont incluses ainsi qu’une légère modification de la couverture la rendant plus festive. Pour ma part, cette série a été une véritable découverte.

Elle me rappelle la BD Polish mais en mieux dessinée, dont l’épouse du personnage principal est quand même moins blasée (est moins dans le fait de subir une passion dévorante) et, certes, avec moins de jeux de mots mais un humour d’un niveau plutôt plus élevé. L’aspect ludique et instructif est aussi très présent, ce qui peut s’avérer utile surtout, par exemple, pour les futurs négociants en vin et/ou les débutants dans cette profession.

Et forcément, il n’y aurait aucun intérêt à ne pas parler de cette bande d’amis qui arborent les strips, avec des traits de caractère très distinctifs qui les rendent attachants. Ce qui constitue une des plus grandes réussites de cet album. Tout est là pour, d’abord, lancer l’appel à un autre regard sur une des plus grandes fiertés françaises : le monde vinicole. Ensuite, pousser le lecteur à s’intéresser aux autres tomes pour continuer de rire tout en s’instruisant d’avantage.

Merci aux scénaristes et au dessinateur pour ce très bon travail, pour cet hommage à plusieurs sortes de vins mais – dans ce cas-ci – au Beaujolais nouveau particulièrement tout en n’oubliant pas que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Quoi qu’on en pense, qu’il soit gouleyant, âpre, capiteux ou madérisé, cet opus vaut la peine d’être dégusté.

 

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Mister Med.

 

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