Un océan d’amour

un océan d'amour, lupano, panaccione, delcourt, mirage, muet, roman graphique, un océan d'amour, lupano, panaccione, delcourt, mirage, muet, roman graphique, Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin : Grégory Panaccione

Editeur : Delcourt (Mirage)

224 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : roman graphique muet

Ou comment retrouver un mari perdu grâce à une galette bretonne

 

 

Résumé

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Chaque matin, Madame prend soin de Monsieur en lui préparant son petit déjeuner – une galette jambon oeuf fromage – et en lui préparant son casse croute pour la journée – quelques boites de sardines. Monsieur en a marre des sardines ; alors Monsieur râle. Madame en a marre de Monsieur qui laisse trainer ses affaires dans la salle de bain ; alors Madame râle. Cette journée commence comme toutes les autres, Mais ce jour-là un évènement va tout bouleverser. Le petit pêcheur est pêché par un effrayant bateau-usine. Monsieur ne revient pas au port et Madame l’attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes. Et quelques sardines.

 

 

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Un océan d’amour est une perle rare au milieu d’un océan éditorial. Le prolifique Lupano frappe un grand coup avec ce pavé de plus de 200 pages. Et le prolixe Lupano va en surprendre plus d’un ! Lui qui est maintenant réputé pour nous servir des scénarios aux petits oignons avec des dialogues taillés à la serpe dignes des meilleurs Audiard, le voilà qui nous sort une histoire totalement muette où tout son sens de la narration doit passer par l’image. Quel défi ! C’est que chez Lupano, le moindre détail à son importance et ce qui ne pourra être dit, devra être montré.

Qui d’autre que le talentueux Gregory Panaccione, spécialiste du genre (Toby mon ami, âme perdue, match), pour relever le défi ? Il m’avait enchanté avec son dernier album dans lequel il raconte point par point un match de tennis complètement loufoque sans aucun dialogue.

Le duo fonctionne à merveille. Panaccione fait passer la verve de Lupano avec un dessin faussement naïf et hyper expressif où chaque détail contribue à la narration. En combinant un découpage chirurgical et un trait simpliste où l’expression prédomine, le lecteur se passe allègrement des dialogues car il ne regarde pas les images, mais il les lit. Pas de doute, ces deux là sont fait pour s’entendre tant ils ont le même souci du détail.

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Ce livre a beau être muet, il n’en est pas pour autant dépourvu de coups de gueule. C’est aussi un peu la marque de fabrique de l’auteur. Avec humour et tendresse, il réussit à dénoncer quelques travers de notre société comme la pêche industrielle, la pollution avec le dégazage des cargos en pleine mer, le continent plastiques, la piraterie, les croisières dans les paquebots immeubles… Dénonciations certes un peu faciles et de bon ton, mais qu’il est toujours bon de rappeler.

 

Lupano n’a pas son pareil pour trouver des anecdotes drôles et originales qui font partie intégrante de l’histoire. Ainsi, cette séquence de la voyante qui lit l’avenir dans les galettes bretonnes est jubilatoire.

Les 220 pages s’avalent d’une traite et c’est avec un sourire béat de satisfaction que l’on referme ce livre. Alors, pour prolonger cet instant de bonheur, on reprend tout depuis le début et on se ressert avec délice un grand bol d’air frais en suivant ce petit bonhomme de pêcheur et sa bigoudène de femme prête à toutes les folies pour retrouver l’amour de sa vie.

 

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Loubrun

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Retour au Kosovo

retour au kosovo couv.jpg1570_P9.jpgScénario : Gani Jakupi

Dessin : Jorge Gonzalez

Éditeur : Dupuis (Aire Libre)

115 pages

genre : chronique historique, carnet intime

 

 

 

 

« Partager cette histoire avec les autres me semble la meilleure manière de m’accorder l’oubli dont j’ai besoin »

 

 

 

Résumé (éditeur)

Il y a quinze ans, l’Europe était encore en guerre. À la fois proche et lointaine, la guerre civile du Kosovo a ravivé des doutes et des blessures qu’on croyait oubliés. Comment dire l’après, le déracinement, l’identité ?
Gani Jakupi, auteur, journaliste, compositeur, raconte les séparations et les douloureuses questions qui se posent quand les armes se taisent et que la vie doit reprendre ses droits. Jorge González, la révélation de « Chère Patagonie », met en images ce récit qui mêle l’Histoire et l’intime.

 

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La guerre au Kosovo. Qui, dans nos contrées douillettes et confortables, se souvient 15 ans après de ce conflit qui a eu lieu à la périphérie de l’Europe ? J’en ai un souvenir curieux puisque les négociations entre les indépendantistes Kosovars et les Serbes se sont déroulées à Rambouillet à 50 km de Paris, ville ou j’habitais à l’époque. Je me souviens donc de la ville sous haute sécurité, des Albanais qui manifestaient dans la rue, des rencontres de Serbes et d’Albanais dans les bistrots, des journalistes du monde entier errant dans la ville. Et je me souviens que ces « négociations » ont échouées et qu’elles ont menées aux bombardements de l’OTAN. On sait aujourd’hui avec 15 ans de recul, que cette conférence de Rambouillet ne fut qu’une mascarade dont le texte comportait des conditions qui ne pouvaient qu’être inacceptables par les Serbes, donnant ainsi un bon prétexte à l’OTAN pour les mettre pieds de manière durable dans les Balkans. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

Jakupi se souvient, lui aussi. A l’époque du conflit il vivait entre la France et l’Espagne tandis que toute sa famille était au Kosovo. Cette guerre civile a été courte et violente. Les bombardements de l’OTAN ont mis en déroute l’armée Serbe de Milosevic et un terme à leurs exactions. Gani Jakupi revient donc sur sa terre natale afin d’y réaliser un reportage pour un magazine, sans savoir si ses parents sont encore en vie. Finalement il les retrouvera, mais il découvrira une terre brûlée et apprendra l’assassinat d’une dizaine de membres de sa famille.

Se situant plus dans le registre du carnet de voyage ou du carnet intime que du documentaire et du reportage factuel, Jakupi nous livre avec retenue et pudeur ses émotions d’après conflit. Sans juger, il décrit simplement ce qu’il voit, les rencontres qu’il fait et les souvenirs qui refont surface. Quand on voit l’ampleur des dégâts matériels et psychologiques qu’a pu faire ce court conflit, on ne peut être qu’admiratif devant cette retenue.

 

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La mise en image de ce récit est faite par Jorge Gonzalez (chère Patagonie). Difficile de nier le talent de cet auteur Argentin, mais les différentes techniques très artistiques qu’il utilise ici sont assez perturbantes et cohabitent mal avec la bande dessinée. Si les émotions et les ressentis sont très bien exprimés par des grandes cases aux couleurs sombres ou vives, où traits et textures se fondent, se mélangent créant des ambiances très pesantes, le reste du récit est illustré dans un style simpliste, voire naïf, donnant une impression d’inachevé. Ce parti pris graphique est assumé mais il est osé pour une bande dessinée, au risque de ne ravir que les aficionados de ce style, et de l’auteur.

J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec ce dessin qui passe sans doute mieux en illustrations ou en peinture qu’en bande dessinée.

 

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D’un abord assez difficile d’un point de vue graphique et narratif, ce témoignage à le mérite de nous montrer toute l’absurdité de ces conflits ethniques dont l’origine remonte souvent à la nuit des temps. Origines que les victimes, pour la plupart, ignorent totalement. Il a le mérite aussi de nous montrer à quel point certaines  revendications nationalistes peuvent avoir des conséquences désastreuses.

 

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Loubrun

 

le blog de Jorge Gonzalez

 

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Hommes à la mer

hommes à la mer,riff reb's,soleil,noctambule,mer,maritime,écrivains,adaptation,littérature,aventure,910,112014hommes à la mer,riff reb's,soleil,noctambule,mer,maritime,écrivains,adaptation,littérature,aventure,910,112014Scénario et dessin : Riff Reb’s

Éditeur : Soleil (Noctambule)

118 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : récits maritimes, adaptation littéraire

 

 

Quand la mer nous prend ….

 

En 2009, Riff Reb’s inaugurait la collection Noctambule des éditions Soleil avec une superbe adaption d’un roman de Mac Orlan, A bord de l’étoile Matutine. Il renfila bottes et ciré en 2012 pour adapter Le loup des mers, d’après Jack London.

Grâce notamment à un dessin éblouissant, ces deux ouvrages furent Unanimement salués par la critique. Riff Reb’s s’est visiblement laissé séduire par le chant des sirènes et n’a donc pas raccroché les amarres en sortant un troisième opus consacré aux écrivains de mer. Avec Hommes à la mer, il conclut brillamment un triptyque où la mer et les hommes ne font qu’un.

N’ayant trouvé de texte long qui l’inspire autant que les deux précédents volumes, il a choisit de mettre en image huit nouvelles d’auteurs réputés pour leurs récits maritimes ou fantastiques. Ainsi se côtoient William Hope Hodgson, Edgar Allan Poe, Pierre Mac Orlan, Joseph Conrad, Marcel Schwob, Robert Louis Stevenson, adaptés ici de manière flamboyante , onirique et poétique.

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Continuant sur la lancée des deux premiers albums, Riff Reb’s conserve le style graphique qui a fait leur succès. Le trait précis semi réaliste d’un noir profond, se joue des contrastes avec les couleurs utilisées dans chaque histoire. Comme dans A bord de l’étoile Matutine où chaque chapitre était en bichromie, ici chaque histoire à sa couleur. Et là, on en prend plein les mirettes ! C’est un travail d’orfèvre où la palette de nuances dans les teintes utilisées semble infinie. La maitrise des ombres et des lumières est totale, et contribue à donner les ambiances angoissantes, poétiques, épiques, noires, des récits choisit.

Les embruns et la fureur des éléments traversent les pages. C’est spectaculaire et flamboyant.

 

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Comme s’il fallait que le lecteur reprenne son souffle entre chaque récit, ces derniers sont ponctués d’une illustration en pleine page illustrant un texte d’un grand auteur ayant écrit sur la mer. On y trouve entre autres Homère, Eugène Sue, Victor Hugo, Jules Verne, ou encore Jack London. A mi chemin entre l’illustration et la gravure, les planches en noir et blanc sont sublimes et ne sont pas sans rappeler de grands illustrateurs tel que Honoré Daumier ou Gustave Doré. Là encore, les jeux d’ombres et de lumière font de ces planches de véritables pépites.

 

Ce livre est magnifique et graphiquement encore un ton au dessus des deux précédents.

 

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Ma note 10/10

Loubrun

 

 

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BLACK LORD – tome 2 – Toxic warrior

black lord,toxic warrior,dorison,ponzio,glénat,piraterie,trafic,écologie,afrique,somalie,pollutionblack lord,toxic warrior,dorison,ponzio,glénat,piraterie,trafic,écologie,afrique,somalie,pollutionScénario : Guillaume Dorison et Xavier Dorison

Dessin : Jean-Michel Ponzio

Éditeur : Glénat

48 pages

date de sortie : octobre 2014

 

genre : aventure, chronique sociale.

 

 

La piraterie, une œuvre sociale ?

 

résumé (éditeur)

Maxime Stern prépare un plan d’abordage pour monter sur le bateau d’Hassan. C’est ici qu’est détenu Djad, le pêcheur somalien envers qui Max a une dette. Pour libérer son ami, le français a besoin du soutien de Churchill, ancien lieutenant d’Hassan. Pour le convaincre, il lui propose un marché : s’il l’aide, Max le débarrasse définitivement du pirate somalien qui, derrière ses atours de défenseur du peuple de Baravawee, cache des motivations beaucoup moins nobles…

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Deuxième tome de cette fiction réaliste âpre et violente. Les frères Dorison nous plongent dans les eaux troubles de la piraterie moderne où rien n’est simple. Ce second volume fait la part belle à l’action et aux révélations. Les masques tombent et la vraie nature des personnages se révèle. Ainsi, si Max est capable d’échafauder un plan d’attaque un peu tordu pour récupérer ses passagers, c’est qu’il n’a pas toujours été qu’un simple marin. Il accomplira son devoir de capitaine en récupérant coute que coute ses passagers, puis mettra ses talents au service de la cause des pêcheurs Somaliens. Quant à Churchill et Hassan, leur rupture est irréversible, tant leurs motivations sont divergentes.

Ajoutant une histoire de trafic de déchets toxiques à l’intrigue principale, les auteurs donnent une nouvelle dimension et un nouveau point de vue de ce système économique qu’est la piraterie sur les côtes Somaliennes. Si certains pêcheurs se sont transformés contraints et forcés en pirates pour pouvoir survivre, (voir le tome 1), une poignée de mercenaires met à profit cette situation pour s’enrichir encore davantage en traficotant avec des Européens peu scrupuleux et prêts à tout pour se débarrasser d’un tas de merdes toxiques dans les eaux africaines.

Des deux côtés, l’appât du gain rend définitivement con, et l’on peut comprendre alors certains agissement des pirates, qui y voient là une œuvre sociale. C’est le cas de Max, qui a radicalement changé depuis le début du tome 1, et se pose à présent en véritable héros. C’est le Black Lord.

 

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Ce tome ne manque pas de rythme, d’action, et ne lésine pas sur l’hémoglobine. La violence est presque omniprésente.

Le dessin hyper réaliste de Ponzio apporte du crédit à ce récit du quel il est difficile de faire la part entre réalité et fiction. Néanmoins, le regard sur la piraterie moderne est ici porté par une intrigue intéressante et bien menée, quoique parfois un peu confuse.

Au delà de l’aventure et de l’action, la lecture de ce diptyque invite aussi à réfléchir sur la façon qu’ont les pays du nord à considérer les pays du sud.

 

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Loubrun

 

Hedge fund – 2/3 – actifs toxiques

hedge fund, actifs toxiques,hénaff,roulot,sabbah, le lombard, troisième vague, finances, thriller, subprimes,banques,7/10,102014hedge fund, actifs toxiques,hénaff,roulot,sabbah, le lombard, troisième vague, finances, thriller, subprimes,banques,7/10,102014Scénario : Tristan Roulot et Philippe Sabbah

Dessin : Patrick Hénaff

Éditeur : Le lombard (Troisième vague)

56 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : thriller financier

 

 

 

Il faut prendre l’argent là ou il se trouve, c’est à dire chez les pauvres. Ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux

 

Après avoir fait ses premiers pas dans la haute finance à Hong Kong, Franck Carvale, l’ancien courtier en assurances, se voit propulsé à New York par son mentor, l’énigmatique Ergyu Bilkaer.

Son ascension est fulgurante. Le voilà aujourd’hui à la tête du fond d’investissement le plus performant de Wall Street. Il est célèbre, affreusement riche, convoité et sollicité par tous les médias et les plus grosses fortunes que compte le monde.

Sur les conseils de Bilkaer, il lance un nouveau produit financier qui lui promet d’incroyables retours sur investissement : les subprimes.

 

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Ce deuxième tome de ce thriller financier nous plonge en plein coeur de l’affaire des subprimes qui déclencha la crise financière que l’on connait.

Les rouages des mécanismes financiers sont excellemment mis en scène et inspirent au fil des pages un profond dégout pour cet univers totalement dépourvu d’humanité. A ce titre, le personnage de Franck Carvale est vraiment bien rendu. Si on pouvait avoir un brin d’empathie pour lui dans le premier tome, il est ici absolument infect et antipatique à souhait. Orgueilleux, égocentrique, arrogant, il n’a d’yeux plus que pour la finance et perd totalement le sens des réalités. La chute n’en sera que plus dure et brutale, et on envie de dire « bien fait pour lui ».

 

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Tout en restant distrayant et dans un rythme haletant, l’album est cependant très – voire trop – didactique nuisant au caractère thriller de la série. L’intrigue est un peu étouffée par ce cours d’économie, au demeurant passionnant pour qui s’intéresse un tant soit peu à l’actualité.

 

Pour ma part, j’ai été totalement absorbé par ces explications qui permettent aux non initiés de comprendre cette crise financière sans trop se prendre la tête.

La partie fiction du scénario reste crédible même si l’on y retrouve les ressorts assez classiques d’un bon thriller qui devrait reprendre le dessus sur le troisième et dernier tome.

 

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Ma note : 7/10

Loubrun

 

 

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Madame Linvingstone

madame livingstone,baruti,cassiau haurie,appollo,glénat,afrique,congo,guerre,première guerre mondiale,14-18,colonialisme,graf von götzen,810,102014madame livingstone,baruti,cassiau haurie,appollo,glénat,afrique,congo,guerre,première guerre mondiale,14-18,colonialisme,graf von götzen,810,102014Scénario : Christophe Cassiau-Haurie

Dessin : Barly Baruti

d’après un récit de Appollo

Editeur : Glénat

110 pages + 18 pages de bonus

date de sortie : juillet 2014

genre : guerre, aventure, Histoire

 

 

Résumé (éditeur)

En Afrique centrale durant la Première Guerre mondiale, l’aviateur Gaston Mercier, lieutenant de l’armée royale belge, est chargé de couler un cuirassé allemand sur le lac Tanganyika. Pour en découvrir la position exacte, on lui assigne un guide un peu particulier… Ce dernier, un métis énigmatique en kilt qui semble beaucoup plus instruit que les autres autochtones, prétend être le fils du célèbre explorateur David Livingstone. Petit à petit, alors que la guerre entre puissances coloniales belge et allemande fait rage au cœur du continent noir, le jeune pilote belge va essayer d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de cet homme qu’on appelle « Madame Livingstone ».

 

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Voici un album de plus qui vient enrichir la cohorte des ouvrages commémorant la première guerre mondiale. Mais point de tranchées boueuses ici. Christophe Cassiau-Haurie nous fait découvrir la guerre sous des couleurs inédites, celles de l’Afrique centrale et celles de la Belgique.

On a un peu trop tendance à focaliser cette guerre sur les champs de bataille de la Somme et de la Marne, n’opposant que Français et Allemands, et a oublier que les belligérants furent plus nombreux et qu’ils ont tous exporté le conflit dans leurs colonies respectives.

 

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Le fait historique évoqué ici ne sert finalement que de support aux auteurs pour présenter la rencontre de deux hommes que tout oppose et qui apprendront à se connaitre et se respecter au milieu d’une guerre qui n’est pas la leur. Ce lieutenant blanc qui considère son éclaireur noir comme son égal, lui parle et l’écoute, fait figure d’extra-terrestre dans ce contexte ou le racisme colonial était la norme. L’anticonformisme a son pendant côté africain avec cet éclaireur en kilt dont les origines énigmatiques forcent le respect des siens et inspirent moqueries des européens. Malgré cela, il combat loyalement et avec courage aux côtés des colonisateurs, sans haine ni esprit de vengeance à leur encontre.

Les auteurs font tomber quelques préjugés et saisissent  l’occasion de remettre quelques pendules à l’heure en rétablissant certaines vérités historiques sur l’engagement de la Belgique au Congo face aux allemands. Au lendemain de la guerre, et jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, quand on parlait des troupes belges on n’imaginait pas qu’elles étaient composées d’autant d’Africains que d’Européens.

 

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Cette aventure africaine est sublimement mise en image par Barly Baruti. Natif du Congo, il connait le sujet. Ses aquarelles oscillants entre ombres et lumières invitent à un exotisme des plus authentique. Le rendu de la grandeur et de la rudesse des paysages fait mouche à chaque fois tout comme l’authenticité des personnages qui animent cette histoire.

 

Voilà une œuvre originale où aventure, Histoire et humanisme font bon ménage et qui est à placer sur le haut de la pile des ouvrages consacrés à la Grande guerre.

 

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Ma note : 8/10

Loubrun

 

 

Deepwater prison T2 – le bloc

deepwater prison,le bloc; bec,raffaele,soleil,thriller,anticipation,prison,pétrole,catastrophe,monstres,mer,710,092014deepwater prison,le bloc; bec,raffaele,soleil,thriller,anticipation,prison,pétrole,catastrophe,monstres,mer,710,092014Scénario : Christophe Bec

Dessin : Stefano Raffaele

Éditeur : Soleil

48 pages

date de sortie : septembre 2014

genre : thriller, anticipation

 

 

 

Un groupe de prisonnier échafaude un plan pour se sortir de cet enfer carcéral ancré à 900 de fond. Leur ticket de sortie, c’est la représentante du gouvernement, Elaine Rosenberg, qui doit enquêter sur la catastrophe écologique provoquée par le naufrage de la plateforme pétrolière de la compagnie Prométheus Oil et récupérer des données informatiques de cette dernière. Cette plateforme a sombré tout près de la prison sous marine. Si l’enquêtrice est entré, il va bien falloir qu’elle sorte un jour.

Les prisonniers s’organisent pour mettre en place leur plan. Ils emploient les méthodes les plus sordides pour soudoyer les gardiens afin d’obtenir de précieuses informations.

Parallèlement, la compagnie pétrolière semble avoir des choses à cacher aux autorités et s’organise pour mettre des bâtons dans les roues de l’enquêtrice.

Tandis que tout semble être en place, des émeutes éclatent et de terrifiants prédateurs marins risquent de compliquer la tâche des uns et des autres.

 

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Un conseil, prenez une bonne bouffée d’oxygène avant d’entamer la lecture de ce deuxième tome. L’ambiance est de plus en plus oppressante et Christophe Bec nous tient en haleine de bout en bout en maintenant un suspense bien pesant. La pression continue de monter lentement mais sûrement mais c’est avec un léger sentiment de frustration que l’on referme l’album. Les informations sur la catastrophe ne sont distillées qu’avec parcimonie et on aurait aimé voir un début d’explosion de cette cocotte minute carcérale.

Néanmoins, la lecture n’est jamais ennuyeuse grâce à une intrigue fort bien menée et des personnages bien campés.

 

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Concernant le dessin, rien a ajouter à ce que j’avais dit sur le tome 1. Le style hyper réaliste de Raffaele donne lieu à des scènes magnifiques. Le côté un peu figé de ce style de dessin est ici atténué par un découpage serré – Raffaele n’est pas avare en nombre de cases par page – et des physionomies très expressives donnant un dynamisme évident à la mise en scène.

 

Un bon deuxième tome qui nous laisse un peu sur notre faim mais qui laisse présager d’une suite tonitruante.

 

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Ma note : 7/10

Loubrun

Un long silence – tome 1 – le pink flamingo

un long silence,le pink flamingo,stalner,xixème,états-unis,immigration,new york,ellis islandun long silence,le pink flamingo,stalner,xixème,états-unis,immigration,new york,ellis islandScénario et dessin : Eric Stalner

Editeur : Glénat (Graphica)

48 pages

date de sortie : octobre 2014

 

genre : aventure

 

 

 

A la fin du XIXème siècle et jusque dans les années 50, New York est la porte d’entrée des États-Unis pour des millions de migrants qui quittent la vieille Europe en quête d’une vie meilleure. Ellis Island est un passage obligé pour ces migrants. C’est là qu’il subissent l’inspection médicale dont le verdict dira s’ils sont aptes ou non à rentrer sur le territoire américain. Terrible et humiliante épreuve où les mieux portants et les plus malins obtiendront le sésame pour tenter leur chance sur cette nouvelle terre.

C’est le cas d’une jeune Irlandaise et de son jeune fils Will Campbell, qui, malgré les facéties de ce dernier se voient octroyer le droit de fouler le sol américain. La chance sera de courte durée. A peine débarqués, Will voit sa mère mourir dans un attentat. Traumatisé, il se mure dans un silence total qui lui vaudra d’être placé pendant 10 ans dans un établissement spécialisé pour sourd et muet.

Devenu adulte, il se met en quête de découvrir les circonstances de la mort de sa mère. Sa détermination et son mutisme deviendront ses meilleures armes pour affronter les milieux interlopes de New York. Les gens ne se méfient pas de ce « sourd », et parlent sans retenue en sa présence.

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Avec ce premier tome, Eric Stalner (le roman de malemort, Vito, la zone, ils étaient dix ….) entame là une fresque sociale avec comme toile de fond les grandes migrations et la révolution industrielle de la fin du XIX siècle. Sur un fond d’histoire assez classique – la recherche d’un meurtrier – Stalner y apporte cette pointe d’originalité qui permet de capter l’attention du lecteur. Un peu à la manière des super héros américains, le personnage principal transforme un traumatisme en arme lui permettant d’être plus fort. C’est plutôt bien vu, même si les lecteurs de comics auront une sensation de déjà vu.

 

Les bases du récit et les personnages sont bien posés pour inviter le lecteur à poursuivre l’aventure dans les tomes à suivre. Le récit gagne en densité au fil des pages et la narration en voix off du personnage principal permet d’installer une intensité dramatique qu’il aurait été difficile de retranscrire par le seul dessin.

 

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Côté dessins, Eric Stalner est pour moi un des meilleurs dessinateurs réalistes. En intérieur ou en extérieur, et quelles que soient les époques, il réussit toujours à mettre en place des ambiances au rendu parfait grâce à son trait précis et détaillé. Les expressions des visages, les décors, les mises en scènes, rien n’est négligé, tout est maitrisé. Les planches sont riches, dynamiques et très expressives.

 

Ce premier volume de Un long silence est une très bonne entrée en matière et laisse augurer de bons présages pour la suite.

 

Ma note : 8/10

Loubrun

 

 

Un grand Bourgogne oublié

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Dessin : Boris Guilloteau

Editeur : Bamboo – Grand angle

108 pages

date de sortie : septembre 2014

genre : fiction, enquête,

 

 

Propriétaire d’un domaine, Manu a une obsession, comme son père avant lui : faire un grand vin. C’est pour ça qu’il loue la parcelle du clos de la Molle Pierre, convaincu qu’un grand terroir a été oublié sur cette hauteur de Cruzille, dans le Mâconnais. Aujourd’hui, le rêve de Manu prend forme, le clos est à vendre.
C’est alors qu’un ami de Manu trouve un lot de bouteilles anciennes sans étiquette, hormis une belle inconnue née en 1959. À la dégustation, l’émotion de Manu est énorme. C’est le plus grand vin qu’il ait jamais bu. Manu a une évidence qui vire à l’obsession : il doit retrouver ce qu’était cette bouteille !
C’est avec les pieds de vigne qui ont permis ce prodige qu’il veut replanter la Molle Pierre, en l’honneur de son père disparu. Commence alors plus qu’une enquête, une quête vitale…

 

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Les lobby viticoles ne seraient-ils pas en train d’orchestrer une OPA sur le monde de la BD ? Après la série manga fleuve les Gouttes de Dieu, l’album initiatique de Davodeau (les ignorants), ou encore la saga familiale de Corbeyran (Château Bordeaux), voici une nouvelle histoire se déroulant entre caves et cépages. Cap est mis cette fois sur la Bourgogne et ses grands crus aux noms aussi évocateurs que séduisants. Bienvenue donc sur les terres et dans les caves des plus grandes appellations de la côte de Nuits, côte de Beaune et Mâconnais.

Hervé Richez et Manu Guillot lèvent le voile sur les coulisses de l’univers des vignerons mais aussi sur l’univers des collectionneurs de grands crus et de grands millésimes.

 

Cette histoire se lit comme une enquête policière. Sans succomber au style très tendance du reportage BD, les auteurs n’en oublient pas pour autant de nous livrer forces détails et informations sur les vins et leurs terroirs. Le côté assez technique et parfois mystique des séances de dégustation est atténué par une mise scène très imagée. Les bouquets d’arômes qui s’échappent des bouteilles sont joliment représentés par des volutes de fruits et fleurs submergeant d’un coup les pages. Les fragrances deviennent palpables faisant disparaitre les décors, et chamboulant les mises en pages… Impossible pour le lecteur de ne pas saisir l’importance que revêtent ces séances qui, ici, ne tournent jamais au cérémonial.

 

 

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Car même si l’on touche du doigt des millésimes dont les prix atteignent des sommets, l’ambiance est a la simplicité. On sent les personnages plus proches de la terre, de son histoire que des salons mondains ou des salles de vente.

Outre les noms des vins et des lieux, les noms des personnages sont réels conférant à cette fiction une base des plus crédible. D’ailleurs, Manu, le héros de cette enquête, n’est autre qu’Emmanuel Guillot, co-scénariste et propriétaire d’un domaine viticole dans le Mâconnais.

Cette histoire se lit avec délice et on se laisse absorber par cette quête de la bouteille fantôme comme un gosse dans une chasse au trésor.

 

Le traitement graphique monochrome dans les tons gris n’est pas sans rappeler les ignorants de Davodeau. Je ne saurai dire si c’est voulu mais à mon avis il est délicat de renvoyer dos à dos ces deux albums. Sous deux angles différents ils explorent tous deux avec beaucoup de talent, l’univers du vin. Quand l’un l’explique, l’autre en raconte l’histoire.

En tout cas, avec Un grand Bourgogne oublié, nous avons un grand album instructif et divertissant.

Un seul regret : qu’il n’y ait pas quelques échantillons livrés avec l’album !

 

Ma note : 8,5/10

Loubrun

 

Sam speed – tome 4 – poule position

sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014Scénario : Eric Maltaite et Stéphane Colman

Dessin : Batem

Éditeur : Hugo BD

48 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : humour motard

 

 

 « Ratomoto, le seul journal des tarmos »

 

Sam speed fait partie de la rédaction du magazine moto Ratomoto. Entouré de quelques personnages haut en couleur, il y est journaliste et essayeur. Le boulot de rêve de tout passionné de moto. Être payé pour sillonner les routes au guidon des dernières nouveautés ! Le pied !

 

Tous les motards amateurs de BD ne jurent que par le Joe Bar Team. C’est donc très difficile de rivaliser avec cette série devenue culte (mais a y regarder de près, tout les JBT ne sont pas si bon que ça). Pourtant, Sam Speed sans être un chef d’œuvre, n’a pas à rougir de la comparaison. Bien qu’ils soient pour la plupart éculés, les gags fonctionnent et s’ils ne font pas rire aux éclats, ils arracheront tout au moins un sourire. Sur 32 pages de gags où caricatures et exagérations sont de mise, on apprécie la précision du trait de Batem qui permet – aux connaisseurs – d’identifier à coup sûr toutes les motos représentées.

 

« Évidemment que ça passe à fond à la ferme blanche… Vous me faites pitié, les dinosaures ! »

 

L’album se termine par un « petit guide des tarmos » présentant les différentes espèces de motard avec une bonne dose d’autodérision : le sportif et ses dents de requin prêtes à rayer l’asphalte ; le routard et sa vieille BM qui pisse de l’huile ; le biker au gros bide et tatouages flétris, qui ne sait même pas qu’il roule sur un tas de ferraille américain fabriqué en Inde ; le néo-rétro-vintage, espèce de bobo en voie d’apparition qui a maintenant les moyens de se payer des jouets grandeur nature.

Et puis, sur un ton toujours humoristique, nous avons droit à un petit panel des courses de motos mythiques : le Tourist Trophy** de l’île de Man, la course la plus dingue de tous les temps – et la plus meurtrière aussi – ; le bol d’or ; le Paris Dakar et les Motos GP…

Bref, sans être révolutionnaire, Sam Speed tient plutôt bien la route et peut côtoyer sans rougir les JBT et la série Même pas peur de Satô.

 

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

** Venez vous faire une petite frayeur pour voir à quoi ressemble le Tourist Trophy  :


 

 

 

 

 

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