Avis de tempête sur Cordouan

cov.jpg3.jpgSérie : Séraphin Cantarel

Scénario : Corbeyran

Dessin : Michel Suro

Editeur : Delcourt

Collection Machination

56 pages – cartonné

Polar historico-patrimonial

 

Présentation de l’éditeur :

Février 1975. Séraphin Cantarel, conservateur en chef des Monuments nationaux, se rend au chevet du plus ancien phare français encore en activité, Cordouan, situé à l’embouchure de la Gironde. Alors qu’il débute l’évaluation des travaux que va nécessiter ce joyau architectural, l’annonce de la mort du fils de l’un des gardiens dans d’étranges circonstances attise sa curiosité. Il décide alors de tout mettre en oeuvre pour résoudre cette énigme…

2.jpg

Mon avis :

Adaptation d’un roman patrimonial de Jean-Pierre Alaux publié en 2011 dans la collection Grands Détectives (10/18), le scénario de Corbeyran arrive à doser un juste équilibre entre enquête policière, détails anecdotiques et informations historiques. Le phare de Cordouan, “Versailles des mers” devient alors un véritable protagoniste d’une histoire menée à un rythme très rapide. L’action se déroule avant l’électrification du phare et son automatisation, d’où la présence de quatre gardiens et cette ambiance particulière de huis-clos en milieu marin.

4.jpg

L’album séduit par les magnifiques vues du phares dessinées par Michel Suro.

C’est incontestablement ses belles cases qui mettent bien en valeur l’étrangeté et la sauvagerie du lieu qui séduiront le lecteur au delà de l’aspect didactique et d’une enquête policière à la trame des plus classiques.

5.jpg

Une deuxième aventure de Séraphin Cantarel est déjà annoncée :

Saint Michel, priez pour eux!

 

   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Delcourt : ICI

 

Skippy.

Winter road

cov (2).jpglem2.jpgScénario et dessin : Jeff Lemire

Editeur : Futuropolis

280 pages – cartonné

Sortie : 15 septembre 2016

Roman graphique

 

L’auteur :

Lemire est né en 1979 à Essex County au Canada. Il vit à Toronto. Sa langue maternelle est l’anglais. Il a grandi dans une petite ferme de l’Ontario. Il débute sa carrière de dessinateur en 2003 en autoéditant quelques comics. Il se fait remarquer en 2007 avec Essex County, fresque familiale et chant d’amour pour son territoire de naissance. Il partage maintenant son œuvre entre travaux intimistes et séries fantastiques. Il a pu s’imposer d’albums en albums parmi les signatures les plus importantes de la scène alternative et les auteurs les plus doués de comics anglophones.

4.jpg

 

L’histoire :n cours

Pimitamon, petite ville canadienne au nord de l’Ontario.

Derek, ancien joueur de hockey sur glace, vit là entre dépression, alcoolisme et bagarres.

Sa vie s’est brisée quelques années auparavant quand un brutal incident l’a contraint à arrêter net sa carrière. Pour gagner sa vie, il a repris le restaurant de sa mère, décédée.

Il n’attend plus rien des jours qui passent jusqu’à ce que sa sœur lui revienne, fuyant la violence conjugale, la drogue et la vie de misère dans les rues de Toronto.

Ensemble, pour échapper à la spirale infernale de l’ennui et de la pauvreté, ils partent vivre en forêt, renouant avec leurs origines indiennes, et se débattant encore contre de farouches démons…

5.jpg

Mon avis :

Jeff Lemire met ici son talent de scénariste et de dessinateur au service d’un one shot, récit à la fois intimiste et crépusculaire, portrait réaliste de paumés du Nord-Canada qui peinent à trouver une place dans la société et à s’adapter à la complexité du monde contemporain. Reprenant la veine du roman graphique introspectif, il nous livre un travail au graphisme abrupt qui sublime un récit tout en nuances, il reprend ses thèmes de prédilection : la violence familiale, la soif de revanche, le mal-être identitaire et la possibilité de rédemption.

lem1.jpg

La lente construction narrative, les regards des protagonistes et les rares paroles qu’ils échangent génèrent une atmosphère lourde de tension. A la lecture, on sent monter ce paroxysme qui ne peut que déboucher que sur de la violence incontrôlée. Les grandes et larges cases, à la froideur bleutée ou aux couleurs de la mémoire des faits passés, provoquent une sensation d’immersion dans un univers quasi-cinématographique. On tourne les pages, crispé par la rudesse des visages, mais parfois transporté dans un climat de contemplation à la limite de l’onirisme. Autant dire que l’effet sur le lecteur est d’une puissance rarement atteinte et que la notion de roman graphique prend, avec cette évocation parfois saisissante de réalisme, tout son sens.

lem3.jpg

Anecdote :

Les lecteurs européens francophones sont privilégiés. Dès demain, grâces soit rendues à l’éditeur Futuropolis, ils pourront se procurer et lire Winter road alors que le titre original anglais, Roughneck, ne sera publié qu’en avril 2017 par Simon & Schuster (G13) au Canada pour inaugurer une nouvelle collection.

3.jpg

 

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Dessin

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Scénario

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.

Les aventures de Scott Leblanc

les aventures de scott leblanc,tome 4,echec au roi des belges,casterman,24 août 2016,espionnage,ligne claireles aventures de scott leblanc,tome 4,echec au roi des belges,casterman,24 août 2016,espionnage,ligne claireTome 4 : Echec au Roi des Belges

Scénario : Philippe Geluck

Dessin : Christophe Devig

Editeur : Casterman

48 pages – cartonné

Thriller vintage au suspense insoutenable

 

Présentation de l’éditeur :

Libérez le roi des Belges !

Scott Leblanc est ravi : il vient de décrocher une interview du roi Baudouin. En route pour Bruxelles !

Mais sa chance est aussi une aubaine pour un groupe terroriste. Après avoir assommé Scott, l’un de ces ignobles individus prend la place du célèbre reporter animalier pour approcher le souverain et le neutraliser.

Le plan diabolique des bandits peut désormais s’enclencher : le sosie qui se fait passer pour le roi des Belges va pénétrer le quartier général de l’OTAN et dérober toutes les informations essentielles à la sécurité européenne !

Heureusement, le professeur Moleskine veille au grain et n’abandonnera pas le jeune Leblanc.

e2.jpg

Mon avis :

Dès l’ouverture de l’album, avec la petite étiquette « ce livre appartient à », le lecteur se retrouve plongé dans l’univers graphique de la ligne claire, tendance Ecole de Bruxelles (Hergé – Jacobs – Martin). Cette quatrième aventure de Scott Leblanc, toujours aussi niais dans ses attitudes et réflexions, voit le héros s’effacer de nouveau au profit de l’improbable duo constitué de sa mère et du professeur Moleskine. Avec cette fois un allié aussi audacieux qu’inattendu, le Roi des Belges en personne, Baudouin Ier. On retrouve ici la verve excentrique de Geluck alliée au trait limpide de Devig pour une aventure belgo-belge à forte teneur bruxelloise. Autant dire que les amateurs de BD classique seront comblés.

e3.jpg

Rebondissements en cascades et en séries, répliques fantaisistes, désuétude assumée, situations invraisemblables, logique absurde, animaux sacrifiés, évolution narrative imprévisible, tout cela entraîne le lecteur dans un récit d’espionnage sans temps morts, rythmé pourtant par des bandeaux de textes d’une longueur parfois consternante.

Cet album-hommage à un âge d’or révolu devrait ravir les nostalgiques et piquer la curiosité des plus jeunes.

e4.jpg

 

   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

Le crépuscule des idiots

Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable Scénario et dessin : Jean-Paul Krassinsky

Editeur : Casterman

296 pages – cartonné

Parution : 31 août 2016

Fable satirico-religieuse aux accents nietzschéens

 

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’une capsule spatiale s’écrase sur les monts gelés de Jigokudani, avec à son bord un singe rhésus, les macaques du clan de Taro réalisent immédiatement que ce visiteur venu de l’espace est d’une essence supérieure à la leur. Le singe astronaute, lui, comprend vite que pour ces idiots, il est l’Élu ! Secondé par Nitchii, un jeune singe persuadé d’avoir à accomplir un destin hors du commun, l’apprenti prophète ne tarde pas à profiter de la situation : grâce à ses prêches enflammés, le culte de Diou compte chaque jour plus de dévots parmi le petit peuple des singes… Mais son influence ne va pas plaire à Taro, l’impitoyable chef du clan. Car la religion, c’est aussi le pouvoir… Et le pouvoir, ça ne se partage pas !

Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable

Mon avis :

Tout d’abord, reconnaissons à Jean-Paul Krassinsky une sacrée audace scénaristique alliée à une maîtrise (quasi)divine du graphisme. Sur près de 300 pages, son récit tente de répondre à la question essentielle et existentielle, Diou existe-t-il ?, que se pose des singes qui nous apparaissent comme presque (trop) humains.

Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable

Sur un ton autant caustique qu’inspiré, son histoire recycle avec une ironie subtile tous les travers des religions : perversions politiques, manipulations miraculeuses, organisation de la servitude librement consentie, abus de pouvoir, de sexe et de violences, rien n’échappe à l’œil inquisiteur d’un auteur qui semble planer en apesanteur sur son monde imaginaire, métaphore d’une humanité en proie à ses (vieux) démons.

Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable

Le caractère universel et prophétique de ce pamphlet iconoclaste, rare moment de philosophie engagée en bande-dessinée et d’impertinence contrôlée, est admirablement présenté dans un écrin d’aquarelles qui s’imposent comme de véritables odes à la nature et qui invitent parfois à la méditation contemplative. Une forme épurée favorise ici une fluidité de la lecture, un découpage très étudié en courts chapitres tonifie le côté romanesque de la narration, le tout invite à la réflexion philosophique.

Le crépuscule des idiots, Krassinsky, Casterman, 31 août 2016, roman graphique, fable

Anecdote :

Le temps de gestation de l’œuvre fut long. Les premières recherches de scénarios débutèrent en 2008. Ces deux dernières années furent nécessaires au dessin. Années qui connurent les attentats de Charlie, du Bataclan et de Bruxelles. Autant de moments qui interpellèrent l’auteur et balisèrent son travail. Pendant quelques jours, il suspendit sa plume et ses pinceaux, surpris par l’impression bizarre, voire inquiétante, générée par la résonance de son travail avec les événements dramatiques de l’actualité.

 

le crépuscule des idiots,krassinsky,casterman,31 août 2016,roman graphique,fable

Cette chronique a été rédigée le lendemain d’une rencontre avec Jean-Paul Krassinsky , organisée par l’éditeur Casterman, à la Fête de la BD de Bruxelles, le dimanche 04 septembre 2016. Nous avons pu, Samba, Coq de Combat et moi, discuter avec l’auteur et parler de son travail pendant 50 minutes. Nous le remercions vivement pour son humour et sa sympathie. Il nous a ravi par sa rigueur et  sa vision décomplexée du sujet abordé dans l’album.

 

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Dessin

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Scénario

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

Iroquois

cov (2).jpgi1.jpgAuteur : Patrick Prugne

Editeur : Daniel Maghen

104 pages – cartonné

Sortie : 25 août 2016

Aventures historiques

 

 

Avant-propos :

En 1608, Québec n’est qu’un nom griffonné sur une vague carte d ‘Amérique du Nord, une grande bâtisse fortifiée construite sur les rives du Saint Laurent où une quarantaine d’âmes s’apprêtent à passer leur premier hiver. La France d’Henri IV se soucie peu de ces arpents de neiges habités par une poignée de sauvages. Plus préoccupée par les richesses que lui procurent la pêche à la baleine et la traite des fourrures, elle n’envisage nullement l’installation d’une colonie.

Samuel de Champlain, fondateur de Québec, n’aura alors de cesse de défendre « son » Canada. Il saura imposer un climat de paix et de confiance entre nations amérindiennes (Hurons, Alguonquins, Montagnais) et Français. De ces relations naîtra un commerce florissant. Peaux de castors et de loutres s’échangent à bas prix contre marmites, haches, clou et autres divers objets en fer. Ce juteux commerce ne dure qu’un temps…

Les raids meurtriers incessants que mènent les Iroquois dans la vallée du Saint Laurent contre les convois de pelleterie hurons ou algonquins exaspèrent très vite la petite communauté française.

Soucieux de consolider l’alliance faite avec ses alliés amérindiens, Champlain prend le sentier de la guerre à leurs côtés et part pour l’Iroquoisie. C’est dans ce contexte que se situe l’histoire qui suit. Le long de la Rivière des Iroquois, sur le lac Champlain, un mois de juillet 1609 en Nouvelle France.

i2.jpg

Présentation :

Grands espaces, guerres indiennes et personnages inoubliables sur fond de vérité historique.

i3.jpg

Samuel Champlain, envoyé du roi de France, est chargé de pacifier les rives du Saint Laurent pour y développer le commerce des peaux avec les différentes tribus, régulièrement menacées par les raids iroquois. Aidé d’une quarantaine d’hommes et de ses alliés hurons et montagnais, il s’enfonce en Iroquoisie, guidé par « Le Basque », un trafiquant assoiffé de vengeance qui connaît ces contrées comme personne. En plus de son alliance avec les tribus hurons et algonquines, Champlain dispose d’un atout en la personne d’une otage, « Petite Loutre », fille d’un chef iroquois qui lui servira peut-être de monnaie d’échange …

i4.jpg

Mon avis :

Après Pawnee, Frenchman et Canoë Bay , Patrick Prugne continue à explorer les grands espaces nord-américains. Dans ce récit d’aventures, il met sa virtuosité graphique au service d’un scénario linéaire et classique à l’issue dramatique. La narration alterne point de vue objectif et perception subjective : c’est au travers de la vision de « Petite Loutre » que le lecteur est parfois invité à suivre le cours des événements. Un souffle épique souffle sur cette histoire que de superbes aquarelles mettent en valeur. Elles conviennent parfaitement aux longs et lents silences traduits par des illustrations en grandes cases, pleines ou doubles pages.

i5.jpg

Le souci de précision historique de l’auteur est poussé très loin, en témoigne son cahier d’illustrations d’une douzaine de pages en fin d’album.

 

 

a08-3e78906.gif     Dessin

a07-3e78901.gif Scénario

a08-3e78906.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Daniel Maghen : ICI

 

Skippy.

Andersen, Les ombres d’un conteur

cov.jpga1.jpgScénario et dessin  : Nathalie Ferlut

Editeur : Casterman

128 pages – cartonné

Parution : 31 août 2016

« Biopic » – roman graphique

 

 

Présentation :

Dans les contes, quand un paysan trouve une pièce d’or, il change sa vie avec ! Imaginez un peu ce que serait ton aventure à toi ! Ton conte, ta belle histoire : Tu pourrais être si grand ! Eventyr ! Eventyr !

a2.jpg

Mon avis :

De manière très habile, le scénario nous dévoile les secrets de la vie de l’auteur emblématique de la littérature danoise au XIXème siècle. De la misérable existence d’un enfant confiné à la campagne, en passant par une éducation et une scolarité difficiles, d’apprentissages littéraires aux déboires amoureux, de l’homosexualité (refoulée ?) à la peur de la folie, de la vie mondaine à l’élaboration d’une œuvre au succès inégalé, c’est toute les parts d’ombres d’Andersen qui font la richesse de ce récit biographique. Analysant ses personnages, explorant ses écrits, réactivant ses découpages, Nathalie Ferlut nous livre un récit nuancé et touchant sur celui qui reste un enchanteur de l’enfance. La petite sirène, La petite marchande d’allumettes, Le petit soldat de plomb ou encore La reine des neiges, toutes ses histoires nous les connaissons et nous les (re)découvrons encore aujourd’hui.

a3.jpg

Au niveau graphique, Nathalie Ferlut a déjà prouvé sa maîtrise de différentes techniques et son audace stylistique.  Elle peut passer avec aisance du réalisme à un trait plus brouillon, en choisissant la forme qui correspond le mieux à son propos. Elle alterne le raffinement expressif et l’illustration plus simple des formes monochromes noires, parfois rouges.  Ses couleurs et textures donnent une matérialité picturale à ses cases aux bords finement déchirés. Son utilisation des figures découpées d’Andersen émaille toutes les planches. De l’ensemble de l’album, se dégage une sensation de virtuosité qui imprègne la lecture. Du grand art !

a5.jpg

 

a08-3e78906.gif     Dessin

a08-3e78906.gif     Scénario

a08-3e78906.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

 

 

Exarcheia, L’orange amère

cov.jpgex 1.jpgRécit de Nicolas Wouters
et Dimitrios Mastoros

Dessin de Dimitrios Mastoros

Editeur : Futuropolis

200 pages – cartonné

Parution : 25 août 2016

Roman (auto) (bio) graphique social

 

Présentation :

Exarcheia est un bastion anarchiste au cœur d’Athènes. Un quartier touché de plein fouet par la crise économique. S’y croisent tous ceux que la Grèce étouffe dans ses tentatives désespérées de surmonter une situation économique de plus en plus inquiétante.

ex2.jpg

On y entre comme dans une forteresse, attiré par une odeur de brûlé et de fête.
Pas d’églises, pas de banques.
Le quartier historique d’Exarcheia dérive au milieu de la mer de béton athénienne, chahuté par ses courants révolutionnaires.
Dans des artères trop étroites, ses habitants rient et se perdent, se faufilent en eaux troubles tels des poissons de nuit…

exarcheia,l'orange amère,wouters,mastoros,futuropolis,25 août 016,roman graphique

 

Mon avis :

Fruit de la collaboration entre Dimitrios Mastoros et le scénariste belge Nicolas Wouters, L’orange amère s’inspire des souvenirs de l’adolescence grecque du dessinateur. Le récit montre le désarroi d’une génération en proie à une crise économique et sociale de grande ampleur. 

ex3.jpg

Avec le personnage de Nikos de retour dans son quartier d’enfance, c’est une tranche de vie âpre et difficile que le lecteur est invité à suivre. Les déboires du jeune homme qui va rapidement réaliser que si l’engagement semble de prime abord excitant, il se révèle très vite épuisant. Progressivement, au fil des rencontres et des confrontations, il va perdre sa naïveté et son idéalisme. Des images aux tonalités sombres, des gris, des noirs, quelques rouges, parfois à la limite de l’abstraction, nous montrent ce long cheminement vers le malaise et l’amertume.

exarcheia,l'orange amère,wouters,mastoros,futuropolis,25 août 016,roman graphique

   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.

 

Evil Empire

cov.jpg1.jpgTome 02 : La désunion fait la force

Scénario : Max Bemis

Dessin : Andrea Mutti, Joe Eisma

Editeur : Glénat Comics

128 pages – cartonné

Parution 06 juillet 2016

Thriller d’anticipation – fable politique

Présentation :

Aujourd’hui, la campagne électorale américaine.
Demain, un empire du mal en proie au chaos.

L’opinion publique américaine est sens dessus dessous. Des suites d’un simple événement, le pays se retrouve déchiré dans un débat sur le sens du bien et du mal, et Reese Greenwood ne compte pas se taire face à ce peuple qui soutient les idées d’un homme fou. Mais jusqu’à quel point les gens sont-ils capables de prendre position pour ce qu’ils croient ?

evil empire,tome 2,la désunion fait la force,bemis,mutti,eisma,glénat comics,06 juillet 2016,thriller,anticipationevil empire,tome 2,la désunion fait la force,bemis,mutti,eisma,glénat comics,06 juillet 2016,thriller,anticipation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce deuxième tome fait suite à Nous, le peuple ! (chapitres 1 à 4) qu’il est nécessaire d’avoir lu sous peine de confusion. Il contient les chapitres 5 à 8, parus en 2014, tous scénarisés par le leader du groupe de rock Say Anything, Max Bemis avec Joe Esima et Andre Mutti au dessin. Avec le portrait de George Washington retouché par une fine moustache hitlérienne, le ton provocant est donné dès la couverture.

003.jpg

Sans pour autant sombrer dans le malsain et le sadique gratuits, cette fable, dystopie politiquement incorrecte, dans laquelle la liberté totale de chaque individu peut déboucher sur la pire des violences nous montre une société américaine débarrassée de toute moralité. L’histoire progresse en suivant deux personnages principaux : Sam Duggins, devenu président et Reese Greenwood, la rappeuse underground. Une ligne de résistance s’ébauche lentement et un affrontement paraît inévitable. Ce volume continue à apporter son lot de surprises et de retournements de situation, de perversions sexuelles, d’orgies meurtrières, de crimes gratuits et de violence insensée. L’effet de surprise étant passé, cet opus m’a cependant paru plus prévisible.

004.jpg

La terrifiante série Evil Empire se terminera dans un troisième et dernier volume (le chapitre final, le 12, est sorti il y a un an aux USA). D’ici la parution en français, nous aurons le résultat des élections américaines et nous saurons jusqu’à quel point cette vision apocalyptique du futur résonne dans la réalité.  

 

   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Glénat : ICI

 

Skippy.

L’ordre d’Avalon

1.jpg003.jpgScénario : Izu

Dessin : Morgil

Editeurs : Glénat, Editions du Patrimoine, Centre des Monuments nationaux

Collection : Seinen

144 pages – broché

Parution : 06 juillet 2016

Thriller touristique soft

 

 

Présentation :

Juin 2016 au Mont-Saint-Michel, le corps du célèbre archéologue Ryo Tachibana est retrouvé, une balle dans le coeur et un médaillon celtique dans la poche. Face à une gendarmerie dans l’impasse, l’historien Nicolas Quintin et la gendarme Clotilde Dumont mènent leur propre enquête. Une enquête qui les conduit sur la piste d’une étrange société secrète qui œuvre pour la résurrection du roi Arthur : l’ordre d’Avalon…

001.jpg

 

Partant d’une simple histoire de meurtre, L’ordre d’Avalon plonge le lecteur dans une aventure où se mêlent les mythes arthuriens, l’histoire des prisonniers du Mont-Saint-Michel et des problématiques écologiques !

 

 

Mon avis :

Après une enquête sur fond de légende avec Mont tombe – La dernière légende du Mont-Saint-Michel, Izu remet le couvert avec L’ordre d’Avalon. Mêmes personnages principaux et même trame narrative. Le scénario, très convenu, arrive à bien gérer quelques scènes d’action très bien synchronisées. L’intrigue fait surtout la part belle aux aspects historiques et légendaires qui nimbent Le Mont-Saint-Michel de mystères.

002.jpg

Les dessins des décors sont souvent réalisés à partir de photos et restent très agréables à regarder. Les références sont d’ailleurs citées en fin d’album. Un petit dossier informatif clôture l’ensemble. Avec près de deux millions et demi de visiteurs chaque année, le Mont-Saint-Michel est un site touristique de premier plan et ce manga à la française devrait toucher un large public fasciné par la magie du lieu.

 

  Dessin

  Scénario

  Moyenne

 

Le site internet des Editions Glénat : ICI

Le site internet des Editions du Patrimoine : ICI

Skippy.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑