Jean de Florette

cov.jpg2.jpgL’eau des collines Tome 1/2

D’après l’oeuvre de Marcel Pagnol
Scénario : Serge Scotto et eric Stoffel
Dessin : Alexandre Tefenkgi
Editeur :
Bamboo
Collection : Grand Angle
Sortie : 04 octobre 2017
Drame

« Un paysan peut devenir bossu, mais un bossu ne devient pas paysan »

Pour se lancer dans la culture des œillets, le Papet et son neveu Ugolin ont besoin d’espace et surtout d’une source : un vrai trésor dans la chaude Provence. Dans l’espoir d’acquérir à bas prix le terrain de leur voisin Pique-Bouffigue, Ugolin et le Papet profitent de la mort du vieux pour boucher la source et dévaloriser le lieu. La ferme semble disponible, mais l’héritier de la propriété arrive un jour avec sa femme et sa fille Manon. Il s’appelle Jean de Florette, il est bossu, vient « de la ville » et semble décidé à faire prospérer sa terre. Mais le Papet et ugolin sont prêts à tout pour faire échouer son projet. 

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Jean de Florette est la première partie de L’eau des collines, le diptyque romanesque de Marcel Pagnol, surtout connu pour son adaptation au cinéma par Claude Berri en 1986 avec un extraordinaire trio d’acteurs (Gérard Depardieu, Daniel Auteuil et Yves Montand). Le défi scénaristique était de taille, il fallait restituer fidèlement l’ambiance et les péripéties de ce long roman tout en respectant le style de l’auteur. On peut dire que le duo Scotto/Stoffel a réalisé ici un excellent travail : de nombreuses scènes et détails qui n’apparaissaient pas dans les films sont mises en cases et en planches, ce qui fait que cette version est beaucoup plus respectueuse du texte original de Pagnol. Le dessin de Tefenkgi, simple, plus brut et anguleux, manque de détails dans les décors. C’est du moins l’impression que j’ai éprouvée en comparant celle-ci aux autres adaptations publiées dans la même collection. Quoi qu’il en soit, le plaisir de la lecture est toujours au rendez-vous et donne envie de retourner au texte ou à l’œuvre filmée originale.

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Skippy

Les chemins de Compostelle

1.jpg2.jpgTome 4 – Le vampire de Bretagne

Scénario et dessin : Servais

Editeur : Dupuis

80 pages – cartonné

Parution : 13 octobre 2017

Thriller ésotérique – aventures

Présentation :

Des flèches de Notre-Dame aux souterrains de Doué-la-Fontaine, en passant par la cathédrale de Chartres et le château de Gilles de Rais, c’est le premier circuit d’un mystère sanglant qui se boucle dans ce quatrième volume.

Quand le passé se fait obstacle à l’avenir, il faut l’innocence de l’amour pour continuer d’avancer sans se retourner.

Et si le Vampire de Bretagne n’était pas celui qu’on croyait ?

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Mon avis :

Plusieurs pistes narratives sont entremêlées dans cette série : celle du thriller policier, celle du pèlerinage vers Saint Jacques et celle de l’exploration symbolique de monuments et de lieux chargés d’histoire.

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Le scénario se déploie avec une lenteur calculée pour offrir au lecteur une passionnante et détaillée vision de plusieurs régions de France. Il y a bien évidemment un petit côté guide touristique et ésotérique dans ce récit, un désir de partager une sensibilité patrimoniale, mais il faut l’accepter et jouer le jeu pour jouir pleinement du plaisir de la lecture. L’aspect littéraire n’est pas négligé, ce qui permet de (re)découvrir au passage un roman historique de Michel Tournier, « Gilles et Jeanne ».  

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Le dessin de Servais, toujours aussi plaisant que charmant, est particulièrement bien servi par les magnifiques couleurs de Guy Raives.

Un bel album « classique »!

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Skippy

Le premier homme

cov.jpg2.jpgD’après le roman d’Albert Camus

Auteur : Jacques Ferrandez

Éditeur : Gallimard Bande Dessinée

184 pages – cartonné

Parution : 21 septembre 2017

Adaptation littéraire

 

Présentation

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l’oeuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce qui serait son récit de l’enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. A la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle des femmes, celui de l’école, la découverte du monde extérieur… En filigrane, on découvre les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement.

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Mon avis :

Retrouvé dans la carcasse d’une tristement « célèbre » Facel-Vega, après un accident qui a coûté la vie à l’auteur, ce texte a été d’abord retranscrit par son épouse. Publié en 1994 par sa fille, soit 34 ans après la mort d’Albert Camus, Le premier homme reste pourtant un manuscrit inachevé qui aurait dû inaugurer une trilogie, une grande épopée sur les Français en Algérie. Le côté fragmentaire de cette fiction autobiographique n’a pourtant pas empêché Jacques Ferrandez d’oser s’attaquer à son adaptation en bande dessinée. On pourrait même dire que le lecteur contemporain y gagne une dimension supplémentaire grâce au travail graphique sur les ambiances et les reconstitutions historiques.

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Ferrandez. L’Algérie, il y est né, il la connaît et ses aquarelles la font revivre.  Il trouve la luminosité juste pour des décors parfaitement reconstitués et arrive à transmettre la tristesse tourmentée de l’époque.

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Camus, c’est un auteur avec lequel Ferrandez entre en résonance et dont il a déjà adapté avec bonheur deux titres, L’hôte et L’étranger, publiés chez Gallimard.

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Malgré la structure complexe, non-linéaire, d’un récit éclaté en plusieurs chapitres, Ferrandez a réussi à rester fidèle à l’esprit de l’auteur. Il reprend d’ailleurs de longs et nombreux extraits du texte original. L’écrit et le dessin trouvent ici une complémentarité rarement atteinte pour restituer, à la fois, la texture particulière d’une époque et celle d’une pensée. Impossible de ne pas imaginer un Camus, caché ici sous les traits de l’acteur Gérard Philippe et sous le nom de Jacques Cormery, éternellement « obscur à soi-même ».

 

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Skippy

Futura Nostalgia

1.jpg2.jpgVolumes 1 et 2 /6

Scénario et dessin : Tony Sandoval

Editeur : Muertito Press

56 pages – cartonnés

Sortie : juillet 2017

Conte fantastique

 

Présentation :

– S’il se passait quelque chose, ce serait incroyable. On sortirait ensemble, on s’embrasserait. Mais ensuite, ce serait compliqué au moment de rompre. Je ne supporterais pas tant de tristesse. Quelle misère !

– Hey ! Calme-toi. Tu te rends compte ? Tu ne te l’es pas encore tapé que tu veux déjà rompre !

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Mon avis :

L’artiste mexicain Tory Sandoval livre ici, dans son style habituel, une chronique adolescente bouleversée par l’irruption d’éléments fantastiques. Il s’agit d’un conte inspiré par les premiers émois amoureux de Marie, le personnage principal. Elle est accompagnée d’une grenouille particulièrement bavarde et curieusement grivoise.

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Ce qui est étonnant dans le cas de Futura Nostalgia, c’est la démarche éditoriale. Tony Sandoval était responsable de la collection Calamar chez Paquet, mais cette série est publiée cette fois sous un nouveau label. Explication de l’éditeur : Muertito Press est une nouvelle structure éditoriale française créée à l’initiative de l’auteur Tony Sandoval. Désireux de monter un projet afin de gérer toutes ses étapes éditoriales, l’auteur lance une série de six albums où il gère sa propre création. Son nom ? Futura Nostalgia ! En fonction de l’avancée de son projet et après parution du sixième opus, Tony envisagera d’ouvrir Muertito Press à d’autres artistes curieux de se lancer dans l’auto-édition. L’équipe du Groupe Paquet accompagne le lancement de cette initiative car elle est fière d’avoir fait connaître cet artiste dans les pays francophones.

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Le lecteur familier des productions de Tony Sandoval reconnaîtra sans peine son style graphique, proche de la littérature pour enfants avec une belle utilisation des couleurs. Même impression côté scénario : les inquiétantes faunes et flores viennent ajouter une ambiance fantastique dont la fascination reste le point fort de l’effet généré par la lecture.  

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Skippy

 

Holly Ann

6.jpg1.jpgTome 03 – Né dans le Bayou
Dessin : Servain
Scénario : Kid Toussaint
Éditeur : Casterman
48 pages -cartonné

Sortie : 27 septembre 2017
Western


Présentation :

Ne croyez pas tout ce que l’on vous raconte au sujet de la Nouvelle-Orléans. La plupart du temps, il ne s’agit que de fadaises pour attirer les touristes… Parfois, ce sont plutôt des mensonges destinés à cacher une vérité plus atroce.

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Les secrets d’un destin exceptionnel.

Le Joyau, l’incontournable bordel de Storyville, quartier chaud de la Nouvelle-Orléans, est dévoré par les flammes. Haut lieu de la prostitution, il avait la réputation de rassembler les plus jolies femmes de la région dans un cadre idyllique Un choc pour la communauté interlope des gens de la nuit, un choc pour Holly Ann, qui est intimement liée à la vie des pensionnaires de l’établissement. L’occasion pour elle de replonger dans son passé …

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Mon avis :

Après la pluie du tome 2, vient le feu du tome 3, celui des révélations sur le passé d’une héroïne qui devient de plus en plus attachante au fil du dévoilement de son histoire personnelle, ainsi qu’au fil de parution des albums, bien sûr. Au bleu/gris de la pluie succède l’orange des flammes. Le trait se fait ici plus épuré, parfois proche du crayonné. Les belles architectures restent de mise, mais ce sont les personnages qui sont placés en évidence. Le rythme narratif alterne des phases de longs dialogues, de scènes contemplatives et d’action mouvementée, intelligemment dosées. La spéculation immobilière, les rivalités féminines, une figure maternelle inquiétante sont autant de thèmes sous-jacents qui donnent au récit son ton et sa saveur

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Skippy

La forêt millénaire

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Jirô Taniguchi

Editeur : Rue de Sèvres

76 pages – cartonné

Format « à l’italienne » (28.7×22.8)

Parution : 27 septembre 2017

Jeunesse

Présentation :

Dernière création de Jirô Taniguchi, cette bande dessinée en couleurs occupe une place à part dans l’œuvre du maître. Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d’enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Les pages en couleurs et à l’italienne de Jirô Taniguchi nous invitent à la contemplation de cette nature séculaire. Elles sont complétées par un entretien poussé avec l’éditeur japonais de Jirô Taniguchi et du matériel inédit provenant des carnets personnels de l’auteur.

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Mon avis :

Prévue en 5 tomes et commandée par la maison d’édition parisienne Rue de Sèvres, la série La ­Forêt millénaire n’aura connu qu’un seul album complètement achevé et un deuxième crayonné et découpé. Le décès de l’auteur a mis fin à une œuvre qui reprend ici quelques-uns de ses thèmes de prédilection : l’enfance, la nature, la recherche de la beauté et de l’harmonie, pour aboutir à une fable écologique et philosophique. Avec un rythme narratif parfois proche de la contemplation et un bel usage de l’aquarelle, Taniguchi opère alors une fusion subtile entre les approches graphiques du manga japonais et de la BD européenne. Cette épure évanescente, destinée à la jeunesse (mais pas seulement) est publiée dans un très bel écrin.

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La partie dessinée est suivie d’un entretien avec Corinne Quentin, la traductrice et Motoyuki Oda, l’éditeur chez Shogakukan qui publie les mangas de Taniguchi. Ils reviennent sur la genèse du récit pour rendre un hommage émouvant et plus que mérité à un mangaka qu’ils considèrent comme un maître.

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Skippy

Density

cov.jpg4.jpgTome 01

Scénario : Lewis Trondheim

Dessin : Stan et Vince

Editeur : Delcourt

Collection : Comics Fabric

112 pages – cartonné

Parution : 13 septembre 2017

Science fiction – comics à la française

 

Présentation de l’éditeur :

Chloé est en vacances aux États-Unis avec son geek de frère, sa soeur et une amie. Lors d’une balade en plein désert, elle est confrontée à un gentil alien « observateur » de la Terre. Alors que ce pouvoir était destiné à son frère, elle se retrouve capable de modifier sa densité corporelle. Elle va devoir absolument apprendre à maitriser ses nouvelles capacités pour stopper une invasion d’extra-terrestres belliqueux !

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Mon avis :

Programmée en trois tomes, cette nouvelle série, imaginée par une joyeuse équipe de potes, lorgne sans complexes du côté des comics américains. Lorsque le créateur de Lapinot s’associe avec ceux de Vortex, le lecteur averti s’attend à une (bonne) surprise. Il ne sera pas déçu. Cet album de mise en place du contexte se lit d’une traite et on est tout surpris d’arriver au bout après un temps qui a paru très court. Entre comédie ironique et science-fiction déjantée, le récit ne surprend pas vraiment mais se laisse dévorer sans modération. Ce qui fait la différence avec la plupart des productions US, ce sont l’absence de scènes de baston toutes les 5 pages et le fait que l’héroïne est une fille tout à fait ordinaire. Le dessin semi réaliste colle parfaitement au ton de l’histoire. Le cliffhanger final appelle à la lecture impatiente du deuxième tome dont la sortie est déjà prévue pour début 2018.

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Skippy

Le joueur d’échecs

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : David Sala

Editeur : Casterman

128 pages – cartonné

Parution : 04 octobre 2017

Adaptation littéraire

 

Présentation :

David Sala adapte le chef d’œuvre de Stefan Zweig en BD.

Les premiers pas furent un fiasco, je n’arrêtais pas de m’embrouiller, cinq, dix, vingt fois, je dus reprendre le début de la partie.
Mais j’avais tout mon temps… Moi, l’esclave du néant…

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1941. Dans les salons feutrés d’un paquebot en route pour l’Argentine, le champion du monde d’échecs affronte lors d’une ultime partie un aristocrate viennois, dont l’incroyable maîtrise du jeu est née dans l’antre de la tyrannie.
Cette dénonciation poignante et désespérée de la barbarie nazie est le dernier texte écrit par Stefan Zweig avant son suicide.

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Mon avis :

Il y a quelque chose d’ondulant et d’aquatique dans ce récit étouffant de tension dramatique. David Sala y restitue toute l’intensité du texte original en ménageant de longs passages silencieux. Il déploie ses magnifiques aquarelles sur des cases posées comme des grilles sur ses pages. Il renvoie le lecteur aux tendances graphiques des Ateliers Viennois, de Klimt, de Klee, de l’Art Nouveau et des Arts Décoratifs des années 20, dans les décors et les costumes souvent chargés de motifs végétaux. Vignettes carrées, damiers, superpositions, carrelage : tout rappelle quadrillage géométrique des espaces physiques et mentaux dans lesquels évoluent les personnages. Pourtant la ligne droite semble absente cet univers tout en élégance et mathématique qui évoque également les expérimentations optiques d’Escher ou Vasarely.

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L’album est un régal pour les yeux et fournit une expérience quasi picturale au lecteur attentif. Il relève autant de l’objet d’art que de la BD. Avec ce tour de force sensoriel, l’auteur nous donne non seulement une adaptation réussie d’un chef d’œuvre de la littérature mais aussi l’occasion de frôler l’idéal de beauté d’une époque sombre et révolue.

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les ailes du singe, willem, paquet, policier, aventure, animalier, 7/10, 06/2017

 

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Skippy

Bitch Planet

cov (2).jpgPlancheA_298975.jpgTome 02 – President Bitch

Scénario : Kelly Sue Deconnick

Dessin : Valentine De Landro

Glénat Comics

144 pages – cartonné

Parution : 31 mai 2017

Anticipation – SF engagée et féministe

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Tu es non-conforme ?

Tu ne rentres dans aucune case ?

Tu es trop grosse, trop maigre, trop effrontée, trop timide, trop croyante ou pas assez, trop prude, trop sexy, trop noire, pas assez blonde ou trop ce-qu’ils-ont-décidé-de-te-reprocher aujourd’hui ?

Tu pourrais bien finir sur … Bitch Planet !

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Enchaînée par la loi. Tombée pour la Justice.

Dans le futur, le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté sont envoyées manu-militari dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison spatiale tournant en orbite autour de la Terre et répondant au doux nom de… BITCH PLANET ! Alors que les « bitches » doivent tout juste se remettre de la mort de Meiko, leur arme secrète lors du match de Mégaton, une enquête est lancée pour élucider son passé. Comment cette jeune ingénieure prometteuse a-t-elle pu basculer et devenir une véritable tueuse ?

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Cette aussi brillante que dystopique série (nominée à San Diego comme à Angoulême) continue de nous plonger dans un futur terrifiant.  Cet « Orange is the New Black » dans l’espace, mais sans humour, questionne les dérives du monde contemporain et s’interroge sur le rôle des femmes dans la société. Ce n’est pas un comics facile à lire et à décoder car le traitement graphique force à ralentir le rythme de lecture pour analyser toutes les cases, dont celles tramées, qui me rappellent certains univers psychédéliques des années 70.

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Ce volume regroupe les chapitres 6 à 10 parus aux Etats-Unis. Nous sommes donc au tiers d’un premier arc narratif qui devrait en compter 30. Les fausses propagandes pour le “Protectorat” et toutes les couvertures des magazines US viennent renforcer le ton dérangeant de cet univers à nul autre pareil. Par contre les bonus de l’édition américaine ne sont pas repris. C’est dommage car dans le 1er volume , ils apportaient un éclairage intéressant sur l’originalité de la démarche des auteurs.

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Skippy

La dame de fer

cov.jpg4.jpgScénario et dessin : Michel Constant

Editeur : Futuropolis

72 pages – cartonné

Parution : 26 août 2017

Buddy BD

 

 

Présentation :

Il pleut sur Kingsdown, le 8 avril 2013. Comme souvent, sur cette petite ville côtière proche de Douvres. Et pourtant c’est un jour gai. Miss Maggy est morte, vive la dame de fer !

A cette annonce, Donald offre une tournée générale aux habitués de son bar et se souvient des années de galère quand il était jeune ; cette région du Kent a été durement touchée par la politique de la Première ministre britannique. A l’époque, il usait le pavé et trompait l’ennui avec Abby et Owen, tous deux désormais exilés à Londres en quête de jours meilleurs.

Que sont-ils devenus ? Sont-ils devenus les rois du monde ? Sont-ils toujours chaussés de leurs Doc Martens et écoutent-ils toujours les Clash ?

Donald élabore un stratagème pour faire revenir ses deux amis. Sa ruse va bouleverser sa vie et celle de la petite ville du bord de mer !

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Mon avis :

Qui est la dame de fer ?

Miss Maggy Tatcher ou Miss Maggy, la Norton Manx, moto de légende aussi belle que difficile à conduire, une « garce qui tire à droite » ?

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Avec un dessin semi-réaliste, tendance ligne claire, l’auteur tisse les fils d’un récit intimiste légèrement teinté d’amertume mais qui conserve malgré tout un réel optimisme. C’est que la camaraderie unissant les protagonistes de l’histoire finit par devenir communicative au fur et à mesure des pages tournées.

Le ciel est gris, l’atmosphère plombée, l’économie paralysée, au point qu’on se croirait dans les décors d’un réalisme sociologique cher à Ken Loach ou Mike Leigh. Ce menu « sweet and sour » nous est heureusement servi avec quelques pintes de références musicales et de petits détails dans les décors qui permettent de se replonger dans les ambiances d’une époque à la fois révolue et encore si proche.

Véritable ode à l’amitié qui transcende le temps et ses déboires, La dame de fer est un album de bonne facture qui fait passer d’agréables moments de lecture tout en donnant envie d’aller retrouver les Clash ou les Smiths sur Youtube, faute de mieux.

M’en vais me reverser une petite mousse tempérée la-dessus !

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Skippy

Epiphania

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Ludovic Debeurme

Editeur : Casterman

Parution :13 septembre 2017

104 pages – cartonné

Anticipation

 

Un récit fantastique sur fond de réflexion humaniste.

Avec Epiphania, Ludovic Debeurme nous confronte à une invasion « hyper terrestre ». Comme si la Terre usée par des siècles de conflits, de pollution, de surexploitation avait décidé de faire place nette. C’est La Grande Vague, un tsunami global et dévastateur …Après la disparition des eaux, l’apparition d’étranges demi-sphères sombres dans la terre des jardins, des parcs, des forêts. En tentant de les en extraire, on découvre qu’il s’agit de fœtus en gestation. Ce sont les Mixbodies : mi-hommes, mi bêtes et ils sont des millions à voir le jour. Les gouvernements sont très vite dépassés par l’ampleur du phénomène et la cohabitation se met en place de manière anarchique.

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