LE GOUT DU CHLORE

GoutDuChlore_74650piscineplDessin et scénario : Bastien Vivès

Collection KSTR

Editions Casterman

 

Résumé (de l’éditeur) : C’est une histoire toute simple, d’une rare sobriété. Parce qu’il souffre du dos, un très jeune homme, dont au final on ne saura pratiquement rien de plus, se met à fréquenter une piscine sur les recommandations insistantes de son kinésithérapeute. Là, dans le bassin à la fois anonyme et rassurant où les individus ne sont plus que des corps qui nagent, au rythme monotone des longueurs ajoutées les unes aux autres, il fait la connaissance d’une jeune fille au corps et au sourire séduisants.

Mon avis : Comment raconter une histoire en 135 planches qui se passe presqu’exclusivement dans une piscine ? Casterman et Bastien Vivès vont relever le défi dans le cadre de la collection KSTR. En avant pour une nouvelle expérience BD…Cette BD est déjà sortie il y a un an. Je l’ai acheté sur Ebay pour quelques euros, nettement moins cher que les 16 EUR du prix officiel, ce qui est plutôt cher pour une BD. Ce livre a été encensé par une certaine presse spécialisée et Bastien Vivès est considéré comme un des nouveaux espoirs de la BD française. En commençant la lecture de ce livre, j’ai fait directement un rapprochement avec les films de Jacques Tati. Ce livre, c’est des dialogues rares et  parcimonieux, le plus souvent réduits à leur plus simple expression. C’est surtout des longs plans séquences de piscine sans dialogue et sans autre commentaire. L’auteur nous dévoile une multitude de petits détails, de petits faits anodins qui se passent dans une piscine. Et puis, c’est aussi des paquets de longueurs nagés surtout sur le dos (excellent pour la lutte contre la scoliose), des nageurs le long du bord de la piscine qui regardent passer leurs congénères. On a même le temps de contempler pendant une longueur le plafond et le carrelage de la piscine…

Vient enfin se greffer une relation platonique entre le personnage principale et une jolie nageuse, ex-championne régionale de natation…C’est elle qui sauve le scénario de la noyade.

On ne peut pas nier qu’il s’agit d’un bel ouvrage sur le point de vue graphique, hors du commun. La colorisation dans la game des bleus et assez froide y est aussi pour quelque chose. Il s’en dégage un certain esthétisme. Vivès nous raconte une histoire simple mais qui peut rapidement devenir répétitive au fil des longueurs de bassin que nage le personnage principal. Fallait-il pour autant y consacrer 135 planches ? Malgré ce chiffre impressionnant, le livre est vite lu, trop vite. Au prix de vente officiel en librairie, cela fait cher la longueur de bassin…Un livre qui m’a laissé un goût de trop peu en bouche faute d’avoir le goût du chlore…Ce n’est pas un livre pour les phobiques de l’eau mais si vous désirez y plonger, n’oubliez pas  de prendre votre bonnet, vos lunettes et votre pince-nez…

6,0/10

 

Capitol.

On en parle sur votre blog: http://samba.xooit.be/t954-LE-GOUT-DU-CHLORE.htm#p30869

JHEN -T11:La Sérénissime

jhen_11_93596Planche_bd_12622F1_JHENDessin : Jean Pleyers 

Scénario : H.Payen

Série créée et dirigée par Jacques Martin

Editions Casterman

 

Résumé (de l’éditeur) :   Milan, 1436. Fin de la saison froide. Arrivés de France, des voyageurs sont reçus en audience par le maître des lieux, le duc Visconti. Jhen Roque et le jeune abbé Francesco Prelati sont en mission confidentielle pour le compte de Gilles de Rais. Leur tâche : rejoindre la ville de Venise, pour y retrouver un manuscrit de Roger Bacon qui n’a pas de prix. Le célèbre philosophe anglais a en effet consigné dans ce codex inestimable la somme de ses connaissances astrologiques, cabalistiques, botaniques et surtout alchimiques… Bien que le duché de Milan soit officiellement en guerre contre la république de Venise et son alliée florentine, le principal chef de guerre du duc, l’ambitieux et inquiétant condottiere Francesco Sforza, fournit à Jhen et Prelati un sauf-conduit pour cheminer jusqu’à Venise. Il a en effet pour ami personnel le propre fils du Doge de Venise, Jacopo Foscari. C’est ainsi que les Français, après des jours de voyage, rallient enfin la célèbre cité, si puissante que le monde entier ne la désigne plus que par son surnom: la Sérénissime.

 

Mon avis : Un nouvel album de Jhen vient de sortir en librairie. C’est le deuxième tome depuis la reprise de la série, cette fois-ci avec le duo Pleyers – Payen, sur un synopsis de Jacques Martin. J’avais bien aimé le tome précédent (les sorcières – voir la chronique sur ce même blog) mais j’avais trouvé que le thème n’avait pas été assez exploité…Dans ce onzième tome, Jhen part pour Venise, la sérénissime, qui est « la » grande puissance commerciale de l’époque. Jhen doit y trouver un codex attribué à Roger Bacon. Ce livre traite d’alchimie. Va suivre une aventure palpitante à Venise où règne des intrigues et des complots sur fond de carnaval, de masques et de déguisements…

Je dois dire que l’histoire est très bien construite, passionnante. En plus, c’est magnifiquement documenté et le thème est ici très bien exploité. Pour moi, Jhen est la série la plus crédible actuellement de Jacques Martin. Pleyers est au dessin, c’est un retour aux origines de la série après une longue interruption. Les couleurs sont très belles (faites par Corinne Pleyers) et les décors sont à la hauteur du sujet, c’est-à-dire précis et détaillés. Venise y est très bien dessinée. Le scénario a eu l’intelligence à nouveau de s’inspirer fortement de la réalité de l’époque. Le fameux codex que recherche Jhen existe bien de nos jours sous le nom de codex de Voynich du nom du marchand qui en a fait l’acquisition en 1912.Ce livre se trouve actuellement à la bibliothèque de Yale. La trame de l’histoire a pour arrière fond les us et coutumes politiques et sociales de la « Sérénissime » où le secret et les intrigues se mêlent à la problématique du Carnaval avec ses masques, ses déguisements, ses pratiques ancestrales,…. C’est habilement amené, le résultat est un très bon scénario !

J’ai lu cet album d’une traite, la lecture a été agréable. Encore un livre digne d’intérêt. Ce mois d’octobre nous vaut de bonnes surprises, le dernier Jhen en est une. Faites tombez les masques et plongez-vous dans la Venise du 15e siècle…

7,5/10

 

Capitol.

On en parle sur votre blog : http://samba.xooit.be/t952-Jhen.htm#p30757

JEROME K. JEROME BLOCHE – T21 : Déni de fuite.

jeromekjeromebloche21_95248BLOCHE-21-F-01Dessin et  scénario : Dodier

Collection Repérages

Editions Dupuis

 

Résumé (de l’éditeur) :   C’est la nuit. Caroline, 3 ans, se réveille. Comme d’habitude, lorsqu’elle a des cauchemars, elle appelle son papa. Il ne répond pas. La chambre, le salon, la cuisine, Caroline et son doudou parcourent ensemble tout l’appartement. Pas de papa. Pourtant, la télé est allumée. Heureusement, Caroline et son doudou habitent dans l’immeuble qui abrite le bureau de Jérôme K. Jérôme Bloche. Jérôme qui, ce matin justement, s’est réveillé à l’aube…
À l’instar de Maigret, Hercule Poirot, Joseph Rouletabille, Philip Marlowe, Nestor Burma ou Harry Dickson, Jérôme K. Jérôme Bloche est un héros du roman policier classique.

 

Mon avis : Déjà 21e tome des aventures de Jérôme K. Jérôme Bloche ! Sans l’air d’y toucher, Dodier trace sa route avec son détective privé atypique qui se déplace sur un solex…Les enquêtes se rattachent souvent à l’existence du quartier (dans le 18e arrondissement de Paris) où habite notre héros. On y rencontre Madame Zelda, la voisine du dessus et voyante, Madame Rose, la concierge, Burhan , le tenancier de l’épicerie arabe du coin, Babette sa copine,…L’auteur nous raconte de façon simple une enquête qui se déroule dans un environnement familier avec des gens en général sympathiques. Bien évidemment, Bloche résout l’énigme avant la fin du livre ! Le tour de force est dans la narration. L’auteur nous raconte par le détail la psychologie des gens, des tranches de vie, le cheminement de chacun qui amène tôt ou à mettre en lumière la solution au problème posé à notre cher détective privé…Les dialogues ne sont là que parce qu’ils sont indispensables. Le livre est parsemé de planches sans commentaires, sans dialogue. L’image par moment suffit seule à la compréhension. Ce dépouillement de certaines séquences est la marque de fabrique de Rodier. Son graphisme abouti sert cette simplicité graphique mais efficace.

La BD se laisse lire facilement. C’est sans grande prétention et pourtant le résultat au final est très bon, drôlement bien fichu…Le lecteur sent cette proximité avec les personnages Pas étonnant que la série continue son petit bonhomme de chemin avec un bonheur à chaque fois renouvelé…

7,5/10

 

Capitol.

On en parle sur ton blog:http://samba.xooit.be/t918-Jerome-K-Bloche.htm#p30712

KAPLAN & MASSON – T1: La théorie du chaos

KaplanEtMasson_01_91512

h-20-1678757-1251880029Dessin :

Jean-Christophe Thibert

Scénario :

Didier Convard

Couleurs : Pixel vengeur.

Editions Glenat

 

Résumé (de l’éditeur) :  Le scientifique Jason Purcell est un homme brisé. Mais un homme debout. Car depuis la mort de son compagnon de recherches, Albert Bernstein, Purcell reste le seul responsable des abominations d’Hiroshima et Nagasaki… Dévoré de culpabilité, l’homme a décidé de créer un comité de lutte contre la prolifération des armes atomiques. Initiative louable, mais dangereuse, puisque Purcell est aussitôt assassiné par d’ignobles tueurs, capables d’étrangler leurs victimes à mains nues, mais aussi d’escalader les façades d’immeubles à la seule force de ces mêmes mains… De quoi titiller la curiosité d’un couple d’enquêteurs pas comme les autres : Etienne Kaplan, membre des services secrets français, et Nathan Masson, scientifique réputé. L’enquête peut commencer.

 

Mon avis : C’est un album très attendu et déjà beaucoup commenté. J’étais impatient de voir sur pièce cette nouvelle série BD. Est-ce un événement ou simplement un coup marketing sans grand fondement ? Les auteurs  sont Didier Convard, c’est le scénariste de la série best-seller « le triangle secret », et Jean-Christophe Thibert, un dessinateur issu de la publicité et de l’illustration dont ce livre est la troisième réalisation en BD.

Dès l’ouverture de l’album, c’est le graphisme qui saute aux yeux. C’est bien une ligne claire épurée au maximum : des traits d’une propreté et simplicité virginale, des couleurs et aplats d’une qualité et d’une homogénéité rare. Je soupçonne que le traitement par ordinateur est passé derrière et a enlevé toute aspérité. C’est beau, grandiose, trop beau peut-être…C’est vraiment une découverte !

Tous les codes de la ligne claire sont présents. On peut même remarquer des références à de glorieux prédécesseurs. A la page 25, on y voit chez Masson une vitrine avec à l’intérieur une momie qui ressemble étrangement à celle de Rascar Capac. Les sept boulles de cristal de Tintin n’est vraiment pas loin. La filiation à Blake et Mortimer est avouée et assumée : même époque, mêmes types de personnage, mêmes métiers (savant- agent des services secrets). Mais ce n’est pas qu’un pastiche ou une vilaine copie, c’est beaucoup plus …il en ressort une certaine modernité, une façon de raconter qui est décapante et novatrice qui se permet pas mal d’audace pour le genre « ligne claire ». J’en veux pour exemple à la page 28, le summum dans le genre, le personnage principal Masson séduit sa jolie secrétaire suite à une soirée bien arrosée. Perplexe, il la découvre nue dans son lit au petit matin. Cela nous vaut un joli nu de dos puis un sein de la demoiselle. C’est Hergé qui doit se retourner dans sa tombe…Les auteurs en réalisant un ouvrage de genre ont voulu aussi transgresser certaines règles. Ceci dit c’est très bien amené et cela fait sourire…Autre temps, autre mœurs…

En conclusion, c’est une jolie surprise, un livre facile à lire, bien bâti, superbement dessiné, pas de dialogues interminables à la E.P.Jacobs. Les auteurs nous présentent un exercice de style très réussi. Un des tout bons albums de l’automne.

8,5/10

 Capitol.

On en parle sur votre forum:http://samba.xooit.be/t875-kaplan-et-masson.htm

 

SALVATORE – T3 : Une traversée mouvementée

Salvatore3salvatore3_Dessin et scénario : De Crécy
Editions Dupuis

Résumé (de l’éditeur) : Salvatore est un chien. Un chien féru de mécanique, mais aussi un chien amoureux. Et là-bas, à l’autre bout du monde, l’attend Julie… C’est toute la quête de Salvatore : affréter un véhicule pour la rejoindre…Dans ce troisième album, Salvatore prend la route, enfin, pour rejoindre la belle Julie aux confins de la planète. Il décide, en désaccord complet avec son assistant – un minuscule humain muet, qui s’exprime à l’aide de son ordinateur portable -, de rejoindre l’Amérique du Sud en passant par la Russie et le détroit de Béring gelé : un choix qu’il qualifie de poétique, mais qui masque simplement sa peur panique de l’océan. En chemin, il rencontre une demoiselle charmante qui confirme ses doutes sur la force de l’amour à l’épreuve de l’attente et de la distance. Salvatore saura-t-il résister à la tentation ? La belle Julie, de son côté, aura-t-elle su l’attendre?  Le voyage risque d’être plus long que prévu…

Mon avis :
C’est le retour de Salvatore ! De Crecy nous raconte une histoire peuplée d’animaux qui se comportent comme des hommes. Il en profite pour en faire une caricature pas toujours très reluisante de notre société. C’est dans ce monde que vit Salvatore, un chien mécanicien et doux rêveur, qui s’est mis en tête de retrouver Julie, une petite chienne dont il est tombé éperdument amoureux…Le décor est planté…C’est plein d’humour, de poésie, un peu déjanté. C’est bien observé, c’est bien vu…A première vue, l’auteur nous raconte une petite histoire sans ambition et pourtant  pleine d’enseignements. De Crecy n’a pas son pareil par raconter ce genre de récit sur des thèmes fondateurs tels que l’amour, le voyage et la dérive des sentiments…Le dessin, résultat d’une multitude de traits fins, donne au final un style qui lui est propre et auquel il faut s’y faire. Les couleurs sont du même acabit…Sans éclats mais bien présentes dans des tons légers. Tout est fait pour la narration et De Crecy arrive à capter ses lecteurs. Encore une fois, à commencer à partir du tome 1 sous peine de perdre rapidement le fil de l’histoire.
surprises.smileysmiley.com.7

Capitol.

salvatore31_

LA PRINCESSE DU SANG – Première partie

PrincesseDuSangLaprincesseDuSangLa1_Dessin : Cabanes-  Scénario : d’après le roman de Jean-Patrick Manchette
Adaptation Doug Headline
Collection Air Libre
Editions Dupuis

Résumé (de l’éditeur) : 1950. Sur une plage de l’Atlantique, le kidnapping d’une petite fille tourne au massacre. Maurer, unique survivant de ce sanglant affrontement, disparaît en emmenant la fillette, Alba.1er janvier 1956. Une année de tempêtes commence… Comme tous les ans, la jeune photographe Ivory Pearl vient passer le réveillon en Normandie chez son protecteur, l’ancien officier de la Royal Air Force, Robert Messenger.
À 27 ans, Ivy est une photographe célèbre pour ses reportages violents sur les champs de bataille et pour son mépris du danger. Mais Ivy est fatiguée et elle a décidé de passer l’année dans un endroit isolé. Elle s’y reposera de la violence en photographiant la nature.
Pour des raisons connues de lui seul, Messenger profite de cette occasion et la persuade de partir à Cuba, dans la Sierra Maestria, impliquant Ivy à son insu dans une opération des services du contre-espionnage français visant à mettre hors course Aaron Black, trafiquant d’armes international et oncle d’Alba, qui a commandité le kidnapping de sa nièce 6 ans plus tôt.
Mon avis :
Il s’agit en réalité de l’adaptation d’un roman posthume de Manchette décédé en 1995. L’adaptation du scénario a été faite par son fils Doug Headline et Cabanes s’est appliqué à le transposer en BD. Je ne connais pas le roman original mais d’après ce que j’ai lu à gauche et à droite, l’adaptation est assez fidèle au niveau du découpage et du rythme de narration. Alors, que faut-il penser de ce roman « Air Libre » de chez Dupuis qui n’a pas lésiné pour en faire une bonne publicité ? Le résultat est plutôt bon. Il s’agit d’abord d’un roman noir qui mêle aussi du polard, de l’aventure, de l’action, de la géopolitique (les années 50 : Budapest, Cuba,…). Le problème, c’est que différentes époques se succèdent, différents personnages dont, à la fin du premier tome, on ne sait pas encore quels sont les raisons de leur implication dans l’histoire…Ces éléments peuvent bien entendu désorienter le lecteur mais c’est Manchette qui l’a voulu ainsi et il faut parfois prendre le temps de revenir en arrière pour relire certains passages et bien comprendre ce qui peut être compris à ce moment de l’histoire. Les auteurs nous réclament une exigence de lecture. Il est évident  que l’histoire va se décanter dans le second tome et que l’on va pouvoir compléter le puzzle avec les pièces manquantes. C’est le seul bémol de cet ouvrage. Il va falloir attendre la suite. Le dessin de Cabanes, dans le style réaliste, sert très bien l’histoire, le travail graphique est excellent. Par contre, je suis plus circonspect pour l’emploi des couleurs Les aplats saturés (les bleus entre autres) côtoient des couleurs plus douces, plus parcimonieuses. Le résultat est détonnant et très contrasté, pas toujours du meilleur goût…C’est un avis personnel.
Une Bd ambitieuse de 76 planches qui se laisse lire avec plaisir mais dont on attendra le second tome pour se faire un avis définitif.
surprises.smileysmiley.com.7
On en parle sur ton forum.
CAPITOL.

princesseDuSangLa12_

LES DEMONS D’ALEXIA – T6 : Les larmes de Sang

DemonsDalexiaLes6DEMONS D'ALEXIA (LES)Dessin : Ers – Scénario : Dugomier
Editions Dupuis

Résumé (de l’éditeur) : Une jeune fille, mi-sorcière mi-exorciste, se bat contre les phénomènes occultes et tente de sauver un ange déchu ! Le Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels a pour mission de lutter contre les évènements paranormaux et de veiller à l’équilibre de notre planète. Suite à une catastrophe ayant entraîné la mort de la quasi-totalité du personnel de l’institution, Alexia a été nommée directrice du C.R.P.S. Malgré la nomination de cette jeune fille, mi-sorcière, mi-exorciste, les phénomènes occultes continuent à se multiplier, menaçant l’existence même de l’institution. Mais Alexia a aussi fort à faire avec Gabriel, cet ange déchu qui a enfreint les lois divines pour la protéger et qui doit mourir !
Mon avis :
C’est toujours avec autant de plaisir que j’ai lu le tome 6 des aventures d’Alexia.
Cette série reste pour moi une des meilleures de ces dernières années. Tant au niveau du dessin qu’au niveau du scénario, cette série tient la route et maintient un niveau élevé d’excellence. Le dessin, dans la droite ligne de l’école du journal de Spirou, marque cependant le renouvellement du genre et l’ouverture vers des sujets plus risqués et moins connotés « littérature enfants admis » de l’école de Marcinelle. Le résultat est épatant et trouve un équilibre qui fait aussi son succès. En ce qui concerne le scénario, les personnages principaux sont bien campés et évoluent bien au fil de l’histoire. Les décors, les personnages annexes, les références à l’Histoire avec un grand H, amènent également un renouvellement et une crédibilité à cette série 100% fiction et fantastique. J’ai apprécié qu’une partie de l’action se déroule en Zélande, dans le lieu-dit « Roompot », au large de Zierikzee, un endroit bien connu des plaisanciers qui fréquentent cette région de Hollande…
Si vous ne connaissez pas cette série, commencez-là par le début…Vaut le détour…
surprises.smileysmiley.com.8
On en parle sur ton forum.
Capitol.

DemonsDalexiaLes6_

YVAN DELPORTE –Rédacteur en chef

YvanDelporteyvandelporte01pChristelle et Bertrand Pissavy-Yvernault
Editions Dupuis

Résumé (de l’éditeur) : La carrière d’Yvan Delporte est indissociable de la vie du Journal Spirou et des Éditions Dupuis. Engagé par Dupuis au sortir de la guerre comme retoucheur à la photogravure, il deviendra rédacteur-en-chef de Spirou en 1953 et fut remercié en 1968. Pendant toute cette période, il encouragea et conseilla Franquin, Peyo, Roba, Morris… Un esprit vif, malin, curieux, influencé par le jazz, les comics américains, il n’avait de cesse de pousser chacun de ces auteurs vers ce qu’ils pouvaient faire de mieux. Sous sa férule, Spirou connaîtra un « âge d’or », caractérisé par la fantaisie et le professionnalisme. Éclectique, c’est lui qui supervisa aux USA les adaptations des Schtroumpfs en dessin animé, anima le Trombone Illustré dans la cave de Spirou, Pendant ce Temps à Landerneau dans la cave de (A Suivre)… Un personnage multiple, qui influença de façon majeure la bande dessinée franco-belge, jusqu’à des auteurs plus récents tels que Trondheim ou Sfar.

Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault ont accompli en 4 ans un travail de fourmi, interviewant les plus grands noms de la bande dessinée afin de cerner au mieux le personnage. Au travers de Gotlib, Barbara, Zep, Trondheim, Rosy, et bien entendu Delporte lui-même, ils ont patiemment reconstitué le fil bouillonnant de sa carrière. Richement illustré, c’est un livre exhaustif, et qui rend hommage à un grand auteur de notre patrimoine.

 
Mon avis :
J’ai cassé  ma tirelire pour acheter ce somptueux album vendu 65 euros. Pourtant, j’ai hésité devant le prix mais il faut bien reconnaître que l’album en vaut la peine tant au niveau du contenu rédactionnel que de l’iconographie. C’est un vibrant hommage que les Editions Dupuis rendent à un personnage clé dans la vie de la BD et plus particulièrement l’école dite « de Marcinelle ». Hommage d’autant plus remarqué que les relations entre les éditions Dupuis et Yvan Delporte n’ont pas été un long fleuve tranquille. Dupuis a en effet viré Yvan Delporte en 1968 de la rédaction du journal de Spirou mais ce fut pour mieux réapparaître par la suite en tant que scénariste ou rédacteur en chef du mythique « Trombone illustré ». Il faut aussi souligner l’apport décisif pour cet ouvrage de Fréderic Jannin, le protégé de Delporte et Franquin, qui a pu faire profiter les auteurs d’une masse d’informations incroyables et a permis d’ouvrir de nombreuses portes y compris avoir l’accord d’Yvan Delporte lui-même pour la rédaction de ce livre monumental.
Il faut savoir que Delporte refusait le plus souvent de parler de lui. Le lecteur va donc découvrir une personnalité de premier plan mais peu connue du grand public. C’est également une mine de renseignements, d’anecdotes, de photos, de dessins inédits sur des grands dessinateurs que sont devenus Franquin, Jijé, Peyo, Roba,…336 pages denses et de pur bonheur pour un livre à couverture souple hors norme ( 340x243mm). Un livre de collection.
surprises.smileysmiley.com.8

Capitol.

yvandelporte_9

Rainbow T1.

Rainbow1rainbowDessin : Masasumi Kakizaki – scénario : George Abe
Manga Seinen
Editions Kabuto

Résumé (de l’éditeur) : Japon, 1955. Dans un pays ruiné, encore sous le choc après la Seconde Guerre Mondiale, 6 adolescents sont envoyés dans une maison de correction pour jeunes. Ils devront partager leur cellule avec Anchan, un mystérieux personnage, et ces sept gamins devront supporter humiliations, brimades et souffrances pour se sortir de cet enfer…
 
Mon avis :
Encore un manga…Pas une nouveauté, un manga sorti en 2005 que vient de me prêter une âme bien intentionnée…Directement sur la couverture il est indiqué : « pour public averti ». Le décor est planté. L’histoire décrit le japon en 1955 alors que le pays se relève à peine de la débâcle de 1945. C’est la pauvreté, la faim. Tout manque…Nous sommes plongés avec six jeunes « au ventre vide et à l’esprit brisé » dans une maison de correction qui ressemble plus à une prison de basse fosse. Le dessin est noir à souhait, parfois complètement déstructuré mais en adéquation parfaite avec le sujet développé. Le scénario est bien ficelé et il faut s’accrocher par moment car c’est écrit avec les tripes, certaines scènes sont très crues…La vie carcérale y est bien décrite, où en plus du lieu, il y a l’enfer des autres, celle des codétenus, des gardiens qui ne sont pas non plus des enfants de cœur…Mais il reste un espoir…C’est la motivation qui fait avancer cette histoire et je suppose ses lecteurs…
En conclusion, un livre qui m’a plu mais quand à dire que je vais poursuivre et lire la suite, il y a une marge que je ne passerai pas. Actuellement, la série en est au tome 13 en français et au tome 20 en japonais. C’est tellement noir que je n’ai pas envie de tomber dans une dépression…L’univers carcéral et les feuilletons à la « prison break » ne m’ont jamais beaucoup enthousiasmé. Je le conseille aux amateurs du genre et aux non dépressifs.
surprises.smileysmiley.com.7

Capitol.

rainbow2

LES GOUTTES DE DIEU– T9

88980_cDessin : Shu Okimoto – scénario : Tadashi Agi
Collection : Manga Seinen
Editions Glenat

Résumé (de l’éditeur) : Shizuku visite pour la première fois la fameuse cave de son père, et découvre les incroyables trésors qu’elle recèle. Cette découverte le motive encore plus à percer le secret du troisième apôtre et à battre Tomine. Mais ce dernier pourrait bien lui réserver une surprise de taille : en effet, dans le cadre de leur prochain duel, il choisit de s’entourer d’une jeune chinoise complètement novice qu’il présente comme son -assistante-.
Quel est donc le secret de cette jeune fille ? »
 
Mon avis :
Déjà le neuvième tome et pourtant l’intérêt de faibli pas ! L’histoire avance à son rythme lentement mais surement. Le scénario amène au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire des nouveaux personnages, des nouvelles péripéties qui relancent à chaque fois l’histoire. C’est bien joué et c’est vital si on veut tenir sur la longueur.  En effet, à l’heure où j’écris ces mots, nous en sommes au troisième apôtre, le tome 10 de la version française est annoncé pour le 7 octobre 2009 alors qu’au Japon, c’est le tome 22 qui sort…Et toujours en fin de livre le b.a.-ba de l’œnologie en rapport avec l’histoire racontée dans le tome. Je vous renvoie à mes chroniques antérieures des Gouttes de Dieu, il n’y a rien à enlever…
7.5/10
Capitol.

BOIS-MAURY– T14 : Vassya

boismaury1491520_plaDessin : Hermann – scénario : Yves H.
Collection : Vécu
Editions Glenat

Résumé (de l’éditeur) : La suite d’une grande série historique – à tous les sens du terme – pour une remarquable incursion en terres de Russie.
Aymar de Bois-Maury, spolié de ses terres, a poursuivi sa quête jusqu’au dramatique terme que l’on sait… Mais l’histoire d’une lignée se limite t’elle au seul destin d’un homme ? Non. Car les aventures des Bois-Maury avaient commencé avant celles d’Aymar. Et se termineront bien après ! Fort de ce postulat infiniment riche en possibilités, Hermann et son fils Yves H poursuivent avec fureur et talent une collection de « one-shoots » consacrés à l’une des plus célèbres familles du neuvième art. Toujours solidement campée sur l’imagination soignée d’Yves H et le dessin en couleurs directe légendaire d’Hermann, cette grande saga s’offre une incursion en Russie, à l’occasion d’une guerre fratricide entre détracteurs et partisans du Tsar. Un conflit où un certain Bois-Maury aura un rôle essentiel à jouer…
 
Mon avis :
La saga des Bois-Maury se poursuit après une attente de trois années. C’est que Hermann continue de dessiner à un rythme soutenu mais travaille à des projets différents chez des éditeurs différents. Son fils Yves H. est à nouveau son scénariste attitré. Je ne cache pas que c’est avec une certaine appréhension que j’ai ouvert ce livre. Le scénario du « Diable des sept mers » m’avait quelque peu déçu…Trop compliqué, alambiqué…Il fallait revenir vers plus de simplicité dans le récit. Je vous rassure tout de suite, l’histoire est bien charpentée et limpide. L’histoire en réalité se focalise sur l’histoire de Dounia, une jeune femme cosaque, déchirée entre les traditions ancestrales de son peuple et un amour impossible. La description est faite par petites touches avec un arrière plan historique rempli de fureur et de violence. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai lu cet ouvrage. Le dessin reste toujours du même tonneau : excellent. J’ai beaucoup apprécié également le traitement des couleurs avec des teintes douces et légères qui respecte les traits du dessin.
surprises.smileysmiley.com.8

Capitol.

maury

LES PASSAGERS DU VENT– T6 : La petite fille Bois-Caïman

PassagersDuVent_06PassagersDuVent_06_PLDessin et scénario : Bourgeon
Editions 12 bis

Résumé (de l’éditeur) : Louisiane. Au printemps 1862, L’USS Essex exerce des représailles vis-à-vis de ceux qui ont refusé de signer le Serment d’allégeance aux États de l’Union. La résidence Murrait n’est pas épargnée. Un an plus tard, Zabo Murrait, du haut de ses dix-huit ans, quitte la Nouvelle-Orléans, pour rejoindre Nano son petit frère à Lananette, demeure de son aïeule Mme Marnaye. Chemin faisant, elle croise la route de Quentin Coustans, photographe et érudit qui l’accompagnera jusqu’à bon port. Là elle rencontrera pour la première fois celle qui, comme elle, s’appelle Isabeau et qui lui narrera sa propre histoire au départ d’Haïti vers la Louisiane…

Mon avis :
Après presque 25 ans et un procès contre son ancien éditeur pour récupérer les droits de la série, François Bourgeon reprend « Les passagers du vent » chez son nouvel éditeur. Il s’agit d’un Diptyque qui fait suite aux aventures d’Isa dans les tomes 1 à 5 des Passagers du vent. En réalité, Isa est maintenant une vieille dame et va raconter son propre périple vers la Louisiane. Voilà la trame de l’histoire. Cela nous permet de plonger dans l’histoire des Etats-Unis un peu avant la guerre de l’indépendance. Il s’agit déjà d’une époque troublée avec en toile de fond le problème de l’esclavage des noirs.
Je dois bien faire le constat que l’histoire met du temps à se mettre en route. C’est un peu lent au démarrage mais petit à petit l’histoire prend sa vitesse de croisière. Il faut bien dire également qu’il y a lieu de prendre ses marques et de refaire le lien avec les 5 premiers tomes. C’est à partir de la moitié de l’album qu’on commence à comprendre qu’on va enfin retrouver Isa. Concernant l’histoire en elle-même, c’est bien documenté comme d’habitude. Bourgeon a du faire pas mal de recherche bibliographique et  iconographique pour nous livrer un dessin qui reste toujours délicat et somptueux. C’est du grand art. Son dessin est sublimé par la reconstitution très précise des endroits et des évènements.
J’ai eu l’impression cependant que le traitement des lumières et des ombres est quelque peu différente des autres tomes et qu’en conséquence les couleurs sont moins « pétantes » qu’auparavant, l’auteur reste dans des tonalités moins tranchées, un peu plus sombres et sobres.
En conclusion, j’ai bien aimé mais je dois quand même avouer être resté un peu sur ma fin. C’est un peu lent comme histoire, espérons que le second tome qui doit sortir en janvier 2010 rentrera un peu plus vite dans l’action. Encore une fois, il y aura lieu de juger l’œuvre sur l’ensemble du diptyque. En attendant, comme dirait le cul de jatte : «  je suis toujours sur une patte… »

7,5/10
Capitol.

PassagersDuVent_06_VER

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑