GOLDEN CITY- T8: Les naufragés des abysses

Couv_9825998259_plaDessin : Nicolas Malfin  

Scénario: Daniel Pecqueur

Collection Série B

Edition Delcourt

Résumé (de l’éditeur)  LA SÉRIE : Golden City est une ville majestueuse bâtie sur l’océan, à l’abri de la surpopulation et de la violence qui règnent sur le continent. Seuls les plus fortunés y ont accès et, à ce titre, Harrison Banks figure parmi les privilégiés. Mais, lors d’un survol des terres, l’avion transportant son épouse s’écrase mystérieusement. Commence alors pour Banks une périlleuse enquête en territoire inconnu, une véritable descente aux enfers.

RÉSUMÉ DE L’ÉPISODE : Après plusieurs jours de recherches, les équipes de secours ont retrouvé la ville engloutie. Elle gît par trois mille mètres de fond, en partie détruite, couchée sur le flanc au bord d’une faille sous-marine dans laquelle elle risque à tout moment de basculer. Les sauveteurs tentent l’impossible pour pénétrer à l’intérieur de la gigantesque épave dans l’espoir de retrouver d’éventuels survivants…

 

Mon avis : N’ayant pas suivi tous les épisodes de cette saga, je prends un peu l’histoire en marche…Pas trop de problèmes heureusement car un résumé en dernière page de couverture remet les choses en place…Les personnages principaux y sont également présentés.

Concernant le scénario de Pecqueur, il vient de prendre une nouvelle orientation capitale avec le naufrage de Golden City, la cité marine. Bien évidemment, cela ouvre des perspectives énormes pour les prochains tomes. Il faut féliciter l’auteur pour avoir cette audace scénaristique. Suit une histoire passionnante qui raconte par le détail la genèse du naufrage et le comportement des protagonistes de cette tragédie. Nous saurons dans les prochains tomes ce que deviendra Golden City…

Le dessin de Malfin est toujours aussi bien léché et agréable. Rien à redire à ce niveau, c’est du grand art. C’est très coloré également mais j’aime moins. (Les goûts et les couleurs…). Plongez-vous sans réticence dans Golden City, un blockbuster de qualité…

7,5/10

Capitol.

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LADY S – T6 : Salade portugaise

ladyS6-couv_96159ladyS6-planc_96159Dessin : Aymond  

Scénario: Van Hamme

Collection Repérages

Edition Dupuis

Résumé (de l’éditeur) : Lady S., alias Shania, mène la vie sans histoire d’une interprète estonienne au Parlement de Strasbourg. Un imprévu l’oblige à partir à Lisbonne, sur ordre de la CIA. Une surprise de taille l’y attend. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’en quittant Strasbourg, elle a emporté un CD-Rom aux données explosives, qui met à ses trousses de dangereux terroristes islamistes.De retour en Europe, Lady S. va devoir déjouer les plans de terroristes issus de la mouvance Al Quaïda… et affronter de nouveau son passé, d’une manière pour le moins inattendue.

 

Mon avis : Jean Van Hamme est sur le devant de la scène en cette fin d’année 2009 et de quelle façon ! Mais son opus le moins attendu sera peut-être le plus abouti. Autant le dire directement, ce sixième tome de Lady S est pour moi le mieux construit de la série et le plus passionnant à lire. Tous les ingrédients d’une série d’espionnage et d’action sont réunis d’une façon extraordinaire par Van Hamme. Bien évidemment, le hasard fait bien les choses dans ce scénario mais la façon dont Maître Jean parvient à lier la sauce et à retomber sur ses pattes tout en faisant avancer l’intrigue de la série…C’est du tout grand Art. Aymond quand à lui s’améliore de tome en tome au niveau graphique. Les décors sont soignés, l’action est bien rendue. C’est une lecture délassante, sans prise de tête et une histoire bien ficelée…Ce serait dommage de passer à côté d’un tel ouvrage…Nazdrovié Shania !

7,5/10

Capitol.

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LE JANITOR – T3: Les revenants de Porto Cervo

Couv_99974PlancheA_99974Dessin François Boucq  

Scénario: Yves Sente

Edition Dargaud

Résumé (de l’éditeur) : Vince appartient aux services de sécurité extérieure de l’Église catholique. En réalité, c’est un janitor, un membre occulte des services de renseignement de la curie romaine. Chargé de lutter contre une organisation secrète, le Nouveau Temple, Vince doit démasquer les assassins d’un prêtre sarde qui a photographié des dignitaires du Nouveau Temple en pleine action. Il faut faire vite : l’ordinateur que les tueurs ont dérobé à leur victime permet de pénétrer au cœur de Cognitio, puissant moteur de recherche des Renseignements du Vatican…

Mon avis : Déjà le troisième tome de la série et toujours le même plaisir de lecture…Un duo d’auteurs talentueux et renommés (Boucq-Sente), un sujet intéressant (les services de renseignement du Vatican), un personnage central atypique (un séminariste, coqueluche de ces dames), autant d’éléments qui font que la sauce a déjà pris pour moi dès le premier tome. Dans ce tome, l’histoire continue son petit bonhomme de chemin. Nous allons en apprendre un peu plus sur des détails de la vie de Vince, cet homme d’action du Vatican. De plus, sa vie privée va s’inviter dans sa vie professionnelle d’une drôle de façon. Bien raconté, bien dessiné, une BD d’action et d’espionnage qui ravira les amateurs du genre…Il est préférable de commencer par le tome 1 sous peine de perdre une grosse partie du plaisir de la lecture. Laissez-vous tenter par cette série, ce n’est pas un péché de succomber à la tentation. Vous serez absout d’avance…

 7,5/10

Capitol.

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ENCYCLOMERVEILLE D’UN TUEUR – T1: L’orphelin de Cocoyer Grands Bois

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Dessin : Thierry Ségur  

Scénario: Patrick Chamoiseau

Edition Delcourt

 

Résumé (de l’éditeur) : Tout commence par une terrible nuit… Un enfant assiste à la mort de ses parents, massacrés par un monstre dément. Recueilli par le fossoyeur du cimetière de Cocoyer Grands-Bois, l’orphelin est initié au monde de la Merveille et de ses créatures damnées qu’il devra tôt ou tard affronter, tel son père, le dernier grand chasseur à avoir pratiqué cet art à l’aube du plus colossal des bouleversements.

 

Mon avis : Dans le cadre de mes lectures plus risquées, une âme bienveillante m’a refilé cette BD en me disant qu’elle est « extraordinaire ! ». Je ne suis pas spécialement attiré par le genre fantastique, donc c’est avec beaucoup de recul que j’ai ouvert cet opus barré d’un bandeau rouge annonçant : « La saga flamboyante ». Dès le départ, ce qui saute aux yeux, se sont les couleurs vives, des dominantes rouges, jaunes, bleues. Les pots de couleurs sont tombés sur les planches…la BD alterne des planches dites « classiques » et d’autres complètements atypiques et déstructurées. Par moment, il faut s’accrocher pour suivre, tellement le graphisme prend la tangente, le dessinateur a pu donner le maximum de sa créativité pour expliquer la démesure et la folie des phénomènes décrits par le scénario. Le dessin est également très cinématographique, le découpage et les angles de vue reflètent bien cette façon de dessiner de Thierry Ségur. Le scénario est du à la plume de Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992). Les deux auteurs sont antillais, l’action se passe aux Antilles. Ils nous font pénétrer dans toutes les croyances locales concernant le culte des morts, les rapports avec les esprits des ancêtres…Le décor est planté, en route pour un voyage au bout de la nuit…Au final, un album qui sort des sentiers battus, époustouflant et déjanté, un choc pour tout qui fera l’effort de mettre de côté son côté cartésien et de se laisser emporter par cette histoire vraiment très spéciale…

 

8,0/10

 

Capitol.

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CAP HORN – Tome 1 & 2

caphorn01_couvCouv_9335093350_plaT1 : La baie tournée vers l’Est

T2 : Dans le sillage des cormorans

Dessin : Enia Riboldi  

Scénario: Christian Perrissin

Les Humanoïdes associés

 

Résumé (de l’éditeur) : En cette fin du XIXe siècle, la région, la terre de feu, grande comme une bonne moitié de France, n’est fréquentée que par les chercheurs d’or, les missionnaires anglais, les pêcheurs de phoques, les militaires chiliens et argentins, quelques filles à la dérive et, bien sûr, les tribus séculaires Ona, Alakaluf et Yahgan. C’est dans ce monde hors du temps, là où les dernières montagnes andines viennent se jeter dans l’océan, s’éparpillant en une multitude d’îles dont la plus extrême n’est autre que le cap Horn, que vont se croiser plusieurs personnages aux destins tourmentés. Oushouaya n’est pas encore la ville la plus australe de la planète, mais une mission anglicane doublée d’un poste militaire argentin. Oushouaya est aussi le refuge des derniers Indiens Yamana et de quelques aventuriers égarés. L’un d’eux s’appelle Johannes Orth. Et il est poursuivi…Une histoire d’aventures, où Indiens, missionnaires, parias et navigateurs affrontent les épreuves du climat et des éléments en Patagonie, en même temps que les fantômes du passé et leurs démons intérieurs. Une fresque entamée par le scénariste d’El Nino, où l’on retrouve son souffle littéraire, son sens de l’épopée moderne. Une histoire prévue en cinq tomes

Mon avis : Plus de quatre années entre la sortie du tome 1 et du tome 2 ! Ce n’est pas banal mais c’est pourtant le sort de la série « Cap Horn ». D’après l’éditeur, nous aurons 5 tomes, cela nous fera donc à ce rythme-là une fin de l’histoire pour au plus tôt en 2021…Au départ, le tome 2 devait sortir début 2007, les problèmes financiers de l’éditeur ont reculé la parution de ce tome 2. Voici qu’il sort avec la réédition du tome 1(et une nouvelle couverture). Je ne vous cache pas que j’ai du reprendre le tome 1 et le relire dans la foulée avec le tome2. Je dois avouer également que je ne me souvenais plus du tout de l’histoire…Pas spécialement un bon indice…Je me souvenais par contre d’avoir apprécié l’histoire mais ce premier tome ne m’a pas laissé un souvenir indélébile. Le tome 2 confirme ma première impression du tome 1. Cela se laisse lire sans problème mais on ne va pas atteindre les sommets non plus. Le Cap Horn, il n’en est pas beaucoup question. Parlons plutôt de la Terre de Feu, cette région inhospitalière, un far-south en Amérique du Sud où se côtoient des colons, des militaires, des aventuriers, des hommes d’Eglise, des indiens, un navigateur (le seul concerné par le Cap Horn en fin de compte). Tout ce petit monde aux destinées bien différentes va devoir se fréquenter à cause de circonstances très particulières…Au niveau du scénario, le sujet est inédit et novateur quoiqu’on puisse peut-être reprocher de mélanger les genres, plusieurs idées, qui auraient pu faire des séries différentes. Je ne suis pas certain que la navigation à voile vers le Cap Horn soit vraiment un sujet à lier à la conquête de la Terre de Feu…Le dessin est d’un bon niveau sans être exceptionnel mais souffre à mon avis d’une colorisation pas assez aboutie qui gâche un peu le dessin. En conclusion, une série d’aventure d’un bon niveau sans être exceptionnel, loin de là, mais qui ravira les amateurs du genre. En espérant que la parution des autres tomes sera plus soutenue et qu’il ne faudra plus attendre 4 années pour lire le tome 3 de la série.

 

7,0/10

Capitol.

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BLAKE ET MORTIMER – La malédiction des trente deniers

Couv_96034PlancheA_96034Dessin : René Sterne et Chantal De Spiegeleer  

Scénario: Jean Van Hamme

Editions Blake et Mortimer

Résumé (de l’éditeur) : Mortimer a été invité en Grèce pour identifier une découverte archéologique bouleversante : les 30 deniers de Judas. Frappant d’une malédiction quiconque les touche, les pièces seraient la manifestation physique de la colère divine ! Entre de mauvaises mains, un tel artefact entraînerait, à coup sûr, la chute de l’humanité. Et, justement, le FBI requiert l’aide de Blake de toute urgence : Olrik vient de s’évader du pénitencier de Jacksonville… Si le sinistre colonel n’est pas à l’origine de ce coup d’éclat, la perspective de se venger de son ennemi Mortimer aura tôt fait de le convaincre de participer au vol des 30 deniers. Fantasme théologique ou réalité scientifique, le danger est bien réel !

 

Mon avis : Encore un album qui a fait couler beaucoup d’encre ! C’est le retour de Jean Van Hamme, 8 ans après « l’étrange rendez-vous » mais aussi un livre chargé d’émotionnel et d’affectif au niveau du dessin. En effet, René Sterne, le dessinateur, est décédé subitement pendant la réalisation de l’ouvrage. Le dessin a été alors repris par sa veuve Chantal de Spiegeleer qui a voulu ainsi terminer le travail de son défunt époux. Alors le résultat ? Loin d’être catastrophique comme annoncé par certains…Cet album ne va pas révolutionner la série, c’est du Blake et Mortimer pur jus avec ses codes graphiques et scénaristiques. Mais soyons en sûr, cela va ravir tout les inconditionnels de la série. Jean Van Hamme nous a concocté une histoire qui cadre bien dans l’esprit de la série avec des voyages, de l’action, de l’archéologie, un mystère, un peu de surnaturel…Jean Van Hamme sait y faire…Rien à redire…Au niveau du dessin, le dessin de Sterne est excellent (il aurait dessiné les planches jusqu’à la numéro 22, d’après ce que j’ai lu…). La ressemblance avec le graphisme de Jacobs est saisissant, un vrai régal…La reprise de Chantal De Spiegeleer est excellente également et je n’ai pas spécialement vu une transition. Si on veut bien aller voir dans les détails, on peut en effet remarquer des différences mais cela n’altère en rien le travail général et le plaisir de lecture. Je dois d’ailleurs saluer ici le travail des deux dessinateurs qui ont su se mettre dans le moule de Jacobs…Cela ne doit pas être évident et d’autant plus pour Chantal De Spiegeleer avec toute la charge émotionnelle en plus…En conclusion, j’ai bien aimé cette première partie et j’attends maintenant la seconde. Seul petit bémol, et beaucoup l’ont souligné à juste titre, c’est la couverture qui n’est pas très accrocheuse mais cela reste du détail…Le meilleur est à l’intérieur de l’album, by Jove !

 

7,5/10

Capitol.

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BLAST T1: Grasse carcasse

Couv_97655PlancheS_21937Dessin  et  scénario: Manu Larcenet

Editions Dargaud

Résumé (de l’éditeur) : Un homme seul, obèse et sale, est amené au commissariat. Ce qu’il a fait, pourquoi il est là, nous n’en savons encore rien. Au cours de l’interrogatoire, confession impudique, il va livrer sa vie et expliquer comment il a un jour lâché prise et est parti sur les routes à la recherche du Blast, cet instant magique où tout s’illumine et sa vie devient parfaite.

Mon avis : Devant une avalanche de louanges presqu’unanimes de la plupart des critiques BD de la place parlant de « chef d’œuvre absolu » de Manu Larcenet, je me suis laissé convaincre de faire l’achat de ce tome 1 de Blast, une brique de près de 200 pages avec une couverture en carton épais…Bel objet au demeurant…Je me suis délesté d’une vingtaine d’euros et je suis rentré tout content chez moi…J’allais lire l’album de l’année!…Je sais que je vais me faire descendre en flammes par les révérends de Larcenet, mais je dois dire que pour moi c’est une grosse déception…Je m’explique…Le dessin est exclusivement en noir et blanc sauf lorsque le personnage principal à un Blast…on y découvre à ce moment des coloriages et des dessins d’enfants. Tout un symbole…D’ailleurs, Larcenet en use et abuse des symboles tout au long de son livre…Le dessin tout en ombres et larges aplats noirs est globalement une réussite. Cela nous vaut quelques planches superbes comme celle qui représentent les statues de l’Ile de Pâques…Encore le symbolisme…Larcenet prend son temps en tout cas pour divaguer, disserter en dessins. Cela nous donne un résultat très contrasté car l’album recèle également quelques planches pas indispensables qui représentent pour moi plus du remplissage plutôt qu’une progression réfléchie. Bien évidemment, quand on a 200 planches à livrer, on peut se permettre des digressions…Le côté graphique est donc plutôt bien. Ceci dit, pour parler d’un détail, je me demande pourquoi le père du personnage principal est affublé d’un énorme bec d’oiseau…Cela doit être encore lié à du symbolisme…Le scénario par contre, ce n’est pas ce que Larcenet à fait de mieux. J’ai beaucoup apprécié des séries telles que « le retour à la terre » ou « le combat ordinaire » pour ne citer que ceux là. Mais là, C’est lent, ça n’avance pas. L’auteur nous montre un personnage principal qui est un beau parleur certes, c’est bien écrit, bien présenté, mais qui nous mène en bateau pendant 200 pages pour en arriver à quoi ? Rien ou pas grand chose…L’histoire a à peine avancé…et il y a encore 4 tomes de 200 pages à se taper à ce rythme là ? J’ai franchement l’impression que Larcenet ne sait pas encore où il va, comment et par où il y va…Ce scénario est hermétique et se cherche. Ce scénario me semble mièvre et pas passionnant pour un sous… Franchement je n’adhère pas à l’histoire, je me suis emmerdé grave pendant 200 pages pour un trip pas abouti, pour lecteur dépressif et masochiste. Dargaud a bien vendu son produit et en a fait un évènement l’air de rien mais je  pense que je ne continuerai pas cette aventure éditoriale avec eux en achetant les prochains tomes de la série…Une dernière note pour signaler que le livre  est imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement…On va pouvoir continuer à gaspiller le papier…C’est une bonne nouvelle dans le contexte de la surproduction éditoriale actuelle.

 

6/10

Capitol.

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MAGASIN GENERAL – T5: Montréal

Couv_97432planchemagasin général51Dessin  et  scénario:

 Régis Loisel & Jean-Louis Tripp

Editions Casterman

 

Résumé (de l’éditeur)   Marie et le jeune Marceau, dans un bref moment d’attirance mutuelle, se sont abandonnés l’un à l’autre. Un épisode charnel qui, hélas pour eux, n’a pas tardé à se savoir. La promise de Marceau, Clara, a débarqué publiquement au magasin général en furie, accusant Marie de lui avoir volé son fiancé. Cris, larmes. Le curé s’en mêle, on jase à qui mieux mieux dans les familles, et bientôt c’est tout le village qui entre en ébullition ! Conséquence directe : le magasin général est en partie déserté et c’est tout Notre Dame des Lacs, ou presque, qui s’applique à éviter Marie comme une pestiférée. Lorsque sa meilleure amie Adèle rejoint elle aussi la réprobation générale, c’en est trop pour la jeune veuve : elle décide de partir ! De quitter la petite communauté, au moins pour un moment. Sur les conseils de Serge, accompagnée de Jacinthe qui vient de perdre sa grand-mère, Marie prend la route de Montréal…

 

Mon avis : On ne s’en lasse pas ! Cinquième tome du Magasin général et toujours le même plaisir de lecture. On pourrait pourtant s’attendre à ce qu’au 5e tome l’histoire commence à tourner en rond, à ce qu’il y ait des « redites », des baisses de régime,…Et bien non, pas du tout ! La fraicheur reste de mise, de nouvelles péripéties relancent l’histoire et font découvrir à chaque tome une nouvelle facette d’un ou des personnages. Le village vit sa vie avec toutes ses joies, ses peines, ses scandales, ses cancans, ses intrigues,…C’est la vie d’un village qui se déroule devant nos yeux avec des évènements anecdotiques ou importants mais qui chamboulent la vie d’une petite communauté. Mais à aucun moment, le lecteur n’a envie de lâcher le livre car cela reste passionnant malgré un tempo qui peut sembler à première vue lent. Et pourtant, il se passe toujours quelque chose dans ce petit village du fin fond du Québec…Le scénario est un petit chef d’œuvre permanent, les dialogues sont ciselés et savoureux. Les scénaristes nous font découvrir des sentiments contrastés et l’impact du « qu’en dira-t-on ? » sur les comportements de chacun, avec ses conséquences inattendues…  Enfin le dessin, une marque de fabrique, est toujours aussi étonnant. La colorisation vient parachever le tout…A lire de toute urgence, tabernacle !

 

8/10

Capitol.

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ORVAL – Première partie

Couv_98981orvalp_Dessin et  scénario: Servais

Editions Dupuis

Résumé (de l’éditeur) :   Grandeur et décadence de l’Abbaye d’Orval (en Belgique) Le Val d’Or, c’est ce lieu merveilleux de beauté et de richesses naturelles que des moines bénédictins découvrent en l’an 1070, au cours de leur périple à la recherche de l’endroit idéal pour édifier leur abbaye.
Observants de la règle de Saint-Benoît, ils vivent dans la simplicité et le silence, loin de la cupidité et de la violence du monde. Celles-ci franchiront pourtant le clos de l’abbaye, apportant avec elles leur lot de souffrance et de désolation…

 

Mon avis : C’est le retour de Servais, le chantre de la Gaume. Il s’intéresse ici à l’Abbaye d’Orval, une halte touristique bien connue des Belges où il est de bon ton de déguster une bière trappiste. Pour votre édification personnelle, il faut savoir que l‘Orval, bière brassée à l’Abbaye d’Orval, dans la province de Luxembourg, a une teneur d’alcool de 6,2 %.Les secrets de fabrication sont gardés mais résultent d’une double fermentation et d’une levure spécialement préparée par les moines. Il existe une version plus légère appelée « Orval vert ».

Ceci étant dit, Servais s’est laissé convaincre de raconter l’histoire de l’Abbaye à travers les temps.Bien évidemment, il a pris l’option de romancer son histoire en se focalisant sur la période troublée de la révolution française. Mais cela ne l’empêche pas de faire des digressions sur la vie de Saint Benoit, sur la fondation de l’Abbaye, sur la légende de l’anneau d’or…C’est habillement raconté, Servais sait y faire en matière de scénario. Le dessin est toujours aussi somptueux. Bien évidemment, Servais en profite pour revisiter à nouveau ses thèmes favoris : la nature, les animaux, les gens, l’amour, la trahison, la société et ses castes sociales,…Cela nous vaut un excellent album avec de très belles planches, très colorées,…J’ai aimé ce livre tant au niveau graphique que de l’histoire. Mais j’ai surtout appris beaucoup sur Orval qui valait bien que Servais s’y penche un peu…Un livre à lire bien au calme, confortablement assis dans son fauteuil, avec une bière d’Orval et des petits fromages…Un plaisir de lecture à consommer sans modération…

 7,5/10

Capitol.

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SEPT CAVALIERS -T1 & T2

90652_c90655_c90655_plaT1 : Le Margrave héréditaire

T2 : Le prix du sang    

Dessin et  scénario: Jacques Terpant

D’après le roman de Jean Raspail

Collection : Hors collection – Editions Delcourt

Résumé (de l’éditeur) : Prospère et lumineuse autrefois, la Ville est presque abandonnée… Sans raison, une folie étrangère s’empare de tous les enfants, comme possédés par la rage… Ils désertent la contrée qui dès lors tombe en déliquescence. Pour rompre ce mortel ensorcellement, pour savoir où est passée la vie, sept cavaliers quittent la Ville sur l’ordre du Margrave… Commence alors le plus étrange des voyages.

Mon avis : Encore une série parue à l’origine chez Robert Laffont et qui a été reprise par Delcourt ! Samba avait chroniqué le premier tome et n’avait franchement pas aimé. Le tome 1 ressort donc chez Delcourt sous une autre couverture et avec un cahier graphique supplémentaire de huit pages en même temps que le tome 2 de la série. Voilà le décor planté…J’ai donc lu d’une seule traite ces deux volumes et franchement, j’ai apprécié l’adaptation de l’univers de Jean Raspail. J’ai trouvé l’avis de Samba fort tranché et un peu injuste par rapport au travail fourni. J’ai accroché directement à l’histoire même si des zones d’ombres restent en suspens. Mais n’est-ce pas le propre d’un scénario de ne pas tout raconter d’emblée? Autant le dire directement, à la fin du tome 2, l’aventure est loin d’être terminée et Dieu sait ce qu’elle nous réserve…Je n’ai pas été dérangé par les dialogues. Le dessin lui m’a vraiment séduit et je l’ai trouvé très précis, au contraire de ce qu’écrivait Samba. Les attitudes et mimiques des personnages ne m’ont pas choqué, ennuyé. J’ai même trouvé le dessin de très grande classe et la colorisation excellente. J’ai apprécié la lecture de ces deux volumes que j’ai lus d’une traite. J’attends la suite avec impatience. Je sais bien que tous les goûts sont dans la nature mais je ne sais pas quelle mouche a piqué Samba ce jour là ! Il ne devait pas être en grande forme ou alors ce n’est pas du tout son genre de lecture…Pour ma part, cette BD m’a donné envie de découvrir un peu plus l’œuvre de Jean Raspail… 

7,5/10

Capitol.

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CHE

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Dessin : Alberto & Enrique Brescia 

Scénario: Oesterheld

Editions Delcourt

 

Résumé (de l’éditeur) : Monté en flash-back à partir du moment où Che Guevara est coincé dans la jungle bolivienne, peu avant sa mort, Che est un livre exceptionnel par son propos, sa force plastique et son histoire éditoriale. Il est dessiné par le maître de la bande dessinée argentine Alberto Breccia et par son fils Enrique. Tous deux imaginent des systèmes de correspondances graphiques très novatrices pour l’époque.

Mon avis : La couverture est accrocheuse, un bandeau noir sur la couverture explique : « Enfin disponible la biographie interdite du Ché ».J’ai craqué pour l’achat de cet album d’autant plus que le graphisme me semble sortir des sentiers battus…Mais replaçons le livre dans son contexte. En 1968, ce livre parait en Argentine et est vendu à 60.000 exemplaires, pas mal ! En 1973, lors de l’arrivée de la junte militaire, le livre est interdit. Les auteurs sont menacés et les planches détruites. Seuls quelques exemplaires de la bande dessinée sont enterrés sous un arbre. En 1977, les militaires font disparaître Hector Oesterheld, le scénariste. A partir de 1985, quelques exemplaires réapparaissent en Espagne en édition de luxe puis en 1990 en Belgique avec le collectif Fréon et la revue Frigobox…C’est l’éditeur qui nous raconte l’histoire de ce livre en page 4 de couverture. Déjà tout un roman ! Le mythe du Ché débarque en BD après un long silence. Delcourt est sur la balle pour le buzz! C’est en ayant bien en mémoire ce background que je commence la lecture, cela démarre plutôt bien. Le graphisme est uniquement en noir et blanc avec beaucoup d’ombres et des traits appuyés à l’envie. C’est vrai que c’est peu vu dans le genre mais je dois reconnaître que j’ai parfois des soucis pour reconnaître « qui est qui ». Les personnages ne sont pas toujours bien déterminés. Les dialogues sont plutôt courts mais les commentaires en bordure de dessin sont très présents et plus imposants…Je rentre plus dans la lecture que dans le graphisme. Je décroche par moment car il y a des éléments sans aucune autre explication qui tombent à plat. J’ai l’impression d’être dans un ouvrage écrit uniquement pour des personnes initiées qui font partie d’un cénacle dont je ne fait pas partie…Enfin, passons sur ces moments d’incompréhension et de solitude…Le scénario alterne des séquences dans le maquis et la vie chronologique du Ché…Cela n’améliore pas du tout la compréhension…Au fur et à mesure que j’avance dans ce livre, les dialogues disparaissent petit à petit pour devenir un long texte sans accroche, le dessin ne fait que suggérer de loin l’action…si action , il y a …Cette lecture deviens pour moi un calvaire…Je fatigue vite, je laisse le livre sur le côté…Pas la joie !   3 jours se passent , c’est de plus en plus pénible…J’ai laissé le livre là à 10 pages de la fin…Je n’en peux plus…Pauvre Ché ! C’est pas avec ce livre que Delcourt va faire sa révolution…Il faut remettre le livre dans son contexte des années ’60, de la Bd de l’époque, du militantisme et du courant de sympathie déclenché par le Ché en Amérique du Sud et dans le monde…Mais à la lumière d’aujourd’hui, cet ouvrage n’a plus le même éclat, il est même bien terne. Au vu de mon développement, je donne 5/10 et je crois que je suis encore très large par rapport à mon réel plaisir de lecture…

 5/10

Capitol.

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