LARGO WINCH -Tome 17:Mer noire.

Couv_117360.jpgPlancheA_117360.jpgDessin : Philippe Francq- Scénario : Jean Van Hamme

Editions Dupuis

Sortie le  12/11/2010

Prix conseillé : 11,50 €

Genre : Aventures

 

Résumé (de l’éditeur) : Largo Winch est impliqué malgré lui dans une affaire de trafic d’armes et de terrorisme international. Cible d’adversaires très organisés, Largo se retrouve avec le FBI aux trousses. Pour comprendre ce qui se passe, il n’a pas le choix : direction les ports de la mer noire, où les eaux sont manifestement des plus troubles…

 

Mon avis : Largo winch fête ses 20 ans avec ce tome 17 qui sera en réalité un diptyque !

L’album commence par une note de service envoyée à tous les collaborateurs du Groupe Winch signée par Largo et qui fait le topo de situation économique actuelle. Une bonne mise en bouche. Les planches 5,6 et 7 sont un pastiche d’une interview de Largo parue dans Newsweek.com. Il y explique les mesures prises pour passer sans trop de casse la crise et sortir son groupe du marasme conjoncturel. Van Hamme remet ainsi l’album dans le contexte du moment et fait passer via son héros sa philosophie de la gestion de la crise, du personnel et des salaires avec des mesures comme celle de raboter de 50% les salaires des Top managers du Groupe W. Certains zapperont ces pages mais elles donnent malgré tout un éclairage particulier sur la psychologie des personnages principaux du groupe W. Page 15 un des Top manager parle à un de ses collègues et dit : « Ma femme râle à mort depuis que j’ai accepté de réduire mes appointements de moitié »…Par petites touches, ça et là, Jean Van Hamme vise juste. Mis à part, c’est deux intermèdes en début d’album, c’est du Largo Winch « pur jus » avec des coups tordus, de l’action, des jolies filles, de l’humour…A la planche n°9, Largo est à une réception de mariage et on y voit l’avocat de Largo qui a les traits de Jean Van Hamme déclarer sous forme de clin d’oeil : « (je suis) Son avocat. Il m’arrive de temps à autre de devoir le tirer d’un mauvais pas ».Autre exemple : planche 28. Largo se retrouve au lit avec son « ex » qui lui dit : « Mmh…Tu as fait des progrès depuis le jour où je t’ai dépucelé ».

Au niveau du scénario, c’est donc très bien parti d’autant plus que l’intrigue se déroule dans le cadre de la marine commerciale, qui est un monde tout à fait à part et qui laisse de grosses perspectives au niveau du récit. Je me réjouis de voir ce que va nous concocter Maître Van Hamme. Une grosse attente donc pour cette suite qui s’appellera : « colère rouge ».

Reste l’aspect graphique. Encore une fois, en ouvrant l’album, c’est les couleurs qui sautent aux yeux.Ca en jette un maximum et je m’extasie toujours des couleurs de Fred Besson et Philippe Francq. Pas franchement naturelles car saturées un maximum mais que c’est beau…

Le dessin de Philippe Francq est toujours aussi exceptionnel : les attitudes, les expressions, les jolies filles, des décors somptueux, un sens du cadrage, c’est du cinémascope sur papier…

Faut pas être grand connaisseur pour s’en rendre compte…

Pour terminer cette chronique, je dirai que c’est du tout bon Largo Winch et cela confirme la tendance existante depuis quatre à cinq volumes. J’ai dévoré d’une traite et il ne fallait pas me déranger à ce moment là… La série Largo Winch se vend bien (pas bien pour les ronchons !) mais c’est aussi vachement bien foutu comme série…

 

8,5 /10

 

Capitol.

 

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NATACHA – tome 21: le regard du passé

Couv_117606.jpgPlancheA_117606.jpgDessin : François Walthéry- Scénario : Mythic et Thierri Martens

Editions Marsu productions

Sortie le  29/10/2010

Prix conseillé : 9,95 €

Genre : Aventures

 

Résumé (de l’éditeur) : Bloquée au Caire, à la suite d’un concours de circonstances, Natacha décide de mettre à profit ce contretemps pour visiter les prestigieux sites de Louxor et de Karnak. Mais son intérêt pour les splendeurs de l’Égypte antique n’est pas seulement archéologique…La belle compte bien en profiter pour résoudre le mystère de la disparition momentanée de sa grand-mère. Quelques dizaines d’années auparavant, en effet, alors qu’elle était membre d’une mission archéologique, elle a été retrouvée errant dans le désert, dépourvue du moindre souvenir de ce qui lui était arrivé. Bien décidée à résoudre cette énigme, Natacha, flanquée d’un Walter bougon et assommé de chaleur, s’enfonce dans la fournaise de l’été égyptien, guidée par un mystérieux vieillard sur qui elle semble exercer une étrange fascination…

 

Mon avis : Natacha fête ses 40 ans et François Walthéry nous sort pour l’occasion son vingt et unième tome et quel tome !… Le maître de Cheratte Hauteur, entre Visé et Liège, est un auteur phare de la bande dessinée. Il a connu les plus grands, travaillé avec des pionniers de la BD dont le plus important fut Peyo. Il est un personnage de légende, connu comme Barrabas, étant de toutes les fêtes et réjouissances de la région de la Basse Meuse, de Liège et environs, ne rechignant jamais à participer à une séance de dédicace. En résumé, c’est « le » dessinateur liégeois incontournable et d’une modestie extraordinaire malgré son parcours professionnel exceptionnel. Alors ce tome ? Excellent ! Le scénario est de Mythic et Thierri Martens, un ancien redac’chef de Spirou. C’est une aventure qui se déroule en Egypte, une sorte d’histoire à l’Indiana Jones avec des rebondissements, beaucoup d’humour, des personnages bien typés (l’entrepreneur de travaux publics bruxellois vaut son pesant d’or…) et j’en passe. Sans se prendre la tête, c’est vraiment un bel ouvrage que nous livrent les scénaristes. Reste le dessin. Un François Walthéry en grande forme, un dessin bien documenté, dynamique…Que demander de plus ? Last but not least, la colorisation est très réussie.

Pour conclure, probablement un des meilleurs Natacha de la série. J’ai dévoré cette BD d’une traite et je suis moi-même étonné de la qualité de cet opus. François Walthery se bonifie encore. A découvrir ou à redécouvrir…

 

8,0 /10

 

Capitol.

 

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RIC HOCHET: Tome 78: A la poursuite du Griffon d’or

116228_c.jpgDessin : Tibet- Scénario : André Paul Duchâteau

Editions Le Lombard

Sortie le  29/10/2010

Prix conseillé : 9,95 €

Genre : Polar

 

Résumé (de l’éditeur) : Les balades en forêt ne sont plus ce qu elles étaient ! Cette fois, Ric et Nadine y ont trouvé un homme ligoté et ceinturé d’explosifs qu une balle, signée Monsieur
Bombe, a déclenchés sous leurs yeux. Mais qui pouvait donc en vouloir à ce point à Calewski, célèbre chasseur de trésors engagé dans le « jeu du griffon d’or », consistant à retrouver la précieuse statuette cachée par le Baron Barney ? Le gouvernement chinois, légitime propriétaire de l artefact ? Un concurrent jaloux ? Pour le savoir, Ric n a d autre choix que de s essayer à son tour à l’énigme du Baron…

 

Mon avis : Décédé le 3 janvier 2010, Tibet était entrain de réaliser ce tome 78 intitulé « A la poursuite du griffon d’or ». Il s’agit donc d’un album inachevé. Ce n’est pas un remake de « Tintin et l’Alpha –Art » qui était vraiment un début d’ébauche, à la limite de l’arnaque éditoriale…Rien de tout cela ici puisque Tibet était arrivé à la planche 28 (sur 44).Ce qui est passionnant dans cet album, c’est qu’on peut décortiquer par étapes les différentes phases de la confection graphique des planches. Après une introduction d’André Paul Duchâteau, son ami scénariste depuis près de 55 ans, un bail…, le lecteur découvre sur la page de gauche, une première ébauche rapide de la planche. En face, sur la page de droite, se trouve la planche définitive correspondante. Les planches sont en noir et blanc, pas de couleurs dans cet album. Les planches 1 à 12 sont complètement terminées. Les planches 13 à 17 sont également achevées, sauf que les décors de Frank Brichau n’ont pu être ni contrôlés, ni retouchés par Tibet. Les planches 18 à 27 comportent les personnages encrés par Tibet alors que les décors sont seulement esquissés par l’auteur au crayon. La planche 28, uniquement au crayon, ne comporte que le pré découpage et le texte des bulles. En fin d’album, un résumé du scénario permet au lecteur de se faire une idée de la fin de l’histoire. Quelques photos montrent la table de travail de Tibet, telle qu’il l’avait laissée au moment de son décès.

Cet album permet de voir comment travaillait Tibet. Entre l’ébauche et la copie terminée, on peut déjà voir des changements sensibles au niveau des traits des personnages, des attitudes,…C’est passionnant de comparer les deux versions.

A noter que l’histoire en elle-même ne manquait pas d’allant et Duchateau avait trouvé un bon sujet d’enquête, inspiré par la réalité, la recherche d’un trésor caché dans le cadre d’un concours organisé.

Un album hommage émouvant que j’ai bien aimé. Mais c’est plutôt un album didactique plutôt qu’une vraie BD. Certaines personnes qui ne sont pas au courant et qui n’auront pas pris le temps de feuilleter l’album chez leur libraire seront probablement surpris en l’ouvrant pour le lire…

 

 

7,0 /10

 

 

Capitol.

 

 

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I.R.S.-ALL WATCHER – tome 5: Mia Maï

Couv_117533.jpgPlancheA_117533.jpgDessin : Marc Bourgne – Scénario : Stephen Desberg

Editions Le Lombard

Sortie le  05/11/2010

Prix conseillé : 10,95 €

Genre : Polar Financier

 

Résumé (de l’éditeur) : À mesure que l’enquête All Watcher progresse, Larry B. Max et ses alliés commencent à comprendre les liens qui unissent les cinq personnes qu’ils soupçonnent d’être « le trou noir de la finance internationale ». Il entrevoit aussi les raisons qui les ont poussés à investir dans des terrains sans valeur à Los Angeles ou à Rio. Alors, pourquoi Mia Maï veut-elle renoncer au dossier de sa vie, alors même qu’elle n’a jamais été aussi près de découvrir qui, des cinq suspects, est réellement All Watcher ?

Mon avis : Le spin-off de I.R.S. continue à sortir à un rythme soutenu. Après la catastrophe graphique du tome 4, le tome 5 a le bon goût de me réconcilier avec la série grâce à plus de consistance et de continuité dans le dessin de Marc Bourgne. Je l’ai déjà dit, le vrai moteur de la série, c’est le scénario de Stephen Desberg qui est fouillé et fait avancer l’histoire sur plusieurs fronts, sur plusieurs personnages. Tout ce beau monde va en fin de compte se rencontrer pour une grande confrontation à lire dans le tome 6. Parfois, il faut s’accrocher, être bien concentré dans sa lecture pour suivre les nombreuses séquences avec les différents antagonistes de l’histoire qui s’entrecroisent. La transition entre les différents plans n’est pas toujours évidente.

En conclusion, cette  bonne petite série avance à marche forcée, après s’être un peu fourvoyée dans un graphisme bâclé à certains moments. Morale de l’histoire : Il n’est pas facile de faire travailler beaucoup de monde en respectant des timings serrés. On ne fait jamais un travail de grande qualité dans la précipitation. A méditer…

 

7 /10

 

Capitol.

 

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WAYNE SHELTON – Tome 9: Son Altesse Honesty

115952_c.jpgPlancheA_115952.jpgDessin : Christian Denayer – Scénario : Jean Van Hamme

Editions Dargaud

Sortie le  05/11/2010

Prix conseillé : 10,95 €

Genre : Aventures

 

Résumé (de l’éditeur) : Son docteur avait recommandé à Wayne Shelton de ménager son coeur mais, en période de crise, aucun mercenaire ne peut se permettre de refuser un contrat.
Sur le papier, le plan est simple : son amie Honesty se fera passer pour la souveraine d’un grand-duché très convoité, tandis que Wayne assurera la sécurité de l’originale. Mais, bien vite, le baroudeur comprend que quelqu’un a réécrit le script en coulisses et que cette comédie politique risque de virer au drame… Tant pis pour les conseils du médecin !

 

Mon avis : C’est le retour de Jean Van Hamme au scénario après l’intermède Thierry Cailleteau. Et c’est plutôt une bonne nouvelle après deux tomes (les 7 et 8) franchement décevants au niveau du scénario. Qui ou quoi a bien pu pousser Maître Jean à revenir aux affaires, lui qui voulait lever le pied sur certaines séries? Il parait cependant que les auteurs se sont bien amusés à faire cet album et cela se lit, se voit, se sent. En effet, me voilà réconcilié avec Wayne Shelton. La qualité du scénario du coup est remontée d’un cran. Le dessin de Denayer est excellent, une habitude. De plus, il nous gratifie de quelques belles planches sur Bruxelles ou se déroule le début de l’histoire. On n’atteint pas les sommets mais c’est un excellent exemple d’un album d’aventure plaisant à lire et de bonne tenue.

 

 

7 /10

 

 

Capitol.

 

 

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GOLDEN CUP – Tome 5: le baiser du dragon

115617_c.jpg115617_pla.jpgDessin : Alain Henriet – Scénario : Daniel Pecqueur

Couleur : Usagi

Editions Delcourt

Collection Série B- Néopolis

Sortie le  06/10/2010

Prix conseillé : 13,50 €

Genre : Aventures

 

Résumé (de l’éditeur) : Après sa violente sortie de route en Sibérie, Daytona a été relégué dans les profondeurs du classement, mais ne s’avoue pas vaincu pour autant. Au contraire : plus déterminé que jamais, il prend tous les risques pour tenter de combler son retard sur les autres concurrents, parmi lesquels se trouve son amie Brenda qui, à peine la frontière chinoise franchie, a été kidnappée… Direction Pékin !

Mon avis : Cinquième tome de la série Golden Cup. Après seize mois d’attente entre deux tomes, il n’est pas toujours évident de reprendre le fil de l’histoire. D’autant plus, qu’il ne se passe pas grand-chose au niveau de la course automobile mais par contre cela ne chôme pas avec les personnages annexes. Daytona, le personnage principal, reste à nouveau en retrait et plutôt passif. La route entre Pekin et Agra en Inde, un fameux bout de chemin, est avalé en 4 planches! Pour aller vite, cela va vite…C’est estampillé « série B » et cet album en porte bien le nom. Cela se laisse lire mais je dois dire que contrairement aux autres tomes, je suis resté un peu sur ma fin au niveau du scénario. Un album de transition dans la série ? Un petit coup de mou dans le scénario ?

 Au niveau du graphisme, Alain Henriet reste excellent avec un dessin élégant et bien en place. Rien à redire. A noter que j’ai bien aimé la mise en couleur d’Usagi, la compagne d’Alain Henriet, qui a su se mettre au diapason de la série où les couleurs sont éclatantes et soutenues. Du très beau travail…

Les amateurs de la série « Golden City-Golden cup » ne rateront pas cet album. Pour ma part, je suis un peu resté sur ma fin…

 

 

 

6,5 /10

 

 

Capitol.

 

 

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HOLLYWOOD – Tome 1: Flash-back

Couv_115495.jpgPlancheA_115495.jpgDessin : Marc Malès – Scénario : Jack Manini

Editions Glenat

Collection Grafica

Sortie le  29/09/2010

Prix conseillé : 13,50 €

Genre : Historique -Cinéma

 

Résumé (de l’éditeur) : En 1891, Max Lexter invente les premières images animées. Il se tourne naturellement vers Edison pour l’aider à exploiter son invention. L’éminent savant, ce génie pragmatique, lui vole son procédé et l’expédie en prison pour toute récompense. Ainsi commence la déchéance de Max et l’incroyable saga du cinéma américain. Il sera sauvé par sa muse Janet et son meilleur ami bien que rival de cœur Tom Mix le cow-boy. Edison, qui contrôle l’industrie cinématographique, n’hésite pas à supprimer ses concurrents et transforme les débuts du cinéma en un Far West épique et sanglant. Pour échapper à l’ombre rapace du savant, Max, Janet et Tom Mix s’exilent dans une paisible bourgade nommée : Hollywoodland. Le répit sera de courte durée car le duel à mort qui oppose le trio au tout-puissant Edison a des enjeux bien plus profonds et mystérieux qu’une simple course au pouvoir et à l’argent.

 

Mon avis : Cette nouvelle série a pour sujet la création du cinématographe et de Hollywood aux Etats-Unis. Nous suivons Max Leter, inventeur d’un système d’image animée, dès le début du récit et ce sera le fil rouge de ce tome. Le lecteur plonge dans les Etats-Unis de la fin du 19e siècle où tous les coups sont permis, y compris les plus sordides pour arriver ou pour rester au sommet. C’est la loi de la jungle. Et c’est la toute la force du scénario. On est directement pris dans l’ambiance de l’époque et dans les pratiques « mafieuses » de certains. Le lecteur est directement pris dans le rythme soutenu de la narration et c’est la force de cet album. Le dessin, je dois l’avouer, m’a dans un premier temps paru un peu rébarbatif, peu attractif. Bien vite cependant, je me suis fait à ce style efficace et direct. Ce n’est pas le graphisme qui porte l’album, il est au service du scénario et c’est déjà très bien comme résultat. Les couleurs restent dans des teintes plutôt ternes et des teintes brunes et grises qui donnent un style rétro de bon aloi. Au final, un excellent livre et surtout le début d’une belle saga.Ce livre reçoit de très bonne critique dans la presse et c’est justifié.

 

8 /10

 

Capitol.

 

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LUCKY LUKE CONTRE PINKERTON

115925_c.jpg115925_pla.jpgDessin : Achdé – scénario : Daniel Pennac et Tonino Benacquista

D’après Morris

Editions Lucky comics

Sortie le  15/10/2010

Prix conseillé : 9,95 €

Genre : Western humoristique

Résumé (de l’éditeur) : Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest. Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

 

Mon avis : Exit Laurent Gerra (fort controversé), bonjour Daniel Pennac (prix Renaudot 2007 – La débauche avec Tardi en 2000) et Tonino Benacquista (l’outremangeur avec Fernandez). Un nouveau duo de scénaristes, issus du roman, s’y atèle. Achdé au dessin nous livre un travail digne de Morris, le mimétisme est extraordinaire.

La forme, il n’y a vraiment rien à dire, pas de mouron à se faire. Reste le contenu et plus particulièrement le scénario, la pierre angulaire de l’édifice, le « gros problème récurrent » de la série actuelle.

Les auteurs se sont basés sur deux éléments réels à savoir Alan Pinkerton (un personnage déjà rencontré dans plusieurs séries) et le complot de Baltimore. C’est toujours un excellent début pour broder une histoire qui tient la route. Reste le traitement de l’histoire et surtout, le plus difficile, trouver le recul nécessaire pour soupoudrer le tout d’un humour de bon aloi, juste à bonne dose, sans pour autant polluer le récit. En d’autre terme, ne pas faire du Gerra période « Belle Province » et essayer de s’approcher de l’œuvre du Maître « Goscinny ». La quadrature du cercle ? Pas nécessairement. Et je pense que le duo Pennac-Benacquista n’est pas loin de la « grande distinction », même si  par moment le background est plutôt sombre (le fichage des individus, les fausses rumeurs, la délation, l’emprisonnement sans discernement, la naissance des prémices du Big Brother,…).On est loin de la franche rigolade mais cela reste cependant léger dans le ton, avec quelques bonnes trouvailles, et c’est le principal. Au final, c’est une histoire qui tient la route, bien montée, avec des rebondissements, avec la présence des Daltons qui font avancer l’histoire de façon très intelligente. Non, vraiment, cet album ne dépareille pas avec les meilleurs albums de la série. C’est en fin de compte un excellent travail qui ravira beaucoup de lecteurs. Pour moi, le pari des éditeurs est réussi. Je sais qu’il y aura toujours des gardiens du temple ronchons qui râleront sur la comparaison avec le duo Morris-Goscinny. Personne n’est éternel, les cimetières sont remplis de gens irremplaçables. Mais il faut parfois savoir faire son deuil et évoluer. Des albums comme ceux-là, j’en veux bien d’autres…L’avenir nous dira si la formule est reconduite pour un prochain album.

 

 

7,5 /10

 

 

Capitol.

 

 

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KRAA – Tome 1: La vallée perdue

Couv_114937.jpgPlancheA_114937.jpgDessin et scénario : Benoît Sokal

Editions Casterman

Sortie le  22/09/2010

Prix conseillé : 18 €

Genre : Western écologique

Résumé (de l’éditeur) : C’est une vallée très reculée, quelque part au fin fond d’un pays froid qui pourrait être l’Alaska ou la Sibérie. Presque personne n’y vit, hormis la faune sauvage et un peuple autochtone discret. Hélas, le sous-sol regorge de matières premières et bientôt les affairistes déferlent, pressés d’y construire une ville, des mines, un barrage…Les premières exactions surviennent ; personne ne doit faire obstacle au « progrès ». Mais il y a pourtant un témoin silencieux à cet immense désordre : Kraa, un jeune aigle très puissant qui a appris la survie, maître secret de la vallée. Avec Yuma, un adolescent indien dont on vient de massacrer la famille, et avec lequel il a développé un lien d’essence chamanique, Kraa, dont la voix off sert de fil rouge au récit, entre en résistance…

 

Mon avis : C’est le retour en force de Benoît Sokal ! Bien connu pour sa série Canardo, une série polar animalière et pour son implication dans des jeux vidéo (l’Amerzone,…), Sokal se lance  maintenant dans un projet ambitieux, une sorte  western écologique dans le Grand Nord avec une veine plutôt réaliste.

Ce qui frappe de premier abord, c’est la beauté du livre. Casterman a réalisé un beau livre, très classe, avec une couverture blanche du meilleur effet et un dessin excellent qui donnent envie d’aller voir à l’intérieur. Dès l’ouverture du livre, c’est comme un film en cinémascope 3D. L’auteur donne la pleine puissance de son talent pour dessiner l’aigle dans son milieu naturel. C’est beau, c’est impressionnant…Les couleurs restent dans les teintes brunes, foncées. C’est voulu. Sokal noircit le trait pour instaurer une ambiance lourde et annonciatrice des pires événements…Le trait est précis, sans concession, très expressif tant au niveau des animaux que des personnages. La force du graphisme se mêle à un scénario solide, qui va à l’essentiel, sans dialogue bavard. Le juste équilibre entre la narration graphique et la narration écrite. Au final, un résultat qui vaut le détour et qui restera pour moi un des grands albums de la rentrée 2010.Ce livre a un souffle, une âme et consacre un grand auteur et une future grande œuvre.

 

9,0 /10

 

Capitol.

 

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AWRAH – Tome 1: La rose des sables

Awrah1_01072009_215758.jpgAlbawrah1_01072009_215758.jpgDessin : Ana Luiza Koehler

Scénario : Christian Simon & Fuat

Editions Daniel Maghen

Sortie le  02/07/2009

Prix conseillé : 14 €

Genre : Drame

Résumé (de l’éditeur) : Awrah retrace l’histoire belle et tragique d’un jeune orphelin prénommé Tahar. A l’époque du règne de Haroun-al-Rachid, vers l’an 800, le jeune garçon, vif comme l’éclair et dénué de tout scrupule, exerce la profession de voleur dans la ville de Bassorah. L’insaisissable est pourtant arrêté, et c’est au moment où il va être puni que son destin bascule : l’homme le plus respecté de la ville, le Maître Nassim el Abar, lui offre sa protection, l’accueille dans sa maison et le considère bientôt comme son fils. Mais le sort lui enverra, sous les traits d’un frère jaloux, l’abominable Mounir, et de Nadia, une jeune berbère à la beauté envoûtante, la plus terrible des épreuves.

 

Mon avis : Retour sur une sortie qui date de l’année dernière. Il s’agit donc d’une session de rattrapage pour moi. Entre-temps, le tome 2 est sorti en librairie en mai 2010. Cet album a été encensé par une certaine critique et je pense que c’est justifié. Les auteurs nous emmènent dans le Moyen-Orient vers l’an 800 avec l’histoire d’un enfant adopté par un notable de la ville. L’arrivée de Nadia, une jeune berbère va mettre le feu aux poudres. Cela nous vaut des planches dignes de la série  « Djinn », premier cycle. Le dessin se fait sensuel, lisse, magnifique…Quelques planches plus tard, c’est la furie, la violence, la haine…Autant de sentiments qui passent grâce aux talents et par le crayon d’Ana Luiza Koehler. La vie de l’époque, les décors et les vêtements des personnages sont très bien décrits. Il ne faut pas beaucoup se forcer pour rentrer dans l’histoire et c’est avec impatience que j’attends de lire la suite de ce très bel album.

 

8,0 /10

 

Capitol.

 

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L’ASSASSIN QU’ELLE MERITE – Tome 1: Art nouveau

Couv_115156.jpgPlancheA_115156.jpgDessin : Yannick Corboz

Scénario : Wilfrid Lupano

Editions Vents d’Ouest

Sortie le  22/09/2010

Prix conseillé : 13.50 €

Genre : Drame

Résumé (de l’éditeur) : Vienne, 1900. Deux riches noceurs, désabusés et cyniques portent un regard impitoyable sur ce milieu artistique viennois de la Sécession qui prétend révolutionner l’art. Un soir d’ivresse, ils font le pari de transformer un jeune homme pauvre en ennemi de la société, de le façonner à leur guise, comme une œuvre d’art vivante. Ils choisissent le jeune Victor qui passait par là. À leur côté, le jeune homme va découvrir des plaisirs insoupçonnés derrière les murs de la plus prestigieuse maison close de Vienne. Un monde de volupté et de raffinement s’ouvre à lui. Un monde dans lequel il y a la merveilleuse Mathilde. Un monde qui n’est pas le sien. Quel sera le prix à payer pour que le rêve se poursuive ?

 

Mon avis : Je dois avouer que je me suis procuré cet album suite à la lecture de l’excellent magazine (dBD) qui a classé cet album dans ses « must ».Alors qu’il vient à peine de sortir au mois de septembre, il était déjà sur les rayons de mon bouquiniste préféré…L’occasion fait le larron…De prime abord, lorsque j’ai feuilleté l’album pour la toute première fois, le graphisme n’était pas là pour me rassurer. Les décors soignés et dessinés aux traits fins tranchent par rapport à des personnages mis à l’encre avec des traits épais et appuyés, pas spécialement très esthétiques. Un peu plus de simplicité dans les traits aurait donné un ensemble plus cohérent sur le plan graphique. Encore une mise au net qui n’arrange pas le dessin original…Les couleurs sont dans les tons gris et sombres. C’est l’histoire qui veut cela mais je dois bien avouer que cela n’a pas boosté mon enthousiasme au début de la lecture. Reste le scénario. Sans être original, il s’inspire beaucoup d’une certaine littérature anglo-saxonne de la fin du  19eme siècle, début du 20eme siècle, il n’en est pas moins bien amené et l’histoire se laisse lire sans problème. C’est bien raconté, les personnages sont justes sans tomber dans la caricature. Le lecteur suit pas à pas la mise en place de la machination et de la descente aux enfers d’un jeune homme ambitieux mais pas trop futé en fin de compte. Un beau miroir aux alouettes. Cet album est en résumé de bonne facture mais pas pour autant le chef d’œuvre annoncé. Probablement une question de sensibilité. A vous de le découvrir et de vous faire votre avis personnel.

 

7,0 /10

 

Capitol.

 

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LES TUNIQUES BLEUES – Tome 54: Miss Walker

Couv_114339.jpgPlancheA_114339.jpgDessin : Willy Lambil

Scénario : Raoul Cauvin

Editions Dupuis

Sortie le  01/10/2010

Prix conseillé : 9,95 €

Genre : Humour/Western

 

Résumé (de l’éditeur) : Un nouveau médecin est arrivé au campement des Bleus : le Dr Mary Edward Walker n’est pas du genre à se considérer comme une faible femme et à se laisser marcher sur les pieds par quiconque, gradé ou pas ! Flairant la bonne planque, Blutch s’est empressé de se mettre sur les rangs pour assister le nouveau médecin à l’infirmerie. Mauvais calcul… Mary Edward Walker n’a pas du tout l’intention de le laisser se la couler douce, pour la plus grande joie de Chesterfield. Mais ce à quoi personne ne s’attend, c’est que le franc parler de Mary Edward Walker va réveiller la conscience des soldats sur les dangers réels de la guerre. Une prise de conscience qui ne fait pas vraiment l’affaire de l’Etat-Major…

 

Mon avis : Lors de ma dernière chronique des Tuniques bleues (tome 53), j’avais décrit toute ma déception. J’estimais que le traitement du scénario avait complètement raté sa cible. C’est donc avec appréhension que j’ai commencé ce 54e tome consacré au Docteur Mary Walker, un personnage qui a réellement existé. A nouveau, Cauvin plonge dans l’histoire de la guerre de sécession pour trouver une histoire avec une base véridique. Mais cette fois, l’auteur a tiré tout le potentiel du sujet pour en faire un scénario enlevé, à la sauce Chesterfield et Blutch, avec cette pincée d’humour qui caractérise la série. Cauvin nous a donc concocté un bon scénario et du coup la lecture a été facile et agréable. Lambil nous livre toujours un dessin impeccable et sans surprise. Le personnage Docteur Mary Walker bénéficie d’un dessin plus conventionnel et moins caricatural que les autres personnages, personnage historique oblige… Pour les amateurs de western et d’humour.

 

7,0 /10

 

Capitol.

 

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