La fabrique pornographique

fpcov.jpgfp3.jpgScénario et dessin :
Lisa Mendel

D’après une enquête de Mathieu Trachman
Editeur : Casterman
Collection : Sociorama
168 pages – broché
Sortie : 03 février 2016
Documentaire – humour

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Howard, jeune vigile de centre commercial et fan de porno amateur, rencontre la star du genre, il saisit l’occasion de se faire inviter sur un tournage pour faire ses premiers pas comme acteur. Mais de l’autre côté du miroir, la production d’un film pornographique se révèle moins glamour : la fabrication des fantasmes sexuels, c’est un travail des corps souvent trivial et éprouvant, soumis jusqu’à l’absurde aux logiques commerciales du genre.

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Mon avis :

La nouvelle collection Sociorama, chez Casterman, mêle bande dessinée et sociologie et s’inscrit dans une mouvance en plein développement : la BD documentaire, journalistique ou sociologique. C’est d’ailleurs lors d’un colloque sur la portée sociologique de la BD qu’est née l’idée d’une collaboration entre des sociologues amateurs de BD et des auteurs de BD curieux de sociologie. Ensemble, ils ont créé l’association Socio en cases. Résultat : une collection d’albums de fictions tirées d’enquêtes de terrain. Au-delà de l’adaptation ou de l’illustration, il s’agit plutôt d’un travail de réappropriation. Ce qui en fait toute l’originalité.

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Comment fait-on un film pornographique ? Comment sont organisés les tournages ? Combien de fois faut-il refaire une scène ? Comment les acteurs et les actrices perçoivent-ils leurs rôles ? Combien sont-ils payés ? Pas question ici d’une BD porno mais plutôt d’un angle d’approche qui permet de décomposer le processus de création de fantasmes, de montrer l’envers du décor, d’expliquer la démarche commerciale, en suivant le personnage d’un jeune acteur qui découvre le milieu du X. Tous les aspects du métier, du travail, sont abordés : du côté physique des performances des acteurs à la précarité des contrats.

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A partir d’un travail de recherche scientifique de fond, le scénario parcourt une trame narrative classique : une histoire, un récit, une fiction qui s’alimente au réel. Le format des albums(16×19), plus proche du livre de poche que de la BD, l’impression en noir et blanc sur un papier brut, la reliure brochée, font de cette collection un produit très typé.

Le dessin au trait simple, non réaliste, humoristique et léger, convient parfaitement au traitement du sujet.

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Loin des clichés habituels, ce véritable document arrive à traiter le porno sans vulgarité. A la lecture, on s’amuse sans gêne et on apprend beaucoup.

 

Cette chronique a été rédigée après une rencontre avec Lisa Mendel, organisée par l’éditeur Casterman, à la Foire du Livre de Bruxelles, le vendredi 19 février 2016. Nous avons pu, Capitol et moi, discuter avec Lisa Mendel de son travail pendant 45 minutes. Nous la remercions de sa sympathie, de sa rigueur, de son traitement empathique et décomplexé du sujet. 

 

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a08-3e78906.gif Scénario

a08-3e78906.gif Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

Découvrir le travail du sociologue Mathieu Trachman : ICI

 

Skippy.

 

Verdun – Tome 1 – Avant l’orage.

Scénariste : Jean-Yves Le Naour.
Mise en scène : Marko.
Dessinateur : Inaki Holgado.

Editeur : Grand Angle.
56 pages.
Sortie : 3 février 2016.
Genre : historique.

Des coulisses du pouvoir à l’horreur des tranchées, va se jouer le sort de la Grande Guerre.
Décembre 1915, les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française, à Verdun. Mais le Maréchal Joffre se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne. Janvier 1916, l’attaque ne fait plus le moindre doute. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. Et le miracle se produit : pendant des jours, la pluie s’abat sur la ville, repoussant l’offensive des troupes allemandes.

« J’ai entièrement confiance en vous »

Lire la suite « Verdun – Tome 1 – Avant l’orage. »

Sorties de secours

sorties de secours,joyce farmer,delcourt,vieillesse,troisième âge,fin de vie,roman graphique,états unis,chronique socialesorties de secours,joyce farmer,delcourt,vieillesse,troisième âge,fin de vie,roman graphique,états unis,chronique socialeAuteure : Joyce Farmer
Éditeur : Delcourt
208 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : chronique sociale, roman graphique

 

 

Présentation de l’éditeur

Devenus vieux, Lars et Rachel sont contraints de quitter leur appartement de Los Angeles, dans lequel les plus infimes objets du quotidien s’entassaient depuis des années, pour intégrer une institution. Avec tendresse et affection, Joyce Farmer parvient à transmettre toutes ces petites choses qui reliaient ses parents. Comment ils se taquinaient, comment ils s’aimaient, et comment ils sont partis.

 

Mon avis

Un sujet difficile, rarement traité en BD. Des situations qui nous touchent et nous toucheront tous, fatalement, pour nos proches, puis pour nous mêmes.

En vérité Lars et Rachel s’obstinent à ne surtout pas la quitter, leur maison de la banlieue de Los Angeles, car pour rien au monde ils n’iraient dégénérer dans une institution. Ils préfèrent le faire chez eux, entourés de leur univers familier fourmillant de petits riens, de choses inutiles qui leur sont indispensables, d’objets du quotidien qui deviennent de plus en plus lourds, hauts, bas… Et avec Ching, le chat irascible et adoré.
Il faudra pour cela tout l’amour, le dévouement et la patience de Laura, la fille unique de Lars, qui se fait de plus en plus présente auprès d’eux pour pallier leurs absences ; et qui redécouvre, voire découvre son père et sa compagne, aussi agaçants qu’attachants.
Quand on prend de l’âge et que le corps nous trahit, les masques tombent et cela peut être aussi dur d’un côté du masque que de l’autre.

Les cases toutes de la même taille s’enchaînent comme les journées du couple englué dans ses habitudes. Le dessin n’est pas beau. Noir et blanc, hachuré (ridé ?), un peu « branlant », surchargé de détails (à l’image de l’encombrement poussiéreux, voire crasseux, de la maison des protagonistes), il ne cherche pas à enjoliver, à éluder ce qui pourrait paraitre gênant, il est modeste, humble, comme on doit accepter (et non choisir) de l’être lorsqu’on en est réduit à exposer sa nudité flétrie aux bons soins d’une tierce personne…
Il est en cohérence avec le propos.

Clairement autobiographique, cette peinture sans concession de la vieillesse, de la dépendance, de la diminution des êtres jusqu’à la bien nommée « sortie de secours », reste un hommage au courage et à la vie longue et bien remplie des parents de Joyce Farmer.

Bon, les amis, en attendant, CARPE DIEM !

 

 

 

 

 

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Drifter – Tome 2 – Veillée

drifter T2.jpgdrifter t2 pl01.PNGScénario : Ivan Brandon
Dessin : Nic Klein
Éditeur : Glénat comics
112 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : science-fiction, space opera

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Abram Pollux navigue vers l’inconnu. Il a décidé de revenir sur le lieu du crash de son vaisseau, situé à des centaines de kilomètres de la ville, dans les profondeurs inexplorées de Ouro… Qui sait ce qu’il y trouvera d’autre? Mais Abram est bien déterminé à recoller les morceaux du passé et à trouver un moyen de rentrer chez lui. Arrivé sur la face cachée de la planète, il ignore que, contrairement aux apparences, il n’est pas seul…

 

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Mon avis

J’avais refermé le tome 1 de ce space opéra sur un sentiment de déception et d’incompréhension. Le scénario m’avait paru plus que flou et le personnage principal d’un ennui mortel. Les multiples pistes ouvertes dans le premier tome se perdaient dans l’infini spatio temporel….

On revient avec ce deuxième volume sur une trame plus terre à terre : le pilote Abram Pollux, toujours en quête d’éclaircissements sur son passé, veut retrouver son vaisseau pour y récupérer des pièces et bricoler un truc pour rentrer chez lui. Pour ce faire il va devoir arpenter la face cachée de la planète Ouro. Il y fera des rencontres inattendues et détonantes.

Le scénario, moins flou que dans le premier tome, n’en est pas pour autant plus captivant. J’ai rarement vu un personnage principal aussi ennuyeux ! On a vraiment du mal à saisir ce qui anime tous les protagonistes et il est absolument impossible d’avoir un brin d’empathie pour eux.

Ce « space opera introspectif aux accents de western initiatique » ne me convainc toujours pas malgré les dessins sublimes de Nic Klein.

Ce dernier arrive à susciter des ambiances inquiétantes grâce à une mise en scène inspirée et une maitrise parfaite de la colorisation. Certaines planches sont d’une beauté époustouflante, presque envoutante.

Le scénario est pénible à suivre, mais on a au moins la satisfaction d’avoir de belles planches à admirer.

Malheureusement, le dessin seul, aussi beau soit-il, ne suffit pas à faire une bonne BD.

 

 

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Loubrun

 

 Une vidéo qui permet d’apprécier le travail de Nic Klein. Impressionnant !

 

 

Private secretary – Tome 1

Auteure : Aya Oda.
Editeur : Soleil Manga.
192 pages.
Sortie : 12 novembre 2015.
Genre : Shojo.

Résumé.

Ai Fukumoto n’a qu’une idée en tête : devenir la meilleure secrétaire du Japon ! Mais jusqu’ici, tous ses emplois se sont soldés par un échec et elle désespère de trouver le job de ses rêves. Elle finit tout de même par se faire embaucher par un fameux fournisseur de kimonos. Pleine de bonne volonté́, elle perd rapidement ses illusions face à son jeune patron, Takara Umenishi, qui n’hésite pas à profiter de son dévouement.

 

« Cette fonction était mon fantasme ».

Lire la suite « Private secretary – Tome 1 »

Killer Instinct – Tome 1

Dessinateur : Keito Aida.
Scénariste : Michio Yazu.
Editeur : Tonkam.
192 pages.
Sortie : 3 février 2016.

Genre : seinen.

Le résumé.

Un groupe de gens très différents mais avec en commun un mauvais fond se réveille dans une école en ruine totalement close. Autour d’eux ? Un écran affichant un compte à rebours de 7 jours, de l’eau, des caméras, une cocotte en terre cuite et un couteau. Le but : tenir sept jours en ne buvant que de l’eau. Ou devenir cannibale pour survivre. Coup d’envoi d’un jeu cauchemardesque.

« L’être humain n’est pas assez fort
pour arriver à rester seul
dans un lieu abandonné »

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Tout simplement femme

tsf1.jpgtsf4.jpgScénario et dessin : Yan Lindingre
Éditeur : Fluide Glacial
80 pages – Cartonné
Sortie : 03 février2016
Humour

 

 

Présentation de l’éditeur :

Titine est une vraie femme ! Une main pour trinquer, une main pour cogner ! Voici la première BD qui fait rimer Saint-Valentin et PMU.

Il y a femme et femme. Mais celle-ci, à n’en pas douter, est une vraie femme ! Libre, moderne, Gitane au bec et deux grammes dans les gencives, Titine est la milady du PMU de Glanville. L’apéro, c’est plus qu’un hobby, chez elle, c’est un métier !

Dans cet ouvrage, les femmes sont toujours victorieuses, mais à quel prix ? Sans être une thèse de doctorat en sociologie, ce recueil d’aventures trace à travers bistrot, planning familial, chambre à coucher, Pôle Emploi… un portrait de la France qui se lève tard, oui peut-être, mais qui aimerait qu’on lui foute la paix au lieu de la stigmatiser. Le plein emploi oui, mais le plein de Picon d’abord ! Qu’importe le tonneau … pourvu qu’il roule droit.

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Une fois de plus, Lindingre fait dans le trash tendre, dans le gras avec de la bonne humeur autour. Après le succès des albums Margaux Motin rencontre la femme parfaite est une connasse ! (Anne-sophie et Marie-AldineGirard/ Margaux Motin) et Émilie voit quelqu’un (Théa Rojzmann/Anne Rouquette) parus chez Fluide Glacial en 2015, voici Lindingre qui tente sa chance auprès du lectorat féminin.

Et parmi toutes les demoiselles qui n’ont pas peur de lever le coude, pas de doute que Titine se fasse de nombreuses meilleures copines.

 

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Mon avis :

Ce nouvel opus des aventures de Titine, compilation d’historiettes de quelques pages, reste à la hauteur des albums précédents. La vulgarité se conjugue ici avec la beaufitude la plus débridée. Titine est un personnage conceptuel des plus improbables. Titine fume, couche, jure et picole, sans modération. On sent le côté jubilatoire dans des répliques des personnages et dans les situations les plus loufoques : Titine partouze, Titine demande la citoyenneté à Groland, Titine rencontre Jésus … j’en passe et des … pires.

Aucun réalisme n’est revendiqué dans les dessins, des personnages benêts, grassouillets, à têtes en forme de poires ou de patates, aux groins de cochons en guise de nez, forment une joyeuse clique de poivrots déjantés, grands pourfendeurs du politiquement correct.

Le rédacteur en chef de Fluide Glacial, fidèle à sa réputation, nous fait, une fois de plus, partager quelques tranches de vie avec son inénarrable héroïne en jogging rose, sans sous-vêtements. Allez reprenez-en une !  

 

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a07-3e78901.gifScénario

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Le site internet des Editions Fluide Glacial : ICI

 

 Skippy.

 

 

Nankin, la cité en flammes

Nankin la cité en flamme.jpgNankin la cité en flamme_pl.jpgScénario et dessin :  Ethan Young
Éditeur : Urban China
188 pages

Sortie : janvier 2016
Genre : manhua, guerre, Histoire

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Chine, décembre 1937. Après des mois de conflit à Shanghai, l’armée impériale japonaise entre dans Nankin et massacre la population, faisant des centaines de milliers de victimes. Dans la ville fortifiée, entre les patrouilles et les décombres, deux soldats chinois tentent d’échapper à l’horreur. Ethan Young nous dépeint avec talent l’un des évènements les plus tragiques du XXe siècle, qui reste aujourd’hui encore méconnu. Un récit poignant qui ne laissera pas le lecteur indemne.

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Mon avis

Avec Nankin, la cité en flammes, Urban China enrichit son catalogue d’un nouveau roman graphique historique. Après avoir publié la bataille de Shanghai racontée avec force détails par l’auteur Chinois Bo Lu, voici, non pas l’histoire du massacre de Nankin, mais une histoire se déroulant pendant l’épisode le plus terrible de la seconde guerre Sino-japonaise. Fin 1937, la ville de Nankin, déclarée capitale de la Chine par Tchang Kaï-Chek, est conquise par les troupes Japonaises. Le rapport de force est largement en faveur des japonais et les militaires de haut rang Chinois fuient rapidement la ville, abandonnant sur place population civile et troupes militaires sans donner aucun ordre de retraite.

S’en est suivi durant six semaines le massacre de centaines de milliers de civils et militaires et le viol de dizaine de milliers de femmes, perpétrés par une armée japonaise totalement affranchie des lois de la guerre et des soldats endoctrinés dans la haine.

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Ethan Young, New-yorkais né de parents immigrés Chinois, nous raconte ici l’histoire de deux soldats chinois qui tentent de fuir la ville et d’échapper à la barbarie. Il choisit délibérément de ne pas raconter le massacre de Nankin mais plutôt de nous en faire ressentir l’horreur en suivant deux personnages auxquels on pourrait aisément s’identifier. C’est par leurs yeux que le lecteur découvre l’ampleur du massacre, mais sans aucune débauche ni surenchère de scènes violentes ou sordides. On ne voit que quelques bribes d’atrocités, du coin de l’œil, un peu comme si les soldats ne voyaient plus l’abomination tellement ils y sont plongés. Ils gardent pourtant au fond d’eux une part d’humanité, et ont bien conscience des évènements qui se trament. Le lecteur prend aussi conscience qu’il n’est pas juste en train de suivre la cavale de deux soldats lorsque ceux-ci croisent la route de civils tentant de survivre.

Ethan Young réussit dans son récit à nous faire ressentir pleinement l’abomination de ce massacre de masse sans céder à la facilité de trop en montrer. Il réussit de plus à y mettre une petite once d’humanité lors de la rencontre des deux fuyards Chinois avec les civils.

Pour la partie graphique, on est en plein mix du style Chinois et Américain. Un trait à l’encre précis et prononcé, et des plans serrés renforçant le caractère immersif du récit et son évolution à hauteur d’homme. On appréciera en fin d’ouvrage quelques pages présentant des croquis préparatoires permettant d’apprécier le trait de l’auteur, ainsi qu’une brève chronologie de la seconde guerre Sino-japonaise.

Nankin, la cité en flammes raconte un évènement majeur des guerres du XXè siècle en plaçant l’homme au cœur du récit plutôt que le fait historique lui-même.

Un beau document sur une histoire peu connue en Europe, qui devrait bien compléter le Nankin des éditions Fei publié en 2011.

 

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Loubrun

Evil Empire – Tome 1 – Nous, le peuple !

eecov.jpgee8.jpgScénario : Max Bemis
Dessin : Ransom Getty et Andrea Mutti
Editeur : Glénat Comics
128 pages – cartonné
Sortie : 03 février 2016
Anticipation – Fable politique

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

Cher concitoyens, soyez les bienvenus dans l’empire du mal !

Comment un avenir apocalyptique pourrait-il prendre sa source dans l’instant présent ?

evil empire,tome 1 : nous le peuple!,glénat comics,bemis,getty,mutti,03 février 2016,anticipation

Le peuple américain est en train de changer en son for intérieur. Et un acte déclenche un immense débat national sur la signification du bien et du mal. Reese Greenwood, star du hip-hop engagée, ne va pas rester sans rien faire, tandis que ses compatriotes se rangent du côté d’un fou sanguinaire. Mais jusqu’où peut-on aller au nom de ses convictions ? Max Bemis, leader du groupe Say Anything, explore un scénario catastrophe où la société moderne se transforme graduellement en Empire du Mal.

Sommes-nous proches du précipice en ce moment même ? N’allons-nous rien faire pour empêcher ce basculement ? Et si une part de nous-mêmes souhaitait ce bouleversement ?

evil empire,tome 1 : nous le peuple!,glénat comics,bemis,getty,mutti,03 février 2016,anticipation

Les récits d’anticipation nous décrivent généralement des dictatures déjà en place, où le héros a pour mission de ramener la paix et l’ordre. Max Bemis (Say Anything, Polarity) propose une expérience différente mais pas moins terrifiante avec l’aide de ses complices dessinateurs Ransom Getty et Andrea Mutti.

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Mon avis :

La couverture annonce la couleur et accroche le regard. Max Bemis, chanteur du groupe Say Anything, propose un scénario qui mélange la fiction politique, le thriller et l’anticipation. Il en ressort un cocktail ambitieux et crédible à condition d’excuser quelques maladresses. Flashforwards, non-dits et personnages particulièrement manipulateurs poussent le lecteur à inférer les différentes possibilités narratives, ce qui peut parfois lui paraître confus. Par ailleurs, un bémol, certains dialogues sont tellement convenus qu’ils frisent parfois le ridicule. Néanmoins, l’actualité des élections présidentielles américaines et le thème, très contemporain, de la liberté menacée au profit de la sécurité alimentent cette œuvre atypique qui ose bousculer les codes de la morale et de l’éthique. Tout est permis même le crime. On finit par se laisser prendre au jeu d’une lecture au second degré et la recette fonctionne. Les nombreux retournements de situation sont surprenants, on sent que cet album est composé de quatre chapitres correspondant aux quatre premiers magazines parus aux USA, chaque chapitre se terminant par une réelle surprise. On tourne les pages, impatient de savoir comment le récit va évoluer tout en ressentant un malaise diffus, mais tenace. On termine l’album, avec l’envie de lire la suite : le second tome vient de sortir en langue anglaise et le tome 3 est annoncé pour l’été prochain.

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Le dessin est typique des comics et convient au caractère noir de l’ambiance malsaine générale de cette fable sur le totalitarisme. Le travail est soigné et colle au fond scénaristique : les pages de couvertures des magazine US en fin d’album en sont un bel exemple.

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Œuvre engagée, Evil Empire s’inscrit dans la veine d’un futur apocalyptique. Le cynisme des protagonistes est parfois déconcertant mais le récit tient le lecteur en haleine et il n’en sort pas indemne. Un scénario bien ficelé, un traitement graphique classique, un réel sens de la narration, que demander de plus ?

 

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a08-3e78906.gif Dessin

a08-3e78906.gif Scénario

a08-3e78906.gif Moyenne

 

Le site internet des Editions Glénat : ICI

 

 Skippy.

 

 

 

 

Dangerous Love – Tome 2

Auteure : Kana Nanajima
Editeur : Soleil Manga
192 pages
Sortie : 10 février 2016

Genre : Shojo

 

 

Résumé
Nono est une lycéenne à la vie sentimentale bien compliquée. Après avoir connu diverses expériences peu concluantes, elle désespère de rencontrer un garçon avec lequel elle pourra connaître le grand amour. Heureusement, son ami Kazuma est là, mais le jeune homme est un coureur de jupons… Parviendront-ils à franchir cet obstacle ? Il faudra alors à nos deux « amis » faire un choix dangereux…

« Tu as un sacré coffre toi ! ».

Lire la suite « Dangerous Love – Tome 2 »

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