L’orpailleuse

Scénario : Julia Billet
Dessins et couleurs: Fred Bernard
Éditeur : Rue de Sùvres
104 pages
Date de sortie : septembre 2026
Genre : drame social

« J’ai commencĂ© au village… avec Wakanda, la guĂ©risseuse »


PrĂ©sentation de l’Ă©diteur

DĂ©but du XXe siĂšcle, en Normandie. Octavie aime Gaston, un guĂ©risseur talentueux qui lui enseigne tout ce qu’il sait Ă  propos des plantes et de leurs pouvoirs thĂ©rapeutiques. Seulement, leur idylle tourne court : au village, des vaches meurent mystĂ©rieusement et pour les habitants du coin, le criminel est Ă©vident. AccusĂ© de sorcellerie Gaston est envoyĂ© au bagne de Cayenne aprĂšs un procĂšs expĂ©ditif. RĂ©voltĂ©e, Octavie refuse d’abandonner Gaston Ă  son sort et brave tous les interdits. DĂ©guisĂ©e en homme, elle devient Octave et embarque clandestinement pour le rejoindre en Guyane. Mais une fois sur place Octave va devoir trouver sa place dans un environnement quasi exclusivement masculin et dominĂ© par l’administration coloniale.

Mon avis

Parfois, quand on chemine hors des sentiers battus on se heurte Ă  des murailles d’ignorance et de bĂȘtise. Gaston et Octavie en font les frais, dans la campagne normande de ce dĂ©but de XXe siĂšcle. Gaston est un puit de science en matiĂšre plantes et de leurs vertus mĂ©dicinales et partage son savoir avec sa chĂ©rie Octavie. HĂ©las, lorsque des vaches meurent mystĂ©rieusement, Gaston, qui bidouille des potions avec les plantes se voit accusĂ© de sorcellerie et devient le coupable idĂ©al. Il est envoyĂ© au bagne Ă  Cayenne. Octavie ne supporte pas cette injustice et dĂ©cide de le rejoindre. Pour faciliter ce pĂ©riple, elle se dĂ©guise en homme. En arrivant su place, rien ne va s’arranger puisqu’elle dĂ©couvre que son amoureux est mort. Alors elle se dĂ©brouille. Dans ses habits d’homme, elle devient enseignant(e), orpailleur(euse) et puis elle se forme aux plantes locales aux cĂŽtĂ©s d’une chamane et accepte son destin qui est de prendre soin des humains, des animaux et des plantes.
Cette histoire est un peu dĂ©routante. Entre drame social et fable Ă©cologique, les auteurs nous promĂšnent dans une jungle luxuriante et colorĂ©e. Ils nous perdent aussi un peu, avec cette narration faite de nombreux flash-backs menĂ©e par Gilda qui poursuit le travail sur les plantes qu’avait entamĂ© Octavie.
On se laisse happer par cette jungle aussi merveilleuse qu’hostile. Le dessin naĂŻf et trĂšs colorĂ© de Fred Bernard n’y est pas pour rien mais il fait presque oublier la rudesse du pays et de l’époque qui sont Ă©voquĂ©s Ă  demi-mots dans cette histoire : violences coloniales, sexisme, injustices et destruction de la nature. Mais ces couleurs et ces planches lumineuses se veulent aussi porteuses d’espĂ©rance, mettant en avant l’importance et la force de la transmission et de la rĂ©silience.
Une belle invitation au voyage et une belle ode Ă  la nature.

Loubrun

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