Nanterre avant l’Orage

Scénario: Feurat Alani
Dessin : Ulysse Gry
Éditeur :Steinkis
Date de sortie : 28 mai 2026
128 pages
Genre : Démolition de préjugés

« Le béton, vieilli trop vite, a trahi ses habitants, le rêve est devenu stigmate. »

Présentation de l’éditeur

Nanterre, quartier Pablo-Picasso.
Le 27 juin 2023, le meurtre de Nahel, 17 ans, frappe une cité déjà marquée par l’injustice et l’oubli. Les flammes, les révoltes et la sidération médiatique font soudain exister un lieu et ses habitants, mais seulement au travers du prisme de la violence. Pourtant, les habitants du quartier sont d’abord des personnes, avec leur histoire, leurs rêves, leur solidarité.

Comment en est-on arrivé là ?

Témoin de l’intérieur, Feurat Alani révèle des visages, des voix, loin des clichés, avec un regard juste et frappant.

A man holding a smartphone, looking up at towering buildings against a pink sky with clouds and a large moon, while a green speech bubble in French mentions a rumor in the city.

Mon avis

Feurat Alani donne la parole à ceux qui vivent dans la cité Pablo Picasso de Nanterre. Et les écouter en parler c’est déjà nous épargner les histoires de ceux et celles qui n’y ont jamais mis les pieds. On évoque les « banlieues » dans un terme générique et réducteur comme si elles se ressemblaient toutes. Si des points communs existent évidemment, ce roman graphique s’applique à donner une existence à la fois individuelle et collective à cette cité . Nanterre n’est pas le Val Fourré ou les Minguettes. Les territoires, les individus et les historiques ne sont pas les mêmes.

Ulysse Gry donne vie au quartier, à ces tours à l’architecture si particulière qui ressemblent à des géantes à la fois témoins et actrices privilégiées de la vie de ses habitant·e·s. Certains visages sont blafards et fatigués, les souvenirs grisés, le ciel jaune, la nuit sombre se mêle aux ombres des tours. Le décor est le même mais les atmosphères varient.

La mort de Naël, enfant du quartier, va faire monter la tension, comme une étincelle. Feurat est à l’écoute, il prend le temps d’observer. Les portraits renvoient une réalité qui détonne avec le cirque médiatique qui ne veut voir que drogue et violence. Il y a un sentiment d’appartenance à un collectif. L’unité se fait par le lieu. Le passé est toujours là, il « se heurte au présent, chacun veut exister, raconter son époque ». Le récit ne fait pas dans l’angélisme ou l’édulcoré. La misère, les galères y sont décrites, tout comme les sentiments d’abandon et d’injustice qui ne fédèrent pas mais cimentent. Chacun garde un œil sur l’autre, à l’image d’Adamo, tout seul mais là parce qu' »ailleurs il est personne mais ici on me dit bonjour. C’est assez. ».

Nanterre avant l’orage est bien écrit, sans longueur, efficace.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatre_et_demicoeur_trois_et_demicoeur_quatre


Petitgolem13

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