Scénario : Jean-Yves Le Naour
Dessin : Emilio van der Zuiden / Couleurs: Fabien Alquier
Éditeur : Grand Angle
Date de sortie : 6 mai 2026
72 pages
Genre : Biographie
« Quant aux inégalités, let them grow, car elles donneront envie de s’en sortir. »
Présentation de l’éditeur
Angleterre, années 1970. Alors que le pays s’enlise dans la crise, une femme discrète s’impose contre tous : Margaret Thatcher. Fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, elle accède au pouvoir en 1979 et engage une rupture radicale. Privatisations, affrontements avec les syndicats, guerre des Malouines, détestation de l’Europe qualifiée de « pays de cinglés », lune de miel avec Reagan… Un grand sabbat néolibéral commence ! Experte en communication, la « Dame de fer » fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires. Détestée autant qu’admirée,Thatcher va bouleverser les codes du pouvoir et transformer durablement la société britannique, pour le meilleur et pour le pire…

Mon avis
Après Ronald Reagan, voici le deuxième tome de la collection Le Grand Cirque du Pouvoir, avec une biographie politique de Margaret Thatcher. Deux choses prédominent : la personnalité de la « Prime Minister » et sa politique. Les multiples mandats de la Dame de Fer et l’ultra-capitalisme qu’elle a imposé à grand coup de marteaux ont marqué la Grande-Bretagne, l’Europe et le monde.
Les dessins d’Emilio van der Zuiden, dans un semi-réalisme, mettent sous les projecteurs des personnages politiques célèbres (surtout pour les britanniques). Des petites étiquettes grises s’insèrent d’ailleurs pour identifier précisément ces acteurs politiques. Le travail de mise en couleur de Fabien de Fabien Alquier est bien plus qu’un plus tant il participe à une mise en valeur des différents protagonistes et de l’ambiance générale des 70s et des 80s. L’immersion est amplifiée avec une playlist musicale (lien ci-dessous et QRCode dans l’album) parsemée de Morissey, des Clash ou des Sex Pistols.
Le scénario de Jean-Yves Le Naour mélange les genres. Le portrait de la femme politique se mêle à la reconstitution d’une époque et à la description très accessible d’une doctrine. Le tout navigue entre humour et drame. Avec Thatcher, la limite entre caricature et réalisme apparait comme ténue. Le néolibéralisme prôné est brutal, Margaret Thatcher en est une des ses principales personnifications. Même après sa mort elle demeure totalement clivante. Sa casse des services publics et les conséquences de celle-ci sont ici exposées sans fioritures. Ses actes et ses propos sont parfois tellement sidérants qu’ils semblent issus de l’imagination de l’auteur. Mais il n’en est malheureusement rien, le lecteur en est d’ailleurs averti en introduction : »Rien n’est inventé, tout est révélé ».
La lecture révolte car elle renvoie à une actualité écrasante marquée par les inégalités sociales et économiques croissantes. S’il prend des formes ou des noms différents, le Thatchérisme n’est pas mort. Loin de là.
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Petitgolem13




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