Goldfish

Scénario & Dessins : Brian Michael Bendis
Editeur : Delcourt
ISBN : 978-2-413-08842-4
DL : 06/2026
NB pages : 267

« Je suis toujours là, en direct et en technicolor… »

Version Originale (Goldfish TPB) publiée aux USA par Dark Hors Comics, réédition de l’édition VF chez Semic en 2003.

Résumé éditeur :
Après des années d’absence, l’escroc David Gold – surnommé  » Goldfish  » – revient dans sa ville natale. Mais il est revenu pour une seule et unique raison : son fils. Cet énigmatique arnaqueur retrouve ses anciens repaires et découvre que son ex règne désormais sur les bas-fonds de la ville, tandis que son plus vieil ami (et ancien complice) est devenu inspecteur de police. Face à un destin aussi implacable, comment Goldfish pourra-t-il reconquérir le seul être qui compte encore pour lui ?

Dans la lignée de Jinx et Torso, Delcourt nous replonge dans les débuts de Brian Michael Bendis avec Goldfish (un perso apparu dans Jinx), bien avant ses grandes séries Marvel. Et on reconnaît déjà tout ce qui fera sa réputation : des personnages ambigus, des dialogues omniprésents, un goût prononcé pour le polar et surtout cette capacité à faire d’une conversation un véritable duel ou une arnaque verbale dans le cas de Goldfish, un bon baratineur comme on en fait plus.

Goldfish c’est un peu le mal aimé de la trilogie, il lui est souvent reproché d’avoir trop de dialogues et de trainer un peu trop en longueur. Certaines séquences s’étirent inutilement, les dialogues s’accumulent. C’est vrai, mais c’est aussi pour ça qu’on lit du Bendis : ses personnages et ses dialogues, donc bon.

Graphiquement son noir et blanc, volontairement brut est le plus maîtrisé de la trilogie. Le dessin n’est pas toujours élégant ou précis, mais ça reste efficace. Ce qui fonctionne finalement le mieux, ce sont justement ces personnages : des types faillibles, manipulateurs, attachants malgré eux, pris dans des histoires où les sentiments comptent autant que les combines criminelles. Le polar sert alors de façade à un récit beaucoup plus humain sur les rancœurs, les regrets et les relations qui refusent de disparaître.

Goldfish est donc un album imparfait, parfois brouillon, mais tout à fait recommandable. On y voit un jeune Bendis (ça a plus de vingt ans quand même) chercher sa voix et poser les bases d’un style qui deviendra immédiatement reconnaissable. Pas son album le plus abouti, mais certainement l’un des plus révélateurs. Je l’aime bien ce Goldfish, certainement parce que j’aime bien les victoires à la Pyrrhus dès qu’on suit des personnages plus ou moins liés à la pègre.

Je n’ai pas retrouvé mon édition Semic (ça doit être rangé avec les trucs d’il y a vingt ans), mais je pense que les bonus de fin de cet album (Caliber Spotlight #1 : la « première » version de Goldfish, une histoire promotionnelle d’une page, une rétrospective sur le développement du livre, et une sélection d’illustrations promotionnelles, le tout sur une quinzaine de pages) sont inédits en VF, à vérifier.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatrecoeur_troiscoeur_quatre

JaXoM

2 commentaires sur “Goldfish

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