Le Patient (Poche)

Auteur : Timothé Le Boucher
Éditeur
: Glénat
296 pages
Date de sortie
: 11 juin 2025
Genre
: thriller psychologique

« Un homme en noir. Et il serait encore en liberté. Tu imagines s’il venait finir son œuvre ? Et s’il rôdait dans les couloirs de l’hôpital ? »

Présentation de l’éditeur :

À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ?

La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée… 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

Mon avis :

« Le patient » est un thriller psychologique qu’on peut comparer, dans un premier temps, au massacre de Amityville dans les dossiers Warren : une jeune adolescente et retrouvée au beau milieu de la nuit dans la rue, les mains ensanglantées tenant, en tremblant, un couteau entre ses doigts. Elle semble totalement désorientée, mais fort heureusement, comme elle est connue dans le quartier, il est aisé pour la police de rebrousser chemin vers chez elle, où on découvre le carnage : ses parents, ses frères et sœurs, son cousin sont tous morts à l’exception de son aîné, Pierre

Ce dernier est grièvement blessé et plongé dans le coma pendant 6 ans. À son réveil, va débuter une psychothérapie avec la psychologue qui s’était également chargée de sa sœur après son arrestation. Difficile pour le jeune homme de replonger dans la noirceur de cette nuit fatidique durant laquelle toute sa famille a été anéantie, massacrée et lacérée de plusieurs coups de couteau. Il en arrive donc à raconter sa vie, la misère dans laquelle il vivait avec un père toujours absent, sur les routes ou ivre mort dans un bar avec ses copains. Une mère à bout, toujours une bouteille à la main et les coups de poings faciles, surtout envers sa fille aînée qui s’avère avoir un retard mental. C’est d’ailleurs celle-ci qui aurait commis le massacre pour finalement se suicider à l’hôpital où elle était internée. 

Pierre raconte donc comment ils échappaient tous ensemble à la colère de leur mère en filant dans les bois pour fomenter mille et une bêtises. Mais il faudra attendre presque la fin de l’ouvrage pour comprendre ce qui s’est, peut-être bien, déroulé dans cette maison. Sa sœur était-elle véritablement la coupable 

Thimothé Le Boucher, récompensé du prix “bulles de sang d’encre 2020” pour l’édition au grand format de ce titre (déjà chroniqué par notre cher Samba en chef, mais ici : c’est du format poche. ZE must have pour ceux qui aiment transporter leur lecture dans un petit sac, comme moi ;-)), sème des indices tel le Petit Poucet ; permettant aux aficionados du genre de cerner ce qui pourrait bien être le turnover de cet album. D’autres lecteurs y verraient peut-être moins clair, ce qui n’est que tant mieux ! C’est donc un titre forte agréable à lire, où on comprend et on décortique la psyché de personnages variés. Tantôt amoindris, tantôt proche de la psychopathie. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste avec ce côté un peu « made in USA » non négligeable

Une facilité d’identification aux différents protagonistes également, cette famille étant relativement nombreuse, et une colorisation sombre ; les scènes se déroulant assez souvent au beau milieu de la nuit, que ce soit quand les gamins sortaient pour éviter la colère de leur mère, à l’hôpital quand Pierre fait relativement les 400 coups avec d’autres patients, ou encore, évidemment, dans ses cauchemars et ses souvenirs qui sont eux aussi en milieu nocturne. 

C’est le genre de livre qui, pour ma part, me donne juste envie de le fracasser contre le mur une fois l’avoir achevé car la fin est tellement ouverte à toutes interprétations qu’on a juste envie de savoir le fin mot de l’histoire que nous n’aurons, évidemment, jamais ! Ce qui est, pour moi, une preuve de qualité me poussant à vous recommande ce titre, surtout si vous êtes fans de thriller psychologique. Enjoy ~

ShayHlyn.

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