Scénario : Philippe Lahbari
Dessin et couleur : Quentin Heroguer
Éditeur : Delcourt – Une case en moins
Date de sortie : 19 mars 2026
94 pages
Genre : Recherche de vieux démons
« Comment faire face aux tourments du présent quand ceux du passé prennent toute la place ? »
Présentation de l’éditeur
Que feriez-vous si vous n’aviez pas la réponse à une question qui vous hante depuis 25 ans ? Suivant les traces du passé traumatique de leur héros, les auteurs dessinent un récit puissant mêlant ombre et lumière.
Traumatisé par un événement récent qui en réveille un autre de son passé, David revient dans le village qui a vu disparaître sa sœur Axelle. Entre passé brûlant de l’été 97 et présent austère de l’automne 2022, David erre dans ses souvenirs pour tenter de répondre à la question qui revient le hanter après toutes ces années : que s’est-il passé ?

Mon avis
Quentin Heroguer a choisi d’utiliser des couleurs et de la lumière pour mettre en scène une histoire de deuil(s) imaginée par Philippe Lahbari. Cette douceur graphique s’accorde avec l’atmosphère qui prend place en début de lecture : celle d’un village dans la campagne, de souvenirs de vacances qui renvoient de l’insouciance, de la nostalgie presque idéalisée, comme un souvenir reconstruit.
L’écriture, toute en cursive, rappelle celle des albums de Tom-Tom et Nana, des proportions pas toujours respectées soulignent cet effet enfantin. On est donc loin d’une mise en condition pour affronter ce qui constituera le cœur de l’intrigue : un retour sur les lieux du drame que le personnage tente d’affronter dans une recherche dans des lieux lourds d’une blessure passée qui ne cesse de le tourmenter.
Pourquoi être aussi évasif me direz-vous ?
Car c’est bien dans ce mystère, délicatement instillé, que nous nous retrouvons , sans vraiment savoir où l’on va, sans vraiment comprendre ce qu’il s’est passé.
Le village, lui, sait. David sait. Mais personne n’a la clé du mystère. Nous nous ne savons absolument rien.
Et comme dans une mise au point qui se ferait avec patience et minutie, la bascule se fait, changeant littéralement le fil du récit. Le passé et le présent se succèdent, sans code graphique pouvant nous aider à les discerner. On est dans les mêmes conditions que David qui arpente les lieux tout en se remémorant ses souvenirs, comme ça, sans transitions.
Que cherche-t-il ? Des réponses à des questions qui le hantent et l’étouffent. La quête de vérité apparait comme désespérée , David s’accroche à sa mémoire, à des indices, parfois insignifiants, qui maintiennent un espoir de supporter le poids de son chagrin. Et c’est bien là que la lecture de « Jusqu’à la nuit tombée » brille : elle pose une réflexion sur la gestion du deuil qui apparait comme une prospection intérieure, une mise à plat de sa propre identité.
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Petitgolem13




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