Scénario : Kapik
Dessin & Colorisation : Julie Bouvot
Éditeur : Steinkis
144 pages
Date de sortie : 30 avril 2026
Genre : biographie, histoire
« Tout n’est pas une question d’argent ou de charité, Henry. Il s’agit de reconnaissance, de justice et de respect. »
Présentation de l’éditeur :
« J’ai trouvé des réponses à des questions que je n’aurais jamais dû poser. »
Angleterre, début du XIXe siècle. Mary Anning fouille depuis son enfance les falaises de Lyme Regis à la recherche de fossiles. Elle les vend dans sa boutique et essaye sans relâche de trouver des réponses à ses questions. D’où viennent ces curios, créatures figées dans la pierre ? La Terre aurait-elle été effectivement créée il y a 6 000 ans ? Fascinée, Mary veut devenir une scientifique reconnue. Son rêve semble pouvoir enfin se concrétiser lorsqu’elle met au jour des squelettes de plusieurs mètres : ichtyosaure, ptérodactyle… L’un après l’autre, les dinosaures sont exhumés, et avec eux, des secrets qui pourraient ébranler la pensée scientifique tout entière…

Mon avis :
À moins d’être passionné de paléontologie, “Mary Anning” est un nom peut-être parmi tant d’autres. Pourtant, elle mérite amplement sa place aux côtés d’autres femmes célèbres pour leurs savoirs, leurs découvertes ou même leurs recherches. Malheureusement pour cette Anglaise du XIXe siècle : à son époque, les femmes sont considérées comme intellectuellement inférieures aux hommes, juste bonnes à enfanter, faire le ménage et la cuisine… D’autant plus si celles-ci sont de modeste naissance !
Pourtant Kapik parvient, avec Julie Bouvot, à démontrer combien cette femme née dans une famille pauvre, dans le sud de l’Angleterre, avait une intelligence hors du commun, une curiosité dépassant les limites imposées par la foi catholique (prônant que le monde a été créé en 7 jours par un dieu omnipotent, incapable de commettre une erreur… Donc pas de créatures ratées antérieures à ces six millénaires communément admis), … Mais la terrible malchance de faire partie de la gent féminine.
Bien que le dessin de Julie Bouvot soit plutôt simple dans la représentation des visages, là où le détail est de mise pour les découvertes de Mary Anning, les décors et les costumes : on ressent la passion de cette femme sans le sou, dont le toit fuit sans qu’elle puisse le faire réparer (ayant choisi de manger, autant que faire ce peut, plutôt que de réparer la maison familiale qui repose sur ses épaules et celle de sa mère, malade et vieillissante). De l’aube au coucher du soleil, elle arpente les falaises pour y trouver des fossiles, elle passe des heures entières à compulser diverses études de science naturelle en autodidacte, à autopsier différents animaux pour en comprendre la structure, l’anatomie et les liens avec leurs environnements. Pour quoi ? Pour que des scientifiques viennent la voir, achètent ses découvertes, écoutent ses théories et se les approprient dans d’illustres journaux dédiés.
Dans tout le scénario de Kapik, “sur les traces des dinosaures”, on ressent le poids de l’Église qui règne encore en maître sur la société moderne. Toutes théories traitant de créatures antérieures aux six millénaires sont rejetées d’un revers de main par l’ensemble académique. Qui plus est, aussi intelligence soit Mary Anning, pas un homme, même proche d’elle, n’a le courage de prononcer son nom dans les réunions scientifiques. Car elle est “la lesbienne”, “la catin”, “la gueuse Anning”, … Il faudra malheureusement qu’elle meurt pour qu’enfin, justice lui soit rendue. Think about it !
![]() | ![]() | ![]() |
ShayHlyn.




Laisser un commentaire