Tout mais pas Beyrouth

Scénario : Mathieu Diez
Dessin : Jibé
Couleurs : Jibé
Éditeur : Delcourt/Encrages
Date de sortie : 5 mars 2026
245 pages
Genre : Autobiographie

« On dit du Liban qu’il est « le pays de la guerre des autres » tant les conflits qu’il subit tiennent beaucoup aux ingérences étrangères favorisées par ses logiques communautaires. »

Présentation de l’éditeur

Entre carnet de voyage et chronique, Mathieu Diez partage sa découverte du Liban où il s’installe avec sa famille en 2021. Il relate son quotidien et son travail durant 4 années au sein de l’ambassade de France, jusqu’à la guerre d’octobre 2024.

Quand Mathieu Diez part vivre à Beyrouth avec sa famille pour travailler au sein de l’ambassade de France, il découvre une ville dévastée par la crise économique et l’explosion du port, mais pleine d’intensité et passionnante. Entre chronique du quotidien, du travail en ambassade, et de la guerre d’octobre 2024, il brosse un portrait sensible et sincère de Beyrouth et du Liban.

Mon avis

Mathieu Diez raconte sa vie à Beyrouth, son boulot pour l’ambassade de France, sa famille. Le regard, singulier par essence, est double. Décider de vivre dans cette ville n’est pas sans conséquences, sa venue fait l’objet de préparatifs et de préparations inhabituels voire insolites. « Tout mais pas Beyrouth » sonne comme un avertissement d’une réalité liée à des conflits qui collent à la peau de la ville. L’expression « C’est pas Beyrouth ici » relevée dans ce roman graphique rappelle combien, en France en tout cas, la cité libanaise est associée au chaos, au ravage.

Associé à Jibé pour donner corps à la ville et à ses habitants, Mathieu Diez en dresse un portrait captivant à la fois personnel et professionnel. Entre carnet de voyage et chronique du quotidien, l’album, dense, se montre précis dans ce qu’il dit des événements , des gens et surtout de l’atmosphère des lieux. Vivre dans un endroit où les bombes tombent n’a rien d’anecdotique. Le cynisme de la guerre est mis en avant et m’a particulièrement sidéré. Des bombardements israéliens annoncés sur X, les pilotes d’avions de chasse qui passent le mur du son à faible altitude pour effrayer, avec la terrible explosion qui en découle, la population. Ou encore les drones survolant bruyamment les zones habitées alors qu’ils pourraient être parfaitement silencieux. Que dire de l’incroyable histoire des bipers ? Je ne découvre pas l’immoralité de la guerre, mais plutôt la forme qu’elle peut prendre. C’est aussi ça la guerre psychologique.

C’est bien là qu’on ne peut que souligner la résistance dont fait preuve le peuple libanais.

Mathieu découvre tout ceci, le vit directement, s’adapte tout en ayant un statut particulier qui lui permet de pouvoir mettre sa famille à l’abri. Ces conflits qui durent encore au moment où vous lisez cette chronique, conditionnent l’existence de tout une population, qui, dans une constante résilience, tente de vivre et non survivre.

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