Les guerres invisibles T02 [FIN]

Auteur.rice : Marina Lisa Komiya
Éditeur : 
Casterman Sakka
336 pages
Date de sortie : 21 janvier 2026
Genre : tranche de vie, drame

« Tu n’as pas à avoir honte. Ceux qu’on doit blâmer… Ceux qui devraient avoir honte…Ce sont ceux qui nous ont tout volé. Ceux qui nous ont privées d’un quotidien… D’études… De nourriture… De vêtements… De logis… De nos parents… De nos enfants… De nos frères.. De nos sœurs… De nos amis… De nos amours… De nos nuits… De nos matins… De nos rêves… De notre futur… Ils nous ont tout pris. Tout est de leur faute. Et nous… Nous avons réussi l’impossible… Nous sommes parvenues à survivre, alors qu’on nous avait dépouillées de tout cela. »

Présentation de l’éditeur :

Le deuxième et dernier tome de cette quête de liberté à quatre voix contre les conventions.

Yoriko, Haru, Arthur et Scott ont quitté un Japon vaincu, en ruines et occupé, pour gagner les États-Unis. Confrontés à une réalité nouvelle mais non moins âpre, quel avenir sauront-ils imaginer et bâtir ?

Drame intime et flamboyant, Les Guerres invisibles, ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité.

Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s’aiment, se perdent et s’attendent dans les replis de l’histoire.

Un second tome en miroir du premier : le récit emmène les personnages en Amérique et se découvrira en sens de lecture occidental.

Mon avis :

Seconde partie d’un récit traitant de la vie après guerre pour quatre personnes que le destin tient unis par un lien parfois distant. Cette fois-ci, ce sont les deux protagonistes masculins en couverture. Ce n’est pas simple pour eux non plus. Tous deux Étasuniens, l’un blanc, l’autre d’origine japonaise : ils ont tous deux épousé nos belles amoureuses du premier tome, en connaissance de cause. Ce que nos quatre personnages ignoraient, c’est la suite des événements ; la fin de la guerre ne signifiant pas la fin des tensions. Hélas…

L’auteur.e reste pudique quant au sort, notamment, d’Arthur et Haru lors de leur arrivée en Amérique. Les relents de la guerre se ressentent toujours et c’est un camp pour les ressortissants japonais aux États-Unis qui les attend. Iel en parle, mais ne dépeint pas trop la vie là-bas. De leur côté, Scott et Yoriko s’installent près du Mississippi avec le petit Nao. La vie n’est pas simple pour la jeune femme qui ne parle pas anglais, dans une région empreinte de racisme. Ne serait-ce que ce bus scindé en deux, les blancs devant, les noirs à l’arrière. 

On comprend que l’après guerre est une épreuve psychologique pour chacun, mais Marina Lisa Komiya va plus loin, faisant défiler les années pour voir l’évolution des pensées, des mœurs et des actions militantes, pour une reconnaissance des souffrances japonaises aux États-Unis, les droits homosexuels, la ségrégation, … Les générations se succèdent, par l’entremise de la descendance du petit Nao, fils de Yoriko, reconnu par Scott, ou les enfants et petits-enfants de la sœur d’Arthur, n’ayant, pour sa part, jamais eu d’enfant avec Haru.

Une façon humble mais authentique de la vie après guerre, déjà ressentie dans le premier tome de “Les guerres invisibles”, mais également, dans un style graphique bien différent, avec “Le pays des cerisiers” de Fumiyo Kouno traitant des effets de la bombe atomique au fil des générations. Un flambeau de mémoire maintenu en hommage à ces hommes et ces femmes qui ont du se reconstruire pour tenter de vivre. Comme on dit quand on parle de guerre : plus jamais ça ! C’est ce que ce diptyque nous enseigne également. Enjoy ~

ShayHlyn.

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