Scénario, dessins, couleurs : Emmanuel Moynot
Éditeur : Glénat
80 pages
Date de sortie : avril 2026
Genre : polar noir
» Papa parlait déjà de réparer la patère centrale du portemanteau 6 ans avant sa mort. Papa était très bricoleur. Plutôt du genre à repousser au lendemain, mais très bricoleur. »
Présentation de l’éditeur
À Bordeaux, Pépère mène une vie en apparence tranquille. À un détail près : Pépère est un assassin. La première fois, il n’a pas fait exprès : la dame de l’agence immobilière est venue. Elle voulait le virer, raser sa vieille maison décrépite pour y construire un immeuble. Ça ne lui a pas plu à Pépère. Il n’était pas content, il l’a poussée et elle s’est empalée sur le grand portemanteau en fer forgé. Elle a bien mis six heures à crever. Il l’a descendue à la cave et il a creusé. En remontant, il a vu la tache de sang sur le mur. Jamais il ne pourrait retrouver le même motif de papier peint. Ça n’allait plus ressembler à rien, cette entrée… Puis ce fut au tour de la voisine et de la charmante cliente de la poste de subir le même sort. Car Pépère a pris goût au sang. Mais le jour où il croise la route de Vanessa, une punk à chien qui va de vol en racket, rien ne va se passer comme prévu ! Quand elle débarque dans la maison de ce petit vieux aux airs inoffensifs, c’est avec la ferme intention de l’escroquer. Mais tout peut basculer… Quand les bas instincts se réveillent, plus personne n’est à l’abri de finir six pieds sous terre…

Mon avis
Pépère est un petit bonhomme comme il y en a des millions. Il passe inaperçu, il est quasi invisible, n’intéresse personne et mène sa petite vie tranquille, bien rythmée, dans son pavillon hors d’âge ou « dans son jus » comme dirait un agent immobilier. C’est justement ce que pense, et dit sans ménagement, cette pétasse de l’agence immobilière du coin lors d’une visite pour le convaincre de vendre sa maison au profit d’un vaste projet immobilier. Pépère, il faut pas trop le bousculer quand même ! La dingo de l’agence aurait dû le comprendre, mais c’est trop tard, maintenant elle est morte… et une nouvelle vie commence pour pépère. Eh oui ! le sang appelle le sang.
C’est bien connu, l’habit ne fait pas le moine et il faut se méfier de l’eau qui dort. Pépère incarne tous ces gens qui se sont laissé glisser en marge de la société sans s’en rendre compte, les menant inévitablement un jour à franchir une ligne rouge. Ça peut être n’importe qui, parce que d’apparence ils sont comme tout le monde.
Emmanuel Moynot reprend ici un récit court qu’il avait réalisé pour un album collectif, le transformant en long polar noir teinté d’une petite pointe d’humour des plus cyniques et sordide. On est la fois effrayé par la dérive de ce petit bonhomme et amusé des situations un peu rocambolesques dans les quelles il se retrouve, le précipitant toujours un peu plus dans un abîme noir sans fond.
Le dessin volontairement austère et sombre sert bien ce récit noir, cynique et sans espoir.
Un polar noir jubilatoire à découvrir d’urgence, sauf si vous broyez du noir !
Loubrun
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