Jhen – 20
Scénario : Néjib
Dessin : Jean Pleyers
Editeur : CASTERMAN
48 pages
Sortie le 18 mars 2026
Genre : aventures historiques
Jhen arrivera-t-il à déjouer le complot contre le souverain pontife ?
En 1440, le pape Eugène IV se réfugie au château Saint-Ange à Rome en raison de la peste qui sévit dans la ville. Il souhaite réunifier les églises d’Orient et d’Occident pour apaiser la colère divine. Pour cela, il réunit une équipe d’artistes, dont le sculpteur Jhen, le peintre Fouquet et la musicienne Angèle de Waldo, pour créer un spectacle destiné à impressionner Dorothée de Mitylène, l’émissaire du patriarche de Constantinople, Métrophane II. Cependant, Angèle et son frère Athanasius sont en réalité des agents d’une société secrète qui cherche à faire échouer l’union des églises et à nuire au pape. Lors du spectacle, Angèle tente d’assassiner l’émissaire avec une arbalète, mais échoue. Jhen, qui a été drogué et manipulé, est accusé à tort de l’attentat. Le Filarete sauve le pape d’un second carreau d’arbalète, et les soldats arrêtent Jhen, pensant avoir capturé l’assassin.
Le Filarete arrivera-t-il à innocenter Jhen ?
L’album s’appuie sur un contexte historique riche – le schisme qui oppose le pape Eugène IV à Félix V après le concile de Bâle – et confère au récit une réelle densité politique, en jouant habilement sur la rivalité entre papauté romaine et ambitions savoyardes.
Cette ambition se heurte toutefois à une mécanique narrative souvent poussive et artificielle : le complot, saturé de coïncidences et de grosses ficelles, peine à convaincre. Certaines péripéties flirtent avec un invraisemblable si marqué que le contraste avec le registre réaliste et l’exigence documentaire revendiqués finit par entamer la crédibilité et la cohérence de l’ensemble.

Jean Pleyers demeure l’héritier appliqué de la ligne graphique et de la mise en scène visuelle de Jacques Martin : soin minutieux porté à l’architecture, documentation irréprochable pour les costumes et le mobilier, grandes cases de foules en mouvement, représentation saisissante de la peste et des cortèges religieux.
Ce tome devrait séduire les lecteurs attachés au personnage et à l’univers martinien, mais laissera sans doute un goût d’occasion manquée à ceux qui espéraient un véritable équilibre entre Histoire, suspense et rigueur scénaristique.


SKIPPY

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