Auteur : Taiyô Matsumoto
Editeur : Delcourt
Genre : Tranche de vie, Drame
Sortie : le 29 janvier 2026
Avis de l’éditeur :
Dans ce recueil de sept nouvelles ayant pour cadre commun le lycée Kitano, Taiyo Matsumoto nous décrit la vie de lycéens désoeuvrés, en perte de repères, dans un cadre où des adultes en perdition ne remplissent plus leur rôle envers la jeune génération. Un jeu mortel, une aventure avec un revolver, des petits boulots pour un yakuza, des jeunes désinhibés…
Mon avis :
Initialement paru à l’aube de l’an 2000 aux éditions Tonkam, Printemps Bleu nous revient pour une édition Prestige qui ravira de nombreux fans de l’ouvrage. De toute évidence, le récit de cette tranche de vie dramatique se déroule quelque années plus tôt, vu son contexte affiché.
Aux commandes de cette œuvre insolite, Taiyô Matsumoto définit le cadre d’une jeunesse délabrée, sans repaire ni dessein à concrétiser, si ce n’est de tuer le temps de n’importe quelle manière que ce soit, en commençant par des pratiques quasi quotidiennes de baston entre lycéens, en fonction de leur rang, et des rituels pour le moins étrange, à l’image de se suspendre sur une corniche et de frapper un maximum de fois dans ses mains, avec un danger omniprésent d’une éventuelle chute mortelle.

Parmi ces lycéens, nous suivons particulièrement le parcours de Kujo, Osamu & Tatsutoshi, feignants et fiers de l’être, jusqu’à preuve du contraire.
Tout bascule ou tout prend du sens pour eux lorsqu’un type pour le moins étrange, livreur d’un message manuscrit, leur remet un plan, lequel correspond à une boite contenant un flingue. Jusqu’ici, leurs délits se limitaient à de simples bavures, ou corrections entre adolescents, sauf qu’avec une telle arme, des pensées pour le moins confuses les guident à franchir un autre cap : vouloir réaliser un gros coup !
Bien que leur petite enquête les conduit au détenteur de cette arme, un yakuza en fin de parcours… qui les estime. Les autres récits, quant à eux, évoluent sur le même diapason, avec cette rage à vouloir parfois réaliser quelque chose, mais comme si leurs démons intérieurs leurs en empêchaient continuellement.
Printemps Bleu narre un malaise sociétal profond et amer. La vie pour ces jeunes gars semble plus un fardeau qu’un miracle, estimant celle-ci comme presque encombrante et inutile. Ces derniers ne s’amusent qu’au travers de bêtises ridicules le temps d’un instant, avant de sombrer à nouveau vers leurs idées noires récurrentes et multiples. Ils en viennent même jusqu’à insérer une cartouche dans le barillet, et s’autoriser de défier cette triste existence, en l’affrontant à la Roulette Russe.
On retrouve une certaine connotation entre Printemps Bleu et les films de Larry Clark, notamment ceux des années 90, dévoilant une jeunesse désireuse d’assommer les contraintes en vivant ce qu’ils estiment de plus fort, quitte à y laisser leur santé, tant mentale que physique. Il s’agit également de lycéens qui se cherchent sans réellement se découvrir, si ce n’est presque à l’instant fatidique, compromettant toute lucidité de sortie.
La trame se veut rythmée, intense, palpable et significative. La qualité graphique, de son côté, se ramasse toute de même un sérieux gout de dépassé. Les bobines, volontairement exagérées dans leurs traits, soulignent une époque, une génération, mais constamment atrophiées résultant de mimiques bien trop plates pour joindre à la fois le dessin et sa trame.
L’édition en elle-même offre une qualité d’impression de haut standing, avec des caractères et du titre au premier plat en bleu réfléchissant ainsi qu’un grammage de papier de très bonne qualité.
S’adresse essentiellement aux fans ayant connu ce titre en son temps.
Coq de Combat







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