Le permis pour des parents bien élevés

Scénario : Joseph Delhomme
Dessin et colorisation : Océane Jeanty
Éditeur :
 La Boîte à Bulles
Pages: 144
Date de sortie : 27/08/2025
Genre : Famille, émotions
, parentalité, humour

« Les gens voulaient toujours plus, ils ne se rendaient pas compte de la valeur des choses. Ces gens qui avaient promis d’être heureux n’en étaient tout simplement pas capables. C’est à ce moment-là qu’on a créé les Permis. Désormais pour obtenir quelque chose, on devait prouver notre capacité à l’apprécier. C’est comme ça que mes parents qui n’avaient rien ont put tout avoir. Le bonheur était à portée de tous, la vie devint douce. Jusqu’au jour où la première génération des zones parfaites eurent des enfants. De nouveau les enfants recommencèrent à être mécontents, ils ne comprenaient pas l’intérêt des règles et des Permis. Ces enfants mirent en péril le bonheur de chacun à cause de leur colère. Les parents devaient leurs donner les clefs pour trouver la paix intérieure. C’est là que le permis pour enfants fut créé. Il est le plus difficile car le plus important. En plus de veiller à la bonne éducation d’un enfant, il permet une régulation de la population… »

Résumé de l’éditeur:

La vie est trop précieuse pour être confiée à n’importe qui.

Dans un futur proche, la société a trouvé un remède à toutes nos angoisses : la méditation en toute occasion et l’obtention de permis dès qu’on désire franchir une nouvelle étape dans sa vie. Désormais, les inégalités ne se fondent plus que sur le mérite individuel : pour accéder à la propriété, il suffit de réussir les épreuves du permis immobilier, et pour avoir le droit d’élever un enfant, c’est le permis bébé qu’il s’agit d’obtenir.

Lorsque Liz tombe involontairement enceinte, son mari Denis et elle n’ont plus de temps à perdre et se lancent dans une préparation intensive du précieux sésame. Pour cela, ils se voient attribuer un couple de formateurs bienveillants mais intransigeants, des « grands-parents » qui les confrontent aux situations les plus extrêmes – voire farfelues – possible : entrainements à l’allaitement, courses-poursuites en tricycle, agression en pleine rue… Un enfant, plus que toute autre chose, ça se mérite.

Pour Liz et Denis, l’échec n’est pas une option car il risqueraient de devoir abandonner leur enfant… à moins de partir vivre et l’élever de l’« autre côté »…

Mon avis:

Un roman graphique qui nous emmène dans une société dite « parfaite », un récit dystopique où la recette du bonheur est la méditation et surtout le culte de la méritocratie ! Mais que deviennent ceux qui n’adhèrent pas à cet idéal ? Ou tout simplement ceux qui échouent aux différents tests et permis ? Certains vont de « l’autre côté », autrement dit dans notre société, ou ce qu’il en reste. Voilà une histoire qui mérite bien des réflexions.

Nous avons un couple bien intégré à cette société et apparemment apte au bonheur puisqu’ils détiennent déjà quelques permis. Il ne manque donc que le bébé à ce tableau idyllique, mais petit hic, ils n’ont pas le permis bébé ! Or voilà que Liz tombe enceinte par accident, ils n’ont plus le choix, il faut se lancer dans l’aventure ! Au début, l’album se veut franchement drôle, les situations cocasses s’enchaînent. Je pensais que j’allais rester sur ce registre jusqu’au bout et que ce charmant petit couple allait obtenir son permis après maintes déboires et examens divers. Mais cette ambiance va rapidement chuter après un drame…Fini les scènes amusantes, place à la tristesse et aux questionnements de Liz et à sa peur qu’on lui retire son bébé.

Cette société qui paraît trop parfaite ne l’est en vérité pas, car tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule sont laissés à la traîne voire rejetés. L’idéal du bonheur à tout prix n’est qu’une farce, une douce illusion dans laquelle la plupart des personnes se coulent sans trop se poser de questions. Ce roman graphique aborde aussi (et surtout) le thème de la parentalité et surtout celui du parent parfait, qui à mon sens n’existe pas. Le graphisme montre aussi cette société parfaite et harmonieuse, dans les maisons toutes pareilles, des policiers qui portent des masques souriants alors qu’ils représentent la répression. Des couleurs douces, tout est fait pour montrer qu’il fait bon de vivre dans cette société. Une BD plutôt spéciale, et j’avoue que j’ai eu du mal à exprimer un avis objectif à son sujet. Je ne dirais pas que j’ai adoré, mais après maintes réflexions et analyses, je la trouve en effet intéressante. Et même si le graphisme colle au récit, je ne suis pas très attirée par ce qui est proposé. Je pense que c’est à vous, lecteurs, de vous faire votre propre idée en la lisant !

Sandra/ Ithilwen

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