Le Nom de la Rose – Livre second

Auteur : Milo Manara
D’après l’œuvre d’Umberto Eco
Editeur : Glénat
Genre : Médiéval – Histoire
Sortie : le 21 janvier 2026

Avis de l’éditeur :

Quand le maître italien du neuvième art revisite le chef-d’oeuvre d’Umberto Eco. Et si le savoir était plus dangereux que le péché ? En l’an 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie, plusieurs moines sont retrouvés morts. Pour mettre un terme à ces inquiétantes disparitions avant l’arrivée d’une importante délégation de l’Eglise, le frère Guillaume de Baskerville tente de lever le voile sur ce mystère qui attise toutes les superstitions.

Mon avis :

Commettre le péché de la fornication pour un moine s’apparente à une faute grave pouvant réduire toute espérance d’une vie éternelle. Conscient de son acte malgré la grande jouissance qu’il en a tiré, Adso se confesse dans la foulée à son mentor qui le ramène à une quelconque raison. Mais la nuit galopante n’en a pas fini de surprendre et de traumatiser dès l’instant où le corps de Béranger est retrouvé noyé dans les bains, sa langue noire empoisonnée.

Suite à un premier opus nous ayant graduellement conquis, tant par la majestuosité des plans hivernaux et la rudesse de ce climat que par les échanges verbaux entre moines ; nous étions en droit d’espérer une suite de même acabit. Soyez rassurés, Manara poursuit sa mission par l’enquête de Guillaume de Baskerville, jonchée de mystères sur sa route où chaque élément nouveau vient reluire une atmosphère cynique aboutissant sur une méfiance de tout un chacun.

Dans ce récit, l’Humain peine à trouver un repos bien mérité, se soustrait à réitérer sans cesse pareille journée constituée de prières intenses, d’auto-flagellations pour certains ayant peu d’estime d’eux-mêmes ou ayant céder à un quelconque péché accablant. Pour ne rien arranger à leur malheur, les moines de l’abbaye bénédictine remettent en cause les décisions papales quant à certaines représentations symboliques du Christ ainsi que des deniers forts onéreux à payer en cas de fornication.

Tout se paye et se monnaie déjà à cette époque. Et les vices ne font nullement exception à cette règle. Etonnant comme verdict de constater qu’un religieux ayant commis un acte sexuel sur des enfants ou animaux se voyait réduit de sa peine financière en comparaison avec une prostituée ou une paysanne. Décidément les mœurs étaient d’un tout autre acabit, accablant lâchement les plus démunis ou fragiles dans un contexte ou le manque de sous et la famine rôdait avec ferveur.

D’illustres personnages du film tels que Bernad Gui d’Avignon (F.Murray Abraham) ou Salvatore (Ron Perlman) sont magistralement reproduits, conformes à leur image notoire. Bien que le must de cette trame moyenâgeuse demeure cette fameuse bibliothèque, véritable labyrinthe gigantesque dont l’entrée comme la sortie nécessitent de s’y reprendre à plusieurs tentatives.

Certes la version cinématographique se veut sans égale, bien que ce dytique assure les moments clés, retraçant intensément les moments phares de l’œuvre de  Jean-Jacques Annaud, conservant l’étique originale.

Le trait de Manara, glaçant et précis soulèvera l’intérêt de nombreux adeptes de la franchise grâce à une prise de vue sensationnelle. Tout est gris, nébuleux et glacial. Atmosphère véhiculée tant pour cette BD que pour sa version cinématographique. Seules les flammes ravageant la bibliothèque se veulent être illuminées par un feu incandescent.

La qualité de l’ouvrage régalera également par son côté merchandising, apporté avec grand soin comme le souligne les lettres en dorures tant sur la tranche que sur les plats.

Coq de Combat

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