Auteur : Kentaro Miura
Editeur : Glénat
Genre : Dark Fantasy
Sortie : 18 juin 2025
Avis de l’éditeur :
Guts, le guerrier noir, promène son imposante silhouette de routes en villages. Sur son passage, les cadavres s’amoncellent et il laisse derrière lui des torrents de sang. Le corps vêtu de noir, il porte sur son dos une épée aussi haute qu’un homme. Sur son cou, une marque mystérieuse le condamne àêtre poursuivi jour et nuit par des démons. Puck, l’elfe facétieux, croise un jour le chemin de cette machine à tuer.
Mon avis :
Bien mal en point, Guts se voit contraint de prendre en otage Thérésia face au Comte démon limace, le propre père de celle-ci, pour clore ce combat épique. C’était sans compter le réveil de la Béhérit, agençant le paysage comme elle le conçoit, vers une autre dimension, déversant son lot d’anges gardiens du désir, nommés les God Hand avec à leur tête : Griffith !
Indéniablement, à la simple vue de ce dernier, des souvenirs maudits revigorent le guerrier noir, désireux d’en terminer avec son grand ennemi, qui à ce stade du récit n’est que peu détaillé mais bel et bien connu du grand public féru de la saga.
Cette deuxième brique intronise les êtres de l’autre dimension et ce lien qui associe Guts à son opposé machiavélique, ainsi que sa plaie au cou ; sa marque maudite en corrélation au contact de la présence du mal. Car en réalité, le mal s’invite dans le cœur des hommes, et de son triomphe à engendrer folie, meurtres, et toute symbolique négative, se crée une brèche, une fissure de la réalité, une invitation aux forces occultes afin de s’immiscer dans la partie. Ce parallèle est de pair avec l’œuvre culte de Clive Barker et son célébrissime Hellraiser.

Kentaro Miura nous propulse, tant ses héros que ses lecteurs, vers cette brèche temporelle ; là même où s’agglutinent des créatures sinueuses et immorales, où règnent chaos et déconstruction de la matière et de la chair. L’orgie accouplant démons à tête de boucs aux humains se veut être l’ultime frontière de l’immoralité, où esprits malfaisants et corrompus se joignent à la danse nuptiale avec l’accréditation de soumettre et pervertir.
Le résultat se veut être d’autant plus bluffant que la technique graphique de Miura joue avec ce que l’on peut qualifier d’aboutissement final dans le domaine de la Dark Fantasy, avec ce côté dérangeant, souillant l’âme jusqu’à ses interstices. Les angles de vues, justes exceptionnels, régalent par leur profondeur de champ, créés tels des pièces d’un puzzle assemblés les unes aux autres.
Ce deuxième tome de cette collection Prestige offre également la rencontre initiale entre Guts et son bourreau et ennemi de toujours Griffith– le Faucon blanc. Cette version du bien et du mal, originale et créative, redéfinit les codes de manière surprenante. D’un côté, Griffith, être calme, fort, élégant, soigné d’apparence, et à l’intellect plus qu’élevé, incarnant cette soif de conquête et de despote absolu, et de l’autre, son homologue et contraire, Guts, puissant, colérique, balèze au corps robuste et tracé, au profil et tempérament querelleur et démarrant au quart de tour. « L’Habit ne fait point le moine tout comme le moine ne fait point l’habit ».
A l’instar du passé du guerrier noir, pour lequel Miura nous replonge dans le temps, à cette époque d’un Guts juvénile, pas plus haut que cinq pommes, déjà à l’œuvre sur les champs de bataille, mais qui pour lui, ne s’associe guère à la pire tourmente, réservée pour ses supérieurs, à son propre clan, à le violer sous sa tente, une fois la nuit détachée de ses rayons solaire.
Berserk ou tout du moins ses dix-huit premiers tomes se veulent être sans égal. La suite peut s’inviter à la discussion. Quoi qu’il en soit, cette bible à ce stade de l’épopée se déguste à merveille, sans fioriture, met principal d’une folie sans nom. A l’image de la franchise Jojo Bizarre Adventure d’Hirohiko Araki, publié et s’étalant au Japon depuis 1986, la licence de Berserk n’apparait que trois petites années après, faisant de ces deux mastodontes des écrins incontournables.
Quant à cette édition prestige, si vous ne vous êtes pas encore, à ce stade, procuré le vôtre, il est fort à parier que les créatures abyssales des profondeurs guettent l’instant propice où vous obtiendrez votre grimoire, sûrement unique, pour vous faire un tour dont eux seuls disposent de ce talent.
Poser vous cette question : y-a-t-il déjà eut de pareilles éditions pour un autre manga ? Berserk signe assurément le renouveau pour une édition PRESTIGE de qualité !
Remarquable !
Coq de Combat







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