Kennedy[s]

Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Bernard Khattou
Éditeur : Glénat
528 pages
Date de sortie :  octobre 2025
Genre : Histoire ; biographie

 


« – Peut-on vraiment lui faire confiance ? 
– Non, absolument pas. Surtout pas. Il est sournois, menteur, arrogant, déluré, impétueux, cupide, avide, complexé…
– Complexé ?
– Par ses origines irlandaises et les préjugés qui vont avec. »

 

Présentation de l’éditeur

Le 22 novembre 1963, l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy endeuille l’Amérique et fige à jamais le sourire charismatique de son leader dans la mémoire collective. Le mythe est né et, avec lui, toutes les théories complotistes. Car malgré les nombreuses enquêtes et les documents déclassifiés, il est toujours impossible de savoir ce qu’il s’est réellement passé à Dallas ce jour-là. Pour comprendre ce qui a conduit à cette tragédie, il faut peut-être remonter aux sources du clan Kennedy, saisir ses zones d’ombre et son influence majeure sur l’Histoire des États-Unis. Il faut comprendre l’ambition démesurée du père, l’image du héros de guerre dont jouit le jeune JFK et les drames intimes.

Mon avis

Le nom de Kennedy ne fait pas seulement partie de l’Histoire des États-Unis, il en EST une partie. Tout comme Washington ou Lincoln. Lincoln, premier président américain assassiné, Kennedy, dernier président assassiné. Deux faits majeurs de l’histoire américaine, truffés de coïncidences troublantes, étranges ou amusantes, selon les points de vue.

Kennedy, un nom qui alimente tous les fantasmes, mythes et théories complotistes. La faute à un assassinat de Président dont on ne sait, 60 ans plus tard, pas encore tout. Loin s’en faut.

Philippe Pelaez, en voulant parler du fils, s’est vite rendu compte qu’il devait avant tout parler du père. Joseph P. Kennedy, dit Joe Kennedy est la clé de voûte de cette famille puissante et influente dont l’histoire est parsemée de zones d’ombres et de tragédies. Au point que certains y voient là une sorte de malédiction familiale. Chacun voit midi à sa porte, mais a vouloir trop approcher le soleil, on finit par s’y brûler les ailes.

Fils d’immigré irlandais, Joe n’aura de cesse d’effacer ses origines et de revendiquer son américanité. Animé d’une colossale ambition, aussi dévorante que démesurée, il est prêt à tout pour s’enrichir et mettre sa famille à l’abri du besoin. Question enrichissement, il y parviendra au-delà de toutes espérances, mais usant de voies pas toujours très recommandables. Son ambition, il la reportera sur ses fils qu’il prédispose aux plus grandes responsabilités. C’est son premier fils, Joe Junior, qui était prédestiné à la maison blanche. Premier drame et première désillusion, il meurt à la guerre en 1944. La suite on la connaît. Le jeune John Fitzgerald fera l’affaire.

Ce roman graphique de plus de 500 pages est une vraie pépite. Regorgeant d’informations historiques, il permet d’appréhender dans le détail le mythe Kennedy, par le biais d’une biographie familiale construite de telle façon qu’on ne s’ennuie jamais, tournant les pages avec avidité.

Construit en trois parties, l’ascension sociale et politique du père, celle des fils Joe et John et enfin, les trois années de présidence de JFK et son assassinat, le récit est équilibré et passionnant de bout en bout grâce au fil narratif d’une discussion entre Franklin Delano Roosevelt et son conseiller au sujet de Joe Kennedy. Un récit qui fourmille de détails et duquel transpire le travail colossal de recherche et de documentation fournit pas l’auteur.

La réussite tient aussi beaucoup du travail de Bernard Khattou au dessin. Réaliste, en noir et blanc, son trait reproduit à la perfection les physionomies et nous embarque dans toutes les époques avec une aisance déconcertante. Il arrive à produire un dessin à la fois simple allant droit au but et regorgeant de détails quand la situation l’impose. Ainsi, les reconstitutions sont très parlantes et évocatrices. Du grand art !

Chef-d’œuvre absolu, je recommande vivement ce « biopic » éclairant à plus d’un titre, qui se lit aussi bien comme un livre d’Histoire que comme une saga familiale, ou un thriller politique.

Loubrun

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