La régate

Lefranc – 36
Scénario : Jacques MARTIN, Roger SEITER
Dessin : REGRIC
Editeur : CASTERMAN
48 pages – Relié
Parution : 17 septembre 2025
Genre : classique

Résumé de l’éditeur

Lors d’une régate, Lefranc, Théa et leur équipage sont surpris par un typhon, échouant sur les côtes indonésiennes. En quête de soins pour leur équipier blessé, ils débarquent sur l’île de Walang, mais sont aussitôt capturés par les autorités locales. Immédiatement, ils se retrouvent au cœur d’un vaste complot où leurs vies, ainsi que celle du jeune sultan, sont menacées. Leur seul espoir : déjouer les manigances et découvrir la vérité.

Mon avis.

Je n’avais plus ouvert un album de Lefranc depuis La Cible, paru en 1989. Première constatation : contrairement à moi, notre héros n’a pas pris une ride…

Le dessin de Régric, les couleurs et la mise en page, bien qu’un peu modernisés, restent très fidèles aux codes instaurés par Jacques Martin. Le respect de la ligne claire, la précision des décors et le soin du détail rappellent immédiatement la signature du maître. Quant à Lefranc lui-même, il demeure cet aventurier courageux et avisé, journaliste de profession, capable de garder son sang-froid dans les situations les plus extrêmes.

Le récit se révèle dynamique, notamment dans les scènes de régate et de tempête en mer, remarquablement rendues. La mise en place de l’intrigue, imaginée par Roger Seiter, est en revanche un peu longue, ce qui, au vu du nombre limité de pages, laisse moins d’espace au dénouement — que j’ai trouvé un peu rapide. Pour s’extraire avec aisance d’une situation qui semblait inextricable, Lefranc bénéficie d’une succession de hasards heureux : sa rencontre avec le jeune sultan, puis la découverte opportune d’un avion armé d’une torpille, prêt au décollage.

Cette aventure aborde un thème toujours d’actualité : celui de la décolonisation et de ses prolongements économiques. Les anciens intérêts coloniaux, l’ingérence d’acteurs étrangers et les ambitions de multinationales — ici, un consortium néerlandais et des affairistes européens — cherchent à exploiter à moindre coût les richesses naturelles, souvent au détriment des populations locales. Tous les moyens semblent permis : coups d’État, assassinats, recours à des mercenaires, etc.

Le récit évoque, en filigrane, des situations bien réelles, comme celles que connaît encore aujourd’hui l’est de la République démocratique du Congo. Le conflit qui y fait rage, alimenté par la convoitise autour du coltan ou de l’or, illustre tragiquement la persistance de ces dynamiques.

Malgré la solidité du propos, je reste un peu sur ma faim : la thématique, passionnante, aurait mérité d’être développée plus en profondeur. Certaines transitions rapides et les motivations des antagonistes restées esquissées, affaiblissent quelque peu l’impact du dénouement.

Sans révolutionner la série, La Régate réussit à conjuguer hommage et actualité, rappelant que l’esprit de Lefranc reste indémodable. C’est un album divertissant qui devrait séduire les inconditionnels, comme les nostalgiques de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge. Quant à moi, cette lecture m’a donné l’envie de me replonger dans les premiers albums de la saga.

DenSi

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