Les Mouvements Célestes

Scénario : Michele Peroncini
Dessin : Michele Peroncini
Éditeur : Sarbacane
Date de sortie : 5 février 2025
176 pages
Genre : Pérégrinations citadines

« Alors dis-moi… Tu es le glas final ? Ou juste un bruit de crécelle avant l’enfer ? »

Présentation de l’éditeur

Déambulations nocturnes et fantasques de trois princes de la rue

Fausto, Siro et Gian sont trois esprits intranquilles quant à la direction à donner à leur existence. Ils vivent au jour le jour, entre le nettoyage de caves, les petits boulots dans la restauration et le marché aux puces. Ils naviguent entre les tavernes des ruelles étroites et les palais aristocratiques d’une ville italienne sensuelle et métaphysique, féroce et crépusculaire, où les dangers comme les occasions rôdent, et où la frontière entre l’imaginaire, les rêves et la réalité est fine et fugace.

Mon avis

Fausto, Siro et Gian arpentent les rues de Gênes à la recherche de la (bonne) fortune, serpentant entre palais et arrière-boutiques, jardins et ruelles malsaines. Michele Peroncini joue avec les cadres, il aime utiliser les ombres et la nuit, variant les décors dans lesquels s’agitent ses personnages. C’est TRÈS cinématographique et TRÈS théâtral.

Son scénario est trompeur, tout comme le titre d’ailleurs. La réalité se mêle à la fiction, les songes aux tranches de vie de ces magouilleurs qui semblent être liés par un pacte dont on tente de deviner la nature. A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’amitié et que ça, ça n’a pas besoin d’explication. C’est peut-être justement à l’image de ce roman graphique. On ne sait pas vraiment où l’on va mais on suit le mouvement, comme happé par la ville, les belles demeures et les œuvres d’art. On suit des aventures qui n’en sont pas vraiment, ou en tout cas pas dans la réalité. Les statues, nombreuses, semblent regarder Fausto, Siro et Gian, les jugeant presque pour ce qu’ils ont fait ou sont sur le point de faire.

Le livre de Michele Peroncini montre l’Italie dans une commedia dell’arte moderne. Les masques et les visages (les nez !) se confondent, les héros rencontrent des personnages souvent caricaturaux. La ruse est de mise pour vivre et survivre dans la ville labyrinthique. Mais si certains passages renvoient à la farce, l’album se montre également empreint de mystère et d’un certain fatalisme. Fausto, beau ténébreux, en est le principal acteur et symbole, entretenant, volontairement ou non, un secret qu’on croit voir arriver. Mais en vain. Et c’est bien là la limite des Mouvements Célestes : on ne sait pas où on se rend et on constate qu’on arrive finalement nulle part. Ça plaira à certains, d’autres trouveront cela absolument rédhibitoire. Mais parce qu’il est beau et élégant, ce déroutant album vaut le coup d’être (re-)lu.

ScénarioDessinico_Album
coeur_troiscoeur_quatrecoeur_trois_et_demi


Petitgolem13

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