Le Chœur des Sardinières

Scénario : Léah Touitou
Dessin : Max Lewko
Éditeur :Steinkis
Date de sortie : 16 janvier 2025
144 pages
Genre : Grève généraaaaaale !

 » Les lois, ils en ont plein la bouche quand il s’agit de nous faire crever. »

Présentation de l’éditeur

1924, Mona est ouvrière dans l’une des usines de sardines de Douarnenez. Elle vit au rythme de la cloche et de l’arrivée des bateaux de pêche. Face à un quotidien de plus en plus difficile, son mari pense qu’il est temps que leur fille rejoigne aussi l’usine.
Mais en novembre, une poignée de sardinières se soulève contre les conditions de travail et déclare la grève. Mona commence à rêver d’un autre avenir et rejoint les rangs des manifestantes, contre l’avis de sa famille. Dans la rue, toutes s’élancent : les cantiques bretons qui rythmaient le travail sont remplacés par le chant des Penn-Sardin en lutte.

Mon avis:

« C’est la luuuuutte finaaaaaaleuuuuuh ! Groupons-nouuus et demaiiiin !!! » Voilà le chœur de ces sardinières qui hurlent leur colère et leur soif de justice et d’égalité. Léah Touitou et Mawx Lewko racontent cette belle histoire de femmes qui décident de prendre leur avenir en main en se mettant en grève…au moment où certaines de leurs collègues ont été renvoyées parce qu’elles avaient chanté « Saluez Riches Heureux » en présence de leur patron. Tout un symbole.

Car la vie de ces sardinières , formidablement mis en scène et minutieusement décrite est loin d’être enviable. Dans ce coin de la Bretagne, on devient sardinière de mère en fille et pêcheur de père en fils. Mona va choisir d’agir pour tenter d’échapper à ce déterminisme social ou, tout du moins, en améliorer le quotidien. Être sardinière c’est vivre au rythme de la mer et des arrivées des bateaux emplis de poissons qu’il faut, au plus vite, et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, mettre en boîte. Et comme « la mer n’est pas une science exacte », les longues heures d’attente (non payées) succèdent au rythme acharné de l’usine. Les liens entre les femmes se tissent et créent une émulsion qui animera les vingt-trois conserveries du Douarnerez de l’entre-deux-guerres .

J’admets ne pas avoir été conquis par les couleurs et les dessins, notamment ceux des visages qui m’ont semblé se ressembler les uns aux autres, créant ainsi un peu de confusion sur l’identité des personnages. Mais Max Lewko offre de jolis paysages bretons et donne habilement vie à une force collective qui émane de l’album et qui est très communicative.

Le Chœur des Sardinières est une ode à la lutte sociale, aux mouvements de grèves qui durent. On se retrouve littéralement associé à ce combat et on explore d’ailleurs ses mécanismes, ses moments galvanisants, ceux emplis de doutes, ceux, plus difficiles. Les coups-fourrés des patrons répondent aux chants des manifestants, l’intervention des casseurs de grève en étant le symbole le plus visible qui mène au drame. Une histoire vraie qui sent bon les droits des salariés et qui rappelle combien les luttes collectives sont dures mais puissantes et réjouissantes.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatrecoeur_deuxcoeur_trois


Petitgolem13

Un commentaire sur “Le Chœur des Sardinières

Ajouter un commentaire

  1. « combien les luttes collectives sont dures mais puissantes et réjouissantes. » Comme ta chronique
    La liberté est un combat de tous les jours. L’actualité 2025 nous le rappel à chaque instant

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur SambaBD

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture