Scénario : Benjamin Fischer
Dessin : Georges Van Linthout
Éditeur : La boite à bulles
Date de sortie : 05 février 2025
112 pages
Genre : Polar
« Votre père a encore pas mal de ressources fils… Bon, magnez-vous de terminer la Ford, j’ai encore du boulot pour ce soir, moi. »
Présentation de l’éditeur
Eddy, flic en fin de carrière, avait minutieusement mis au point un vol d’objets d’art religieux. Le plan parfait.

Malheureusement, le hasard de la vie et des rencontres va compliquer les choses…
Manu est un malfrat qui rêve de devenir l’ennemi public numéro 1. Sa vie va basculer le jour où sa route croise celle d’Eddy.
Gaz et Dante sont deux glandeurs vivant aux crochets de papa, garagiste magouilleur et alcoolique. Une nuit, ce dernier se fait agresser dans le garage familial : c’est le début des complications…
Ces personnages, sortes de Pieds Nickelés wallons, vont se retrouver pris dans un engrenage de situations inattendues, parfois loufoques, parfois violentes, où ils ne vont cesser de se croiser, de se poursuivre, de se confronter. Un album en noir et blanc palpitant qui plonge le lecteur dans une atmosphère sombre et réaliste mais néanmoins cocasse.
Mon avis
Comme bien souvent chez la Boite à bulles, la copie rendue est de très bonne qualité. En même temps avec des auteurs de la trempe de Georges Van Linthout et Benjamin Fischer, l’éditeur tourangeau avait mis toutes les cartes de son côté. Méthode efficace ! En tout cas, bien meilleure que celle de la plupart des personnages de ce polar belgo-poissard…

En effet, entre le scénario pas forcément très compliqué, quoiqu’un peu alembiqué tout de même, mais, pour le coup, parfaitement ficelé entre flash backs et alternances temporelles, et un graphisme à base d’aquarelles monochromes rendant parfaitement l’ambiance industrielle de la périphérie Liégeoise, on ne peut que se réjouir d’avoir entre les mains une excellente BD.
Les personnages sont bien définis, certains à la limite de la caricature, mais, d’une manière générale, c’est leur « humanité » qui ressort à travers leurs qualités (rarement) et leurs défauts (le plus souvent). Cela donne une autre dimension à ce polar. On se prendrait presque à s’identifier à ces « bras cassés » qui n’ont pourtant rien d’enviable dans leurs trajectoires diverses…

Et sinon, rein à voir, ou presque… En tant que fan de Jacques Brel, j’ai beaucoup aimé la présence de la neige sur Liège dans cette BD. Présence d’autant plus appréciable que les auteurs ont pris soin de dessiner une progression dans l’intensité des chutes de neige (très utile pour se repérer dans le temps) jusqu’à atteindre le climax final où l’on ne sait plus s’il neige sur Liège… ou si c’est Liège qui neige vers le ciel…
En tout cas, c’est une fois de plus une très bonne surprise de chez la Boite à Bulles. Chapeau aux auteurs !
![]() | ![]() | ![]() |
Odradek




Il s agit d une réédition…on peut d ailleurs trouver ma chronique de 2010 dans la rubrique « similaire « .
C’est aussi inspiré d’un fait divers bien réel.
https://www.rtbf.be/article/de-l-argent-jete-d-une-tour-6-jours-de-negociations-il-y-a-30-ans-la-prise-d-otages-de-tilff-10308817