Autrice : Mirka Andolfo
Editeur : Glénat
Genre : Comédie dramatique
Sortie : le 22 janvier 2025
Avis de l’éditeur :
Combien de fans vaut votre âme ? Clelia est la reine de la pop ! Elle électrise les foules, subjuguées par sa voix angélique et son charisme quasi divin. Car dans cette Société de strass et de paillettes, l’Ordre, qui représente l’unique Eglise, a fait de ces stars des déesses modernes. En coulisses, les anges et les démons capitalisent sur l’exaltation des fans, ecstasy mystique qui leur procure un pouvoir colossal !
Mon avis :
Sur fond d’un Christianisme loin des sentiers battus, dans lequel se voit naître l’ordre de la nouvelle église du triple crucifix, Clélia, reine de la pop envoute l’assistance sous le joug d’une institution qui exerce de pair avec le monde du divertissement.
L’ordre devient communément l’unique église choyée et investie par les foules, où Clélia en tête de liste, sélectionne l’un ou l’autre invité leur faisant comprendre l’importance de leur foi afin d’obtenir la récompense ultime : guérir de leurs maux et autre tribulations. Sauf que ce n’est pas de l’avis de tous, puisque les ancêtres férus de la parole de Dieu ne le voient pas d’un bon œil. Bien que personne ne sache ni ne connaisse le mystère derrière la réussite de Clélia, la réponse émerge 600 ans plus tôt, où l’une de ses parentes a livré son âme au malin.
Mais toute ascension mène généralement à une chute, d’autant plus pour celle qui en coulisses crée jalousie et mécontentement, sans compter que les réseaux sociaux loin de faire l’unanimité, l’enfonce et la piétine sans ménagement. Ses récentes hallucinations, dévoilant une mystérieuse femme aux cheveux bouclés la ramène toutefois quelque peu à une autre forme de réalité…

Des orgies dans des églises, une croix du Christ qui pactise tel le démon, rien de bien neuf sous le soleil, si ce n’est qu’ici nous ne sommes ni dans une réalisation à la Scorsese et encore moins provenant du génie de Jodorowsky. Non, Blasfamous évolue dans un registre graphique proprement destiné aux jeunes lecteurs contemporains.
D’ailleurs, bien que l’œuvre signée Mirka Andolfo et de son assistant coloriste Gianluca Papi s’adresse à la tranche de lecteur 16/18 ans, il ne serait pas sage de la dévoiler aux trop jeunes de par son aspect excentrique des valeurs ou plutôt des non-valeurs. Coke à tout-va et striptease dans des endroits de culte, blasphèmes, violence modérée, on évolue clairement dans un OVNi à la sauce fantastique, épinglée de déviances pour le moins originales.
D’autre part, l’autrice excelle sur le tableau à nous faire ressentir que les paillettes, le luxe et la notoriété publique n’amènent et n’apportent pas que du bon, bien au contraire. D’une certaine manière, c’est plutôt tendance avec des films porteurs d’intérêts tels que le récent The Substance de Coralie Fargeat et Smile 2 de Parker Finn (deux pépites noirâtres vivement conseillées !), dévoilant les derrières des coulisses d’une beauté éphémère et d’une rage intempestive de fans désireux à l’extrême d’être proche de leur idole. Mais l’Humain demeure l’Humain et si ce dernier envisage de plomber la carrière, la santé morale et/ou physique ainsi que l’audimat d’une quelconque star, il ne s’en privera pas, délaissant dans le grenier de sa moralité tout attribut, déversant une haine impitoyable envers celui ou celle qui peu de temps auparavant, incarnait tout.
D’un point de vue graphique, le trait de la dessinatrice s’agence dans une lignée humoristique, peu réaliste, ce qui pourrait certes déroger aux attentes d’un tel bouquet. Mais d’un autre côté, utiliser ouvertement un schéma graphique pour jeunes lecteurs embellit également son contenu.
Quant à la colorimétrie, elle permet de mettre en avant les effets strass et paillettes ainsi que les tenues parfois légères de l’héroïne, dévoilant des formes grandioses pour tout amateur de femmes pétillantes et rondes.
Un album pour le moins captivant qui d’ailleurs, rappelons-le s’est vu nommé aux Eisner Awards en 2024.
Coq de Combat







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