Dessin : François Ruiz.
Scénario : Frédéric Maffre.
Couleur : Kathrine Auraam.
Éditeur : Glénat.
Date de sortie : 15 janvier 2025
136 pages
Genre : documentaire, société.
« Un petit stage de rééducation politique pour comprendre les spécificités locales. »

La mondialisation des terrorismes
À la fin des années 60, la jeunesse étudiante du monde entier est descendue dans la rue, révoltée par une Société injuste et rétrograde. Le Japon ne fait pas exception et se voit paralysé pendant des mois par de très jeunes gens habités par l’idée d’une révolution marxiste. Mis en échec par un gouvernement inflexible, les plus radicaux se lancent alors dans une vague d’attentats meurtriers, portés par une spirale fanatique qui les emportera presque tous. Presque, car ce n’est pas au Japon que leurs actions marqueront le plus les esprits mais au Moyen-Orient, au soutien de la cause palestinienne. Et le plus meurtrier d’entre eux sera le fait d’un jeune homme sans éclat, sans vision, sans destin. Son nom : Kozo Okamoto.
Mon avis.
Je suis rentré dans cette lecture comme un taureau dans une arène sans vraiment savoir trop où je mettais les pieds.
Terorisuto, quel étrange titre non ? On y parle de terrorisme du risotto ? La couverture en dit un petit peu avec des armes et un barbu dans le personnage.
Eh bien je n’étais pas trop loin, on y parle bien de l’armée rouge japonaise. Une organisation révolutionnaire contre l’impérialisme, un groupe comme les brigades rouges ou action directe qui sont des références qui nous parlent déjà plus pour nous les occidentaux. Je dois bien avouer que cette mouvance m’était complètement inconnue.
La lecture est surprenante car les auteurs ne jouent absolument pas la carte de l’empathie avec ces véritables fous furieux, c’est un exposé des faits qui vous sont proposé ici. C’est clairement déstabilisant car souvent on essaye de comprendre la psyché des personnages mais là il n’y a rien à sauver, ce sont des malades mentaux !!!
Je me suis interrogé pendant ma lecture quel était le but des auteurs avec cette BD. Mais j’ai eu ma réponse par une judicieuse interview en fin d’album qui explique la démarche. Heureusement car elle remet l’église au milieu du village en oblitérant toutes mauvaises spéculations.
Pour le dessin, j’ai apprécié le découpage qui donne clairement du punch à l’action malgré un sujet casse-gueule. On sent aussi que François Ruiz a pu s’appuyer sur des références photos pour ses très nombreux personnages (le début de lecture est d’ailleurs assez costaud à digérer vu la pléthore de protagonistes).
Pour finir, un bon album qui frappe les esprits mais qui s’accompagne d’une certaine réflexion après l’avoir clôturé.
Samba.







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