Scénario : José-Louis Bocquet
Dessin : Catel Muller
Éditeur : Casterman
368 pages
Date de sortie : 18 septembre 2024
Genre : Biographie, roman graphique
« Tous les bateaux ramassent le poisson à l’aveuglette. Tous rejettent des tonnes de ‘faux’ poissons : les inutiles, les sales gueules, les indésirables, les traînards, les hors-la-loi. Ailleurs, des pays sont privés de nourriture… Quel gâchis ! »
Présentation de l’éditeur :
La vie de passion et de combat d’une océanographe pionnière de l’écologie
Quelques semaines à peine après sa naissance, le père d’Anita Conti la baigne dans l’Atlantique, au large de Lorient. Celle que l’on surnommera plus tard « la Dame de la mer » ne quittera plus jamais le monde aquatique.
Océanographe, photographe, cinéaste, journaliste, essayiste, Anita Conti a cherché toute sa vie à percer les mystères de l’océan, de Terre-Neuve aux côtes mauritaniennes, de l’Adriatique à la mer de Barents. Cette passion devient très tôt un combat écologique. Dès les années 30, elle lance l’alerte sur les dangers de la pollution des mers et de la surpêche. Trente ans plus tard, elle tente d’apporter une réponse en se révélant pionnière de l’aquaculture. Anita Conti aura passé plus d’heures sur mer que sur terre, partageant ses idées et ses espoirs avec le Commandant Cousteau.
Sa vie est une plongée au cœur d’un monde inconnu et sauvage, mais surtout un cri d’alarme universel : si les mers représentent les 3/4 de la surface de notre planète, l’avenir de celle-ci dépend de leur sauvegarde.

Mon avis :
Encore une grande dame dans les filets de José-Louis Bocquet & Catel Muller. “Anita Conti”, la première femme océanographe, rien que ça. Si beaucoup attribuent le titre de grand homme de la mer à Jacques-Yves, le commandant, Cousteau, son pendant féminin n’est nulle autre que Anita. On peut même dire qu’elle l’a devancé de quelques années… C’est qu’elle est véritablement née pour ne faire qu’un avec la mer, un beau jour de 1899. L’enfant ne savait même pas encore marcher que son père la faisait nager au bord de la plage. Une sirène n’en aurait pas fait autant.
À une époque où les femmes sont reléguées à leurs foyers, où les fonds marins sont le cadet des soucis de l’Humanité : Anita Conti n’hésitera pas à prendre le large, seule représentante de la gent féminine à bord de chalutiers et autres bateaux de pêche. Prendre des notes, des photos et filmer la vie en mer sous toutes ses coutures. Qu’il pleuve, qu’il vente, que le navire tangue ou risque même le naufrage : l’aventurière prend tous les risques sans peur et sans faillir… Sauf une fois, sans doute (un petit pincement au cœur pour un oiseau… comprendra qui lira).
Un scénario dense, un graphisme rétro en noir et blanc, et l’écologie au cœur de toutes les attentions de cette femme au caractère bien trempé. La voir à terre, c’est pour mieux se préparer à reprendre la mer. Prôner une pêche responsable car l’eau recouvre quand même 70% de la planète. Le tout dans un défilé de noms connus qu’on n’aurait jamais crus retrouver dans la biographie de cette grande dame si peu connue, à tort je dois dire !
Une belle découverte historique, d’une personnalité qui sort des sentiers battus et qui luttera jusqu’à la fin de sa vie pour le respect de la faune et la flore maritime. Anita Conti s’en ira d’ailleurs, à un âge respectable, avec des souvenirs pleins la tête, pleins les murs et en fond sonore, la radio pour connaître les variations de la météo en mer. Vous la connaissiez, vous ?
ShayHlyn.



Non, je ne la connaissais pas… Heureusement, il y a des auteurs pour nous le rappeler et nous les en remercions !
Non plus, merci à cette BD de la remettre en avant de la vague !
comme quoi, j’aurai cru que Dgege l’aurait connu quand même. Peut-être JR ?
En tout cas, grande précurseur (on dit quoi au féminin?) Dans le domaine. Trop peu connue.