Scénario : Joann Sfar
Dessin & Colorisation : Tony Sandoval
Éditeur : Glénat
104 pages
Date de sortie : 18 septembre 2024
Genre : fiction historique, fantastique
« L’assemblée des humains, la tripotée des dragons : tout le monde rapplique ! Ils voient les deux cadavres et, entre eux, cette belle épée : premier match de rugby de notre jeune planète. Résultat du match : ex æquo. Boucherie-charcuterie, flaques de sang, armées de veuves, surpopulation d’orphelins. »
Présentation de l’éditeur :
Quand l’ombre des dragons plane sur la Ville-Lumière
Paris, 1900. Voilà mille ans que les dragons vivent cachés de tous, scellés dans les statues et gargouilles à leur effigie. La légende prétend que seul le sacrifice d’un être de grande magie peut protéger Paris de leur colère et préserver le sort qui les maintient endormis. Mais alors qu’une sirène, destinée à ce funeste destin, est secourue in extremis par une princesse hawaïenne tombée sous son charme, l’ombre malveillante des dragons plane à nouveau sur la Ville Lumière. Et des catacombes au parvis de Notre-Dame, une romance naît sous l’éveil d’un mal millénaire… Et si les dragons envahissaient le Paris de la Belle Époque ? De ce postulat surréaliste, Joann Sfar et Tony Sandoval tissent leurs imaginaires dans un canevas d’aventures, de combats, de sacrifices, d’amour et d’humour. Un voyage folklorique, enjoué et libérateur, aux planches d’une beauté épique à couper le souffle.

Mon avis :
Voilà LE genre d’ouvrage, voire même d’auteurs, pour qui “ça passe ou ça casse”, “on aime ou on n’aime pas”… même si l’idée est ingénieuse et alléchante, encore faut-il apprécier l’humour de Joann Sfar et le graphisme de Tony Sandoval. Le premier, pour ceux qui ne le connaisse pas, c’est “Le chat du Rabbin” entre autres, ce matou à la langue bien pendue. Le second, c’est “Oscuro en Rosa” pour ce que j’en ai lu. Il aura d’ailleurs suffit d’un portrait de la sirène dans “Le Paris des Dragons” pour reconnaître le minois caractéristique de ses héroïnes.
Ce duo d’artistes, c’est la certitude qu’ils peuvent tout oser, tout dire, tout montrer… de la vie à Paris durant la belle époque, aux échanges scabreux entre la Belle et la Belle, en passant par la voracité des dragons dévoreurs de chairs ! Un scénario où les dialogues sont crus, sans fard… bouchez-vous les yeux les enfants ! Ce conte là, il n’est pas pour vous, loin de là. Car les deux héroïnes de ce récit se rencontrent, mine de rien, dans un bordel des plus particulier.
Alors, si on fait abstraction à la relative vulgarité moderne, on doit reconnaître que l’histoire se tient plutôt bien. Un pacte entre un dragon et un moine pour sauver Paris de la sempiternelle gue-guerre entre dragons et chevaliers, le charme rompu par amour et des statues, ainsi que des gargouilles qui (re)prennent vie pour tout dévaster. Voilà qui est brillant. Le graphisme un peu moins. Avec le choix d’un papier mat, des personnages entre caricatures, grimaces et minimalisme une fois sur deux… le dessinateur ne nous aide pas toujours. Comme on dit “il faut aimer”. Admirateurs de ces deux auteurs, vous serez sans doute comblés, les néophytes… allez savoir. C’est un titre qui s’apprécie au feeling.
Et comme disait Voltaire (comprendra pourquoi je le cite en lisant ce livre) : “Rien n’est plus aisé à faire qu’un mauvais livre, si ce n’est une mauvaise critique. » à vous d’en faire ce que vous voulez 😀
ShayHlyn.







Oui deux auteurs un peu hors norme, ça passe ou ça casse comme tu le dis bien.