Scénariste : Michel Pirus
Dessinateur : Mezzo
Editeur : Delcourt
Genre : Polar
Sortie : le 25 septembre 2024
Avis de l’éditeur :
Deux tueurs professionnels font équipe alors que tout les oppose, l’âge, le caractère, l’humour… Mickey, transporteur de fond, cède aux avances de deux gangsters chevronnés… Au milieu des années 90, Mezzo et Pirus poursuivent leur œuvre au noir avec ces deux récits mettant en scènes tueurs névrosés et braqueurs malchanceux. Cette réédition, mise en couleur par Ruby, leur donne l’écrin qui leur faisait défaut.
Mon avis :
Initialement paru en 1995, les éditions Delcourt reviennent et republient l’un des polars les plus sombres et certainement les plus marquants et aboutis de leur catalogue. D’entrée de jeu, on ressent pleinement l’atmosphère issue des années nonante (quatre-vingt-dix pour nos amis Français) qui joue tout du long sur un scénario à la fois cru et politiquement incorrect.
Le leitmotiv repose sur deux cinglés de la gâchette, truands professionnels de nature, autant par leur tenue vestimentaire de pur mafieux que par l’élocution verbale qu’ils transmettent. Des caïds certes, mais qui ne parviennent hélas pas à faire équipe si ce n’est pour surenchérir l’un sur l’autre afin de systématiquement obtenir le dernier mot.
Se retrouvant sur un site dézoné, au beau milieu de nulle part, leur mission consiste à occire une cible préalablement définie. Bien entendu, et pour notre plus grand plaisir, rien ne fonctionne comme prévu et toute stratégie manœuvre inéluctablement vers une voie sans issue.

Michel Pirus, aux commandes scénaristiques, fait preuve d’une inventivité et d’une diversité à faire pâlir bien des œuvres contemporaines (Et on pèse encore nos mots tellement le cratère se veut gigantesque). Le scénariste n’y va pas par quatre chemins, distille un polar noir comme tous devraient l’être, et ne prête nullement attention aux âmes sensibles.
Nous retiendrons ce passage légendaire ou l’un des deux criminels de carrière, étendu sur un sofa, le faciès brûlé, une orange dans la bouche en train de mater un poster de pin-up nue à moitié effacée par l’usure du temps. Une dernière image avant le Purgatoire ?
Notons que cette version de 2024 bénéficie d’une touche totalement colorisée, dévoilant ce one shot sous une toute autre facette. Plutôt efficace dans son ensemble bien que la version originale se voulait impeccable avec un rendu noir et blanc époustouflant.
D’un point de vue graphique, Mezzo aligne son trait sur commande, se fondant agréablement avec cette trame déjantée. Pour peu, on se croirait dans un épisode de Torpedo, avec cet éventail de sales gueules faits sur mesure.
Un découpage constitué de petites cases, fragmentées, dont le contenu se veut par moments figé appuyant ainsi ce côté viscéral et dégradant.
Enfin, le lecteur aura le loisir de découvrir Mickey Mickey, autre script démesuré paru en 1997, où un braquage de banque tourne au plus mal.
Du grand art, pour peu que l’on affectionne ce genre truffé d’argots, de gars au bout du rouleau, prêts à en découdre avec la planète entière en gage de bonne foi.
Rude, efficace et décoiffant.
Coq de Combat







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