Les yeux doux

Scénario : Eric Corbeyran
Dessin : Michel Colline
Couleurs : Cyril Saint-Blancat
Éditeur : Glénat
176 pages
Date de sortie : août 2024
Genre : anticipation ; dystopie

 


 » Depuis l’extension des zones d’interdiction, il n’y a plus aucun endroit au monde où l’on puisse tirer une clope… La cigarette a complètement disparu… comme tant d’autres choses au rayon petits plaisirs ! »

 

Présentation de l’éditeur

Dans un monde dystopique où les usines crachent leur épaisse fumée, les pin-up des « Yeux Doux » veillent… Aucun délit n’échappe à leurs regards langoureux et menaçants depuis qu’une compagnie de surveillance a choisi ces femmes comme logo ! Au milieu des affiches de propagande, Anatole est rivé devant les écrans de surveillance. Employé modèle, sa vie bascule le jour où il repère une jeune voleuse qu’il dénonce sur-le-champ ! Mais pas un jour ne passe sans qu’il ne repense au joli visage de cette inconnue. Car Anatole vient, sans doute pour la première fois, de tomber amoureux ! Il se lance alors à la recherche d’Annabelle, déroge aux règlements et s’embarque dans une folle aventure qui va le mener à rejoindre un réseau de rebelles. Pendant que ses nouveaux compagnons l’accueillent « au jardin des bennes ! », Annabelle se retrouve à la rue avec son frère Arsène. Tout juste licencié, ce dernier est désormais invisible aux yeux de la Société. Mais le destin ne va pas tarder à réunir Annabelle et Anatole, engagés désormais pour une même cause : la révolution ! En abandonnant sa condition de chien de garde du système, Anatole ouvre les yeux sur la manipulation de masse. Se pourrait-il que cet homme jadis maillon fort des « Yeux Doux » devienne une figure-clé du mouvement ? Une poignée de citoyens libres réussiront-ils à renverser la donne ? L’amour a-t-il encore sa place dans ce monde esclavagiste ?

les yeux doux_extrait

Mon avis

Eric Corbeyran et Michel Colline nous proposent un voyage rétro-futuriste, à la croisée des chemins déjà empruntés par Orwell, Chaplin, Fritz Lang et Terry Gilliam. Dans cette fable dystopique, il y a un peu de 1984, des Temps Modernes, de Métropolis et de Brazil.

Dans une ville gigantesque et étouffante, où se mélangent usine, habitations et centre commercial, tout est sous contrôle de la compagnie de surveillance Les Yeux Doux. Compagnie « bienveillante » omniprésente avec ses pin-up qui cachent derrière leurs beaux yeux les caméras qui voient tout.

Lorsqu’Arsène est renvoyé de L’atelier Universel pour avoir pris une initiative, il se retrouve avec sa sœur Annabelle sans ressources, mis au ban de la société, effacé, invisible. Ils n’ont pas d’autres solution que de voler pour pouvoir manger. Mais l’employé modèle Anatole Souclavier veille, et son zèle envoie la pauvre malheureuse en prison. Le lendemain, pris de remords, il fait annuler sa décision et se met en quête de retrouver la belle inconnue qu’il avait dénoncée.

Dénonciation du consumérisme moderne, de la surveillance à outrance « pour notre bien », de la déshumanisation de nos sociétés et du fossé qui se creuse entre les dirigeants et le peuple, de l’administration écrasante, des manipulations de masse… Les Yeux Doux, c’est tout ça à la fois. Avec néanmoins beaucoup de poésie, cette fable nous renvoie en pleine face des dérives bien réelles qui s’installent insidieusement dans notre monde occidental. Si cet univers décrit n’est pas des plus enthousiasmant, le ton se veut résolument optimiste appelant au réveil des consciences via le réseau de rebelles, ou de résistants, appelons-les comme on veut.

Graphiquement, c’est très réussi également. La représentation de la ville-ogre est immersive à souhait, et l’on se sent écrasé par elle. La première page est à ce titre très explicite et nous met d’entrée dans le bain. Les décors sont riches, détaillés, foisonnants. Il faut s’attarder sur les planches ou rien n’est posé au hasard.

C’est une belle fable, angoissante mais captivante, qui fait réfléchir sur le monde que nous voulons construire et léguer aux générations futures.

Loubrun

3 commentaires sur “Les yeux doux

Ajouter un commentaire

  1. Le pin up de JR sont piégées, encore un coup des israélites ! 😉 Sinon, tu m’étonnes avec cette chronique car je me méfie un peu du scénariste ….

  2. Hum intéressant, je n’avais pas du tout vu passer cet album dans mon radar, je vais zieuter après.

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur SambaBD

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture