Scénario : Jaime Martin
Dessin et couleurs : Jaime Martin
Éditeur : Dupuis – Aire Libre
102 pages
Date de sortie : juin 2024
Genre : histoire ; chronique sociale
« N’oublie pas ton manteau. Tu rencontreras quelqu’un qui en aura besoin. Tu sauras alors quoi en faire. Et tout redeviendra comme avant. »
Présentation de l’éditeur
Un petit village des Pyrénées, au milieu du XIXe siècle. Mara est une vieille guérisseuse célibataire, qui vend ses remèdes aux villageois et doit faire face à leur mépris. Son mode de vie rude et isolé est, en effet, mal vu par un milieu patriarcal et centré sur la famille. Un jour, elle recueille en pleine forêt Serena, jeune fuyarde muette au passé mystérieux. Mara la soigne et lui fait découvrir le métier de guérisseuse et les secrets de la montagne. Mais cette nouvelle venue n’est pas bien vue au village, d’autant plus quand une épidémie éclate, menaçant la vie des habitants et de leurs bêtes.

Mon avis
Jaime Martin nous fait voyager dans le temps, à une époque où le monde est en pleine bascule. Une bascule qui va faire osciller le monde entre tradition et modernité. Comme s’il fallait choisir, et comme si les deux ne pouvaient pas cohabiter…
Nous sommes au XIXè siècle, au temps où l’on savait encore guérir et soigner avec les plantes. De ce temps où l’on avait tout sous la main pour soigner les petits maux et les bobos. C’est ce que fait Mara, vieille guérisseuse célibataire qui connaît les plantes et vend ses remèdes, malgré le mépris et les railleries des villageois qui ne la voient pas toujours d’un bon œil. Ses relations avec les villageois ne s’arrangent pas lorsqu’elle héberge Serena, jeune femme muette au passé mystérieux, trouvée dans la forêt. Tout va de mal en pis, quand une étrange épidémie tue bêtes et humains dans d’atroces convulsions et souffrances. Hélas, il est des maux que les plantes ne peuvent soigner…
Un sombre manteau s’abat sur le monde qui vit le crépuscule de la nature bienfaitrice et les prémices de la chimie salvatrice. La médecine « progresse » et va peu à peu s’amender de ses racines naturelles.
Dans cette chronique sociale crépusculaire, Jaime Martin évoque le poids des traditions, la peur de la mort, l’impuissance face à la maladie, l’espoir des avancées de la médecine. Mais il évoque aussi la mémoire, l’héritage, la transmission. Histoire de rappeler que la médecine ça n’est pas que de la chimie.
L’encrage épais et les couleurs sombres transcendent la rudesse de la vie dans ce petit village des Pyrénées. Jaime Martin donne un ton fantastique et mystique à ses planches rendant la lecture parfois un peu pesante. Mais c’est logique après tout, tant l’atmosphère de cette histoire est lourde.
Cette fiction historique sombre, teintée de fantastique, est une histoire éprouvante d’hommes et de femmes, surtout de femmes, qui ne laissera personne indifférent.
Loubrun

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