Autrice : Marie Spénale
Éditeur : Casterman
128 pages
Date de sortie : 13 mars 2024
Genre : roman graphique
« Dire à quelqu’un qu’on l’aime, ce n’est pas seulement dire ce que l’on ressent à un moment précis. Quand on dit “je t’aime”, on donne une promesse. On dit “je t’aime jusqu’à ce que je t’informe que je ne t’aime plus”. »
Présentation de l’éditeur :
L’aventure à la fois introspective et sensorielle d’une Robinson Crusoé au féminin !
Partie en croisière avec Alain, son mari de longue date, Annie se réveille sur une île déserte après un violent naufrage.
Malgré ses peurs, elle survit comme elle peut, seule dans la nature. Face à elle-même, elle commence à questionner le rôle qu’elle s’est assigné dans sa propre vie, et celui qu’elle a laissé son mari jouer.
Qui est-elle vraiment, de quoi a-t-elle vraiment envie ? La rencontre inattendue avec un indigène, loin des conventions sociales, va accentuer sa découverte d’elle-même et lui permettre de réinventer son désir.

Mon avis :
“Il y a longtemps que je t’aime”, “jamais je ne t’oublierai” me suis-je mise à chanter d’emblée. De même qu’une fois le bouquin fermé, je me suis dit que je n’oublierai pas non plus l’hébétude dans laquelle ce titre m’a laissée. Comme à peu près tous les romans graphiques, mais avec un petit “je ne sais quoi” de “et moi du coup ?”
Parce que vous le savez, les œuvres qui mettent en avant un personnage livré à lui-même sur une île déserte : ça donne matière à réfléchir ! “Robinson Crusoé”, “Seul au monde”, … rien que ces deux titres en disent long sur l’introspection des protagonistes. Annie, héroïne de Marie Spénale, ne déroge pas à la règle. L’autrice allant même jusqu’à lui faire rencontrer son propre Vendredi pour intensifier sa réflexion sur la vie et son parcours jusqu’au naufrage.
Un naufrage à la fois physique et mental ; celui d’un paquebot de croisière et celui d’une relation. Car Annie ne cesse de penser à son mari et son existence à ses côtés. Elle fait même le parallèle entre sa vie maritale et la cohabitation avec cet indigène (qui en a des choses à dévoiler !). De quoi, imperceptiblement d’abord, faire réfléchir aussi le lecteur, se mettre dans la peau de cette femme plutôt effacée, pas toujours très débrouillarde, … mais qui fait de son mieux, apparemment.
Le graphisme extrêmement coloré, plutôt simple, le trait fin et léger qui accompagne la réflexion. Tantôt un brin agréable dans l’imaginaire qui se mélange à la réalité, tantôt un peu trop abstrait tout en gardant des lignes concrètes pour les amateurs du genre. Parce que, selon moi, il faut vraiment aimer pour pleinement apprécier. Mais les questionnements d’Annie, et le final (moooooh ce final ! Mais je n’en dirai pas plus), laissent songeur. Un peu. Perplexe. Sans doute. Une impression de cri refoulé en tout cas, vous me direz ce que vous en aurez pensé si vous le lisez…
ShayHlyn.







Moi à la lecture de la planche, je chanterais plutôt « capitaine abandonné éhéhé »